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| Un pas en avant, un pas en arrière |
| La Vie Financière N°3188 / Jeudi 13 Juillet 2006 / Catégorie : Stratégie |
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Hausse des taux d'intérêt et des cours du pétrole, faiblesse du dollar. Les marchés d'actions traversent une passe délicate. La publication prochaine des comptes semestriels pourrait aider à clarifier la situation. Pas de « ho ! hisse ! » cette semaine. A la manoeuvre, c'est un peu de toile qui a été amenée. Alors que l'indice CAC 40 avait progressé de 3 % la semaine précédente, il concède 0,9 % au terme des cinq dernières séances inégales, dont la baisse marquée de mardi (attentats en Inde). Paris n'est pas une exception, les grandes places financières internationales ont suivi la même orientation négative. La résistance du CAC 40 mérite d'être relativisée, puisqu'un quart des valeurs le constituant sont dans le vert, dont les trois poids lourds : Sanofi-Synthélabo, L'Oréal et Carrefour, Total ne concédant que 0,29 %. En revanche, les corrections sont nombreuses, à commencer par EDF (- 9 %), pénalisé par un flot de mauvaises nouvelles, suivi d'un peloton formé par cinq technologiques, STMicroelectronics, Capgemini, Bouygues et Thomson, emmené par Alcatel (- 8,5 %), touché indirectement mardi après l'avertissement de l'américain Lucent, avec lequel le groupe français doit fusionner. La firme présidée par Serge Tchuruk a confirmé ses prévisions pour le deuxième trimestre, mais les marchés s'inquiètent du niveau de marge brute, son talon d'Achille. On en saura plus le 27 juillet à l'occasion de l'annonce des comptes semestriels. D'une façon plus générale, l'agenda des publications de résultats intermédiaires promet cette année d'être placé sous haute surveillance (lire pp. 22 et 23). Les analystes se pencheront non seulement sur la qualité des chiffres arrêtés à fin juin, mais aussi sur les perspectives qui ne manqueront pas d'être données à cette occasion. blanc ou noir Les investisseurs sont toujours partagés entre, d'une part, le scénario d'une poursuite du mouvement de hausse sur fond de croissance économique mondiale soutenue et sans risque inflationniste, d'autre part, un scénario de correction boursière, la croissance devant marquer le pas dès la fin de l'année, après des sommets historiques atteints par les bénéfices des entreprises. Patrick Artus, responsable de la recherche chez Ixis, met en exergue ce tiraillement dans son bulletin du 4 juillet : « L'analyse du marché actions est devenue très complexe. » Il estime les cours très sous-évalués sur la base des ratios classiques, d'où l'espoir « d'une correction à la hausse importante », qui pourrait atteindre 60 %. Malheureusement, « le marché est dans les mains des hedge funds, et pas des investisseurs institutionnels ». Ces premiers, qui gèrent 1 200 milliards de dollars d'actifs (exposés pour moitié en actions), refusent de prendre des risques qui seraient « globalement infondés », selon Patrick Artus. Il faut donc attendre que les gérants de ces fonds puissants et très réactifs soient rassurés pour qu'ils deviennent à nouveau acheteurs, « probablement à partir de l'automne 2006 ». Dans son édition du 7 juillet, le bureau d'études alimente toutefois lui-même la rumeur des risques en s'interrogeant sur la politique que va suivre la Réserve fédérale américaine. Deux options sont retenues : d'abord, un objectif « purement domestique où il n'est plus utile qu'elle relève ses taux d'intérêt ». Rappelons que le principal taux directeur de l'institut d'émission s'élève à 5,25 % au terme d'un dix-septième relèvement depuis juin 2004. Ensuite, un objectif plus ambitieux, réclamé par la BRI (Banque des règlements internationaux), visant « la réduction du déficit extérieur des Etats-Unis, donc des déséquilibres globaux, et la création excessive de liquidités mondiales ». Dans ce cas, les taux courts pourraient être relevés de 6 points, pour être portés à près de... 11 %, ce qui reviendrait à « déclencher volontairement une récession aux Etats-Unis, ce qui rend très improbable cette option », conclut Patrick Artus. Ouf ! François Chevallier, économiste à VP Finance, semble explorer une nouvelle approche dans son analyse des marchés. L'indicateur clé ne serait pas les taux directeurs des banques centrales, « le blocage ne vient pas de l'incertitude monétaire ». Non, « les influences négatives proviennent du pétrole et du dollar », de la cherté de l'un, de la faiblesse de l'autre (la parité euro/dollar étant inférieure de peu à 1,28). Selon son modèle conservateur, les actions seraient sous-valorisées de 15 %. Toutefois, en retenant dans sa formule non pas l'inflation dite « sous-jacente », c'est-à-dire hors énergie et produits frais, mais l'inflation globale, ce qui revient à poser le principe de la « permanence du choc pétrolier », les actions seraient bel et bien à leur prix. L'or noir s'est légèrement assagi cette semaine mais, à près de 74 dollars le baril sur les marchés électroniques du Nymex, il n'est pas très loin de son plus haut historique de la semaine dernière (75,80 dollars). Une contrainte qui devient de plus en plus difficile à supporter d'autant que, comme le soulignait dans nos colonnes Thierry Desmarest, patron de Total (voir La VF du 7 juillet), « les facteurs à l'origine de l'envolée des prix du brut restent d'actualité » CAC 40 + Les 3 plus fortes hausses CARREFOUR + 1,86 % SANOFI-AVENTIS + 0,78 % L'ORéAL + 0,07 % - Les 7 plus fortes baisses EDF - 8,95 % ALCATEL - 8,46 % capgemini - 7,78 % STMICROELECTRONICS - 7,03 % THOMSON - 4,77 % BOUYGUES - 4,57 % LAGARDèRE - 4,33 % Une zone de trading de 90 points La baisse du marché induite par les trois structures en « pendu » (voir La VF de la semaine dernière) n'a pas été aussi importante que prévu : lors de la séance du 5 juillet, l'indice n'a touché un plus bas que de 4 902,57 points. Il reste ainsi confiné à l'intérieur d'une bande horizontale, entre 4 990 et 4 900 points. Cette zone de trading devra être surveillée attentivement lors des prochaines séances : un franchissement du point haut permettrait de viser le gap à 5 150,45 points ouvert en mai dernier, tandis qu'une rupture du point bas conduirait l'indice autour de 4 750 points (support intermédiaire), dans un premier temps .-M. G. |
jean-Jacques
Avédissian,
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