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Un fort potentiel dans les vins de marque
La Vie Financière N°3185 / Vendredi 23 Juin 2006 / Catégorie : Bourse

La deuxième maison de champagne ambitionne de poursuivre son développement dans le vin en France, voire en Europe.
 
Paul Bamberger, secrétaire général de Vranken-Pommery Monopole
 

Le monde du champagne est en pleine effervescence avec l'opération Taittinger. Ce phénomène de concentration va-t-il se poursuivre et Vranken compte-t-il y prendre part ?

P. B. Aujourd'hui, sur 307 millions par an de bouteilles produites par la profession, plus de 72 millions sortent directement des caves des vignerons. Pour les maisons de champagne, amortir un réseau de distribution coûte cher. Il faut également avoir atteint la taille critique pour se développer à l'exportation, ce qui pourrait accélérer le mouvement. La concentration devrait s'achever d'ici une dizaine d'années.

Vranken est moins à l'affût que par le passé. Nous avons la chance d'avoir un portefeuille de marques claires et différenciées : Pommery, Diamant, Demoiselle, Charles Lafitte et Heidsieck Monopole couvrent déjà l'ensemble de la gamme, et, avec Pommery, nous avons déjà une grande marque de prestige. Nous n'avons donc pas un besoin impérieux d'acquérir une marque forte. Nous sommes ouverts à ce qui se passe dans le secteur dès lors qu'existent des hectares intéressants à reprendre, mais sans pour autant être à l'affût. Vranken contrôle et exploite déjà 255 hectares de vignes, ce qui permet de sécuriser les approvisionnements. L'acquisition de nouvelles vignes coûte cher - actuellement autour de 800 000 euros l'hectare - et le retour sur investissement est très long - environ vingt-cinq ans. Pour Taittinger, il y avait une forte approche patrimoniale : près de la moitié du prix de vente correspondait aux vignes. Ce type d'investissement ne correspond pas à notre politique. Notre réserve de croissance, aujourd'hui, passe par l'approvisionnement mais aussi par la distribution. A ce titre, le positionnement de nos marques dans les réseaux des hôtels-restaurants et des grands cavistes dans le monde est un atout majeur.


Vous venez de reprendre le domaine Listel. Quels sont vos projets de développement dans le vin ?

Le vrai secteur complémentaire du champagne est le vin, avec lequel il existe de fortes similitudes. L'axe le plus probable de notre croissance externe passe donc par un renforcement dans le vin. Nous venons de reprendre la commercialisation des vins Listel, un domaine dont la production s'élève à 47 millions de bouteilles, sur 2 100 hectares de vignes, dont 1 400 hectares dans les sables du golfe du Lion. En nous appuyant sur l'histoire particulière de ce vin des sables et du patrimoine existant, nous avons retravaillé le produit pour revenir aux assemblages historiques du gris-de-gris. Pour l'instant, le développement de Listel se fait essentiellement là où Vranken est puissant, en France, en Allemagne, en Belgique et aux Etats-Unis. Mais nous allons étendre progressivement sa commercialisation au reste du monde. Notre volonté est de continuer à nous développer dans les vins de marques à fort potentiel. Si de telles opportunités se présentent en France, ce sera bien ; sinon, nous pourrions chercher ailleurs en Europe, mais cela constitue un développement à moyen terme.


Pourriez-vous détailler le montage financier pour Listel ?

Vranken-Pommery Monopole n'est pas propriétaire des domaines, puisque Listel a été repris par le holding familial de Paul-François Vranken, avec des investisseurs financiers. Le groupe coté a en charge le marketing et la distribution. Pour éviter d'éventuels conflits d'intérêts entre les deux entités, Listel cède ses vins à Vranken-Pommery Monopole, qui en assure ensuite la vente sans réaliser de marge. L'intérêt financier, pour nous, réside dans l'allégement du poids relatif des coûts de distribution, qui portent sur un volume de ventes plus élevé. Les économies d'échelle qui en découlent sont estimées à environ 2 à 3 millions d'euros en année pleine. Les vins Listel constituent par ailleurs une offre complémentaire, qui permet d'accroître la force de frappe commerciale de nos réseaux de distribution.


Votre endettement net s'élève à 412 millions d'euros. Quelle est votre marge de manoeuvre pour réaliser des acquisitions ?

Le financement du champagne est cher, en raison des stocks qu'il faut constituer. Mais, à terme, notre besoin en fonds de roulement sera moins important. Nous allons vers une réduction de notre endettement, puisque nous approchons de nos objectifs, et, bientôt, nous produirons ce que nous vendons. Nous n'avons pas de crainte : les acquisitions peuvent toujours trouver un financement. Et si une opération significative se présente, il existera alors toutes sortes de possibilités - l'appel au marché peut en faire partie.


Comment se développent vos relais de croissance à l'étranger ?

L'Asie représente un véritable gisement de croissance pour Vranken, grâce notamment à l'internationalisation des modes de consommation et à l'enrichissement d'une certaine partie de la population. Notre projet de création d'une filiale de distribution au Japon est toujours en gestation. Après cela, nous nous attaquerons à la Chine, mais ce sera long - nous avons mis dix ans pour nous installer au Japon



Propos recueillis par Perrine Delfortrie
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
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SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
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BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
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TRIGANO 4.76€
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IMERYS 33.38€
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ALTEN 14.02€
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VICAT 36.99€
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GENERAL ELECTRIC 11.5€
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