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Un « paris-beurre-cornich' », sinon rien !
La Vie Financière N°3164 / Vendredi 27 Janvier 2006 / Catégorie : Editorial

La France continue de mener ses combats d'arrière-garde, comme la réduction de la TVA dans la restauration, au lieu de favoriser puissamment le développement des activités en forte croissance qui émergent sur le Net.
 

On savait, depuis Aragon, que « la femme est l'avenir de l'homme » (et inversement), on sait désormais que le sandwich au jambon, le croque-monsieur et la salade composée sont l'avenir de la France. Tout au moins aux yeux de Jacques Chirac. A force de promettre la lune, notamment aux revendeurs de croissants, le président de la République se trouve obligé - à quinze mois des élections - de pratiquer le jusqu'au-boutisme dans un combat qu'il sait perdu d'avance, à savoir la réduction de la TVA à 5,5 % pour les activités de restauration, comme on vient encore de le constater cette semaine à Bruxelles. Du reste, trois nouveaux pays membres - la Pologne, la République tchèque et Chypre - ont rejeté en bloc le compromis présenté par la présidence autrichienne et soutenu par le tandem franco-allemand. Au risque de provoquer une nouvelle crise en Europe.

Ce baroud d'honneur ne fait d'ailleurs pas l'unanimité, quand on sait que cette mesure entraînerait un manque à gagner pour l'Etat de 3 milliards d'euros par an, voire 4 milliards si les boissons étaient concernées. Surtout à l'heure des restrictions budgétaires et des expédients pour passer au-dessous du seuil de 3 % de déficit par rapport au PIB. « Avec toutes les promesses que font nos députés, le budget total des Etats-Unis serait insuffisant pour un seul département français », ironisait l'humoriste Pierre Doris. D'autant que, les expériences l'ont montré, une réduction de la TVA sert en priorité à reconstituer les marges et accessoirement à embaucher. Les 300 000 emplois « promis-juré-craché » par les lobbys de la restauration relèvent plus de l'imaginaire. Certes, on peut regretter la distorsion de concurrence avec les plats à emporter soumis à une TVA à taux réduit mais, qu'à cela ne tienne, augmentons-la sur les Big Mac et tout le monde sera content !


La Toile plutôt que le zinc

Ce combat d'arrière-garde ne serait pas bien grave si, parallèlement, le gouvernement était aussi zélateur - dans ses actes - pour les activités en forte croissance qui émergent sur Internet. Les ventes en ligne ont, par exemple, bondi de 53 % en 2005, à 8,7 milliards d'euros, selon les chiffres de la Fédération des entreprises de vente à distance (Fevad), avec de surcroît un taux de satisfaction exceptionnel, puisque 99,8 % des Français interrogés ont bien l'intention de commander à nouveau sur le Web. De même, il suffit de regarder l'activité des sociétés dites Internet pour se convaincre que la création de richesses et d'emplois n'est pas sur le zinc, mais sur la Toile : + 71 % de hausse des revenus publicitaires pour le portail Auféminin.com, + 73 % pour l'activité de la régie Hi-Media, + 150 % pour le courtier en crédit immobilier Meilleurtaux. Mais, malgré ces chiffres éloquents, on a l'impression que les nouvelles technologies suscitent l'indifférence de nos gouvernants, à de rares exceptions près. Jacques Chirac, il est vrai, n'a jamais été un thuriféraire de la souris d'ordinateur. Mais le « mulot » est peut-être l'avenir de la France



Gérard Blandin
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%