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Un patrimoine décoté
La Vie Financière N°3053 / Vendredi 12 Décembre 2003 / Catégorie : Analyse

Si la gestion de la société est de qualité, seule une évolution stratégique majeure semble à même de revaloriser fortement le titre en Bourse.
 
LEBON
 

La décote de cette discrète société holding du premier marché, contrôlée et dirigée par Jean-Marie Paluel-Marmont et sa famille (59,1 % du capital), reste importante. Elle oscille historiquement entre 40 et 60 %. L'accroissement de plus de 80 % de la valeur de ses actifs (dividendes réintégrés) au cours des six dernières années n'y a rien changé. Une sous-valorisation boursière imputable à la multiplicité des actifs de Lebon, sans cohérence apparente. Le holding détient en effet plusieurs immeubles, gère en direct un portefeuille de participations, investit dans des LBO (acquisitions d'entreprises financées par de la dette)... et exploite une chaîne de sept hôtels 3 étoiles !

Ces derniers, rassemblés sous le label Esprit de France, ont dégagé des résultats croissants depuis deux ans, mais leur contribution risque de s'éroder en 2003, autour de 2,5 millions en exploitation, pour une dizaine de millions de chiffre d'affaires. Poursuivant le développement de cette chaîne, Lebon vient d'acquérir son septième hôtel. Globalement, le pôle hôtellerie (détenu à 95 %), qui comprend les murs de trois des hôtels, peut être estimé à près de 33 millions d'euros. A côté de l'exploitation hôtelière, Lebon détient aussi trois immeubles à Paris, rue de Londres (4 300 m2) et rue Murillo (2 400 m2). Ils peuvent être estimés à 24 millions d'euros au moins.

Mais la dynamique du groupe provient surtout de ses investissements financiers. Tout d'abord, la société investit dans des fonds (via Paluel-Marmont Finance), à la fois pour s'engager de façon diversifiée dans le capital-risque et pour investir dans les LBO de grande taille auxquels elle ne pourrait accéder seule. 12 millions d'euros ont déjà été investis dans ces fonds et Lebon s'est engagé à verser 15 millions de plus. L'activité a conduit la société à mettre un pied dans les fonds immobiliers (via sa filiale Colombus Partners), qui opèrent sur le même modèle financier que les fonds de LBO, mais sur des immeubles. 0,7 million de plus-values ont déjà été extériorisées en 2003 et il y en aura davantage au cours des deux prochaines années. 11,7 millions ont déjà été versés dans ces fonds. Fort de cette expérience, Lebon a décidé de se lancer seul dans cette activité, via une nouvelle filiale, Champollion. Le groupe vient de lancer une première opération dans laquelle il est majoritaire (à 80 %) : l'acquisition, pour 25 millions, d'un immeuble d'habitation, financé à 80 % par de la dette, qui sera rénové et revendu à la découpe. Une seconde opération de 13 millions est en projet. De quoi alimenter Lebon en plus-values au cours des trois prochains exercices.

Ensuite, la société réalise directement des LBO sur des PME, en partenariat avec d'autres financiers. Son portefeuille de 11 participations est évalué, prudemment, à 24,5 millions d'euros. En 2003, elle a cédé sa ligne Actaris (ex-compteurs de Schlumberger) pour 10 millions d'euros, extériorisant 7 millions de plus-values, qui viendront améliorer le résultat (2,7 millions en 2002), même si des provisions sur d'autres lignes en réduiront l'impact. A l'inverse, un nouvel investissement vient d'être réalisé : 40 % du capital du numéro un français de la table de pingpong (Cornilleau), pour 1,6 million. Et un second pourrait suivre.

Ainsi, les actifs diversifiés de Lebon peuvent être évalués globalement à 137 millions d'euros environ, soit 112,80 euros par action. Au cours actuel, la décote atteint donc 46 %. Pour autant, rien ne permet de prévoir qu'elle se réduira... Seule une cession ou une scission de l'activité hôtelière, accompagnée d'un recentrage sur les investissements à effet de levier dans les entreprises et l'immobilier, semblent à même de réduire cette « sanction ». Un pas que la famille Paluel-Marmont n'a pas encore franchi



Conseil : Acheter pour le long terme. La revalorisation des actifs et du dividende dans la durée se répercutera sur le cours de Bourse
CHRISTOPHE DESCAMPS
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%