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| Un nouveau départ pour PPR |
| La Vie Financière N°3114 / Vendredi 11 Février 2005 / Catégorie : Actualité |
Après le remplacement de Serge Weinberg à la tête de PPR, le groupe, recentré sur le luxe et la distribution grand public, se lance de nouveaux défis. |
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C'est la fin d'une époque pour le distributeur Pinault-Printemps-Redoute, rebaptisé officiellement PPR. En poste depuis juillet 1995, le PDG Serge Weinberg va laisser sa place à François-Henri Pinault, fils du fondateur François Pinault. Ce départ soulève certaines interrogations sur le devenir du groupe, qui vient d'achever son recentrage sur le luxe et la distribution grand public, réalisé. Ces dernières années, à grand renfort de cessions (Rexel, Finaref, Guilbert, Pinault Bois et Matériaux...), PPR a refinancé l'acquisition de Gucci, lancée en 1999 et achevée en avril 2004. Il était certes logique qu'à bientôt 43 ans l'héritier désigné de François Pinault, déjà président du holding familial Artémis et formé par Serge Weinberg au sein de PPR depuis de nombreuses années, décide de prendre les rênes du groupe. Mais François-Henri Pinault ne possède pas encore l'aura professionnelle de son père ni celle de son mentor, à la réputation de financier et de manager aguerri. Et il devra faire ses preuves d'autant plus rapidement que l'équipe de direction pourrait connaître d'autres départs après celui annoncé du PDG de Conforama, Per Kaufmann. Officiellement, François-Henri Pinault n'entend pas infléchir la stratégie actuelle de PPR, essentiellement focalisée sur la croissance interne. Le groupe est théoriquement « en ordre de marche », assurait Serge Weinberg en septembre. Mais un ordre de marche encore tout relatif. D'abord, la distribution grand public (82 % du chiffre d'affaires) doit améliorer ses marges. Mais le plus important des défis qui attendent François-Henri Pinault est sans conteste le redressement du numéro trois mondial du luxe, Gucci (18 % des ventes). Très sensible à l'évolution de cette branche, qui représente près de 40 % de la valeur du groupe et 35 % de ses résultats attendus en 2005, le titre PPR va rester dépendant de la résorption de ses difficultés. Cette acquisition de 7,2 milliards d'euros aura contraint le groupe à réaliser en contrepartie 7,5 milliards d'euros de cessions d'actifs. Gucci a aussi entre-temps alourdi considérablement la dette, qui devrait néanmoins retomber à 55 % des fonds propres du groupe fin 2005. Le redressement du luxe, qui a vu sa marge d'exploitation tomber de 22 % en 1999 à 10 % en 2003, est désormais sur les rails. Le nouveau PDG, Robert Polet, a présenté en décembre un plan de relance de longue haleine qui a un peu déçu des investisseurs espérant un retour plus rapide à meilleure fortune. La croissance de 17 % connue ces derniers mois incite certes à l'optimisme. Mais le potentiel de rebond des marges est encore difficile à cerner dans le luxe, faute d'indications précises de la part du management. Il implique le redressement d'un certain nombre de marques, comme Yves Saint Laurent, dont l'équilibre ne devrait pas être atteint avant trois ans. La reprise en main de PPR par François-Henri Pinault va également donner lieu à des changements au niveau de la structure du groupe. Une façon de rationaliser les liens étroits qui l'unissent à Artémis, dirigé par Patricia Barbizet. Relativement endetté, le holding de la famille Pinault dépend beaucoup de la santé de PPR, qui représente environ 70 % de ses actifs. Or Artémis n'est pas encore sorti de l'affaire Executive Life aux Etats-Unis. Dans le volet civil du procès qui doit s'ouvrir le 15 février, ses opposants lui réclament encore 1 milliard d'euros. Chez Artémis, on estime que les 185 millions de dollars déjà versés devraient suffire à couvrir les sommes exigées. On ne peut cependant s'empêcher de penser que le résultat du procès aurait, dans le pire des cas, des répercussions non négligeables sur le contrôle de PPR. En tout cas, tant que cette affaire ne sera pas réglée, une fusion entre PPR et Artémis serait très mal accueillie par la Bourse. Reste l'éventualité d'un apport de certains actifs d'Artémis à PPR, comme le distributeur britannique Kingfisher l'a fait en 2003. La prestigieuse maison de ventes aux enchères Christie's, par exemple, ne déparerait pas au sein du pôle luxe. Par ailleurs, sans y être actuellement contraint, François-Henri Pinault, qui met en avant son souci de « création de valeur », pourrait songer à terme à réaliser une scission de PPR. Une cotation séparée des entités luxe et grand public permettrait alors de mieux faire ressortir leurs valeurs respectives. Une revalorisation qui sera déjà facilitée si les comptes 2004 sont bons. Rendez-vous le 17 mars. Pour un bilan sans doute globalement positif du mandat de Serge Weinberg, qui a assumé, sans y être très favorable, le rachat de Gucci voulu par François Pinault. Dès le 21 mars, l'ancien patron commencera une nouvelle carrière, à la tête d'un fonds d'investissement auquel participera Artémis. LA GALAXIE ARTÉMIS/PPR ARTÉMIS 7,9 % de Bouygues, 100 % de Christie's, Stade rennais, 93,4 % de Château Latour, 82,2 % de Finintel (Agefi...), 100 % de Tawa UK (compagnie d'assurances britannique), 100 % du Groupe Le Point, 67 % d'Aurora (ex-Executive Life)... et 42,2 % de PPR DISTRIBUTION GRAND PUBLIC Conforama, La Redoute, Vert Baudet, Fnac, CFAO (distribution automobile et pharmaceutique, services technologiques en Afrique et dans les DOM-TOM). Printemps, Made in Sport, Citadium, Madelios... LUXE Les marques Gucci, Yves Saint Laurent, Boucheron... Conseil : Le potentiel du titre est limité à court terme. Le marché attendra la confirmation de l'amélioration des comptes pour revenir plus franchement sur la valeur. On se contentera de conserver |
ELISABETH WATRIPON |
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