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| Un profil de gestion original |
| La Vie Financière N°3181 / Vendredi 26 Mai 2006 / Catégorie : Stratégie |
Chaque semaine, l'analyse du portefeuille d'un abonné de La VF et nos conseils au vu de sa situation personnelle, de ses objectifs et de sa sensibilité au risque. |
Le portefeuille abonné |
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Elise avoue ne pas être une spécialiste des marchés financiers, mais elle les « suit » à sa façon. Elle s'informe des nouveautés, des grandes tendances de la Bourse et est abonnée à La Vie Financière. Elle laisse les gérants exécuter leur métier, mais elle exige un rendez-vous tous les ans pour faire le point. Elle possède aujourd'hui un compte PEA d'une valeur de plus de 360 000 euros et un compte ordinaire de 40 000 euros. C'est toujours sur ce compte ordinaire que sont prélevées des mensualités, de 760 euros (5 000 francs), à l'origine, en 1996, à 1 100 euros à présent, « à cause de l'inflation ». Elise prélève des sommes exceptionnelles sur le compte PEA (un voyage, des cadeaux à des êtres chers...). Aujourd'hui, elle ne regrette pas d'avoir vendu sa maison, mais, au début, vivre de la Bourse n'était pas une situation « rassurante ». CONserver son compte titres Remarquablement performant, le compte ordinaire a assuré les revenus du foyer pendant près de dix ans, mais il a fini par « s'épuiser », sa valorisation étant inférieure à 40 000 euros, pour une mise initiale de 55 000 euros. Elise s'interroge. Elle souhaiterait le clore pour souscrire un contrat d'assurance vie multisupport, ce qui simplifierait sa déclaration de revenus, alors même qu'elle dispose de plus de 30 000 euros de moins-values reportables réalisées au cours des années 2002 et 2003. Hors ses revenus d'actions, elle n'est pas imposable. Nous lui déconseillons de clore son compte titres car elle se priverait de ses moins-values reportables et d'une économie potentielle d'impôt de 7 800 euros (26 % de 30 000 euros). Cela mérite un petit effort annuel. Elle a d'ailleurs donné instruction de réduire les dividendes au minimum, un paradoxe pour un retraité à la recherche de revenus ! Elle est très mécontente de l'abandon du système de l'avoir fiscal. Le compte PEA ayant rarement été ponctionné, sa valorisation atteint 360 000 euros pour une mise initiale de 55 000 euros, soit un montant multiplié par 6,5, alors que l'indice CAC 40 a au mieux triplé au cours de la période (hors dividende). Ces performances s'expliquent par une gestion audacieuse et qui recourt volontiers à des valeurs moyennes, à en juger par sa composition actuelle. Le portefeuille est concentré en douze lignes, dont une position importante dans un fonds spécialisé en valeurs opéables (21 % des actifs). De l'audace, il en fallait pour acheter Capgemini à 26,70 euros, donc avant le rebond du titre, Carrefour à moins de 40 euros ou encore Vivendi à un peu plus de 19 euros. En revanche, l'achat de France Télécom, à contre-courant du marché, est perdant pour l'instant, comme ceux de PagesJaunes et Valeo. Réduire les lignes de petites valeurs Le choix des deux petites valeurs nous semble en revanche discutable. La position Manufactures réunies de Saint-Chamond, même si le choix est gagnant, nous semble d'un montant trop élevée : plus de 10 % du portefeuille. Le pari du redressement de ce producteur de tissu en velours, également distributeur de textile... au Mexique, mérite-t-il une telle pondération ? Grands Moulins de Strasbourg (farine Francine, Banette...) est une bonne valeur d'actif, mais en appoint. L'exposition nous semble également élevée. Nous conseillons de les réduire à 15 000 euros chacune. Avec les quelque 40 000 euros dégagés, une ou deux lignes pourraient être constituées en retenant de belles valeurs moins chères en ce moment comme : Danone, Veolia, L'Oréal ou Clarins Profil d'Elise Veuve depuis 2001, âgée de 74 ans, Elise vit à Paris dans un « petit mais coquet » appartement en location. En 1996, leur retraite, un peu plus de 700 euros par mois, étant insuffisante, elle et son mari avaient décidé de vendre le seul actif qu'ils possédaient, un « banal » pavillon de banlieue - « on n'avait pas vraiment le choix ». Le capital, 110 000 euros environ, a pu être investi dans une période très favorable et lui assure le complément indispensable de revenus. Son portefeuille s'élève aujourd'hui à près de 400 000 euros. Réaliste, Elise sait que son horizon de placement est compris entre dix et vingt ans. |
Jean-Jacques Avedissian |
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