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Un fort potentiel d'amélioration des marges
La Vie Financière N°3149 / Vendredi 14 Octobre 2005 / Catégorie : Bourse

Boursorama Le courtier en ligne s'est organisé pour éviter les pertes quelle que soit la conjoncture boursière. Et l'effet de taille va améliorer la rentabilité.
 
Vincent Taupin
 

Comment évoluent les revenus de courtage, étant donné la bonne tenue de la Bourse ?

V. T. Il est évident que dans notre métier principal de courtier en ligne, au titre duquel nous sommes leader en France, nos clients préfèrent un marché haussier avec de la volatilité. Mais je souhaite rester prudent et ne pas dévoiler d'objectifs trop précis. L'an dernier, le premier trimestre avait été excellent, mais le troisième avait souffert après les attentats de Madrid. Les revenus ont augmenté de 2,9 % au premier semestre et il y a des chances pour que la comparaison soit plus favorable au second semestre.

Envisagez-vous de rendre le site Web payant ?

Il n'est pas question de rendre le portail Internet d'information payant. Il faudrait être masochiste, car c'est une superbe vitrine, qui génère des revenus publicitaires significatifs (4,4 millions d'euros au premier semestre) et nous aide à recruter de nouveaux clients. Pour ouvrir un compte, il suffit de 1 000 euros. Il n'y a ni droits de garde ni frais de tenue de compte dès lors que l'épargnant passe au moins un ordre de Bourse par mois.

Pensez-vous devenir une banque, distribuer des crédits ? Comment se développe la diversification ?

Nous avons déjà un statut de banque. D'ailleurs, nous accordons des crédits puisque nos clients peuvent passer des ordres de Bourse avec SRD (service de règlement différé) en profitant d'un effet de levier pouvant aller jusqu'à 5 fois leurs disponibilités. Quant aux diversifications, elles consistent plutôt à proposer toute la gamme de produits d'épargne financière. Nous distribuons notre contrat d'assurance vie Boursorama Vie sans aucun droit d'entrée, en partenariat avec la Fédération continentale. Nous avons également une large gamme de sicav sans frais d'entrée. De plus, sur le portail Internet, nous avons créé une nouvelle rubrique, Boursorama Patrimoine, où figurent des informations sur l'immobilier (en association avec De Particulier à Particulier), les oeuvres d'art (avec ArtPrice), les voitures et les bateaux (avec La Centrale), les vins (avec Idealwine)... Tout en restant dans notre sphère de légitimité (la gestion des finances personnelles), ce nouveau site nous permet d'élargir notre audience (2,8 millions de visiteurs uniques par mois).

Outre-Manche, après avoir racheté Selftrade pour 63,6 millions d'euros en mars 2003, vous venez, le 1er août, d'acquérir Squaregain pour 74 millions. Comment se déroule l'intégration ?

Nous sommes désormais le numéro deux du courtage en ligne au Royaume-Uni. La fusion juridique des deux sociétés interviendra le 6 mars 2006. Nous pourrons alors faire jouer les synergies de coûts. Elles sont estimées à plus de 4,3 millions d'euros et seront effectives à la fin du premier semestre 2006. Les frais de restructuration sont évalués à 5,8 millions d'euros. Mais, de toutes les façons, cette opération créera de la valeur pour l'actionnaire dès 2006.

Quelle est votre position en Espagne, et en Allemagne où vous avez racheté Veritas pour 15 millions d'euros début 2005 ?

Nous sommes présents en Allemagne depuis 1997. Veritas est une société de gestion. Dans le domaine du courtage, nous sommes numéro quatre outre-Rhin. La priorité est à la croissance interne, mais nous restons attentifs à toute opportunité d'acquisition. Nous souhaitons aussi nous développer en Espagne, où nous sommes le troisième courtier en ligne.

Votre coefficient d'exploitation, qui rapporte les charges au chiffre d'affaires, ressortait à 82 % en 2004, contre 68 % à la Société générale, votre maison mère. Quels sont vos objectifs de réduction des coûts ?

Plus notre taille augmente, notamment par acquisitions, plus ce ratio va baisser. En outre, Boursorama est une société encore très jeune et en forte croissance. Cela implique des coûts commerciaux et de marketing proportionnellement élevés. Aux Etats-Unis, la marge d'exploitation des courtiers en ligne s'élevait à 26 % des revenus bruts en 2004, contre 15 % pour nous, ce qui vous donne une idée des progrès possibles.

Compte tenu des acquisitions intervenues, quelles sont les données pro forma du groupe, et sur quel bénéfice net peut-il compter ?

Le groupe Boursorama, c'est désormais 445 000 comptes d'intervenants en Bourse (contre seulement 10 000 en 1999) et plus de 6,2 milliards d'euros d'encours sous commission pour l'activité épargne. Au cours du seul premier semestre, nos clients ont passé 2,3 millions d'ordres de Bourse. Nous sommes structurés pour être bénéficiaires quelle que soit la conjoncture boursière. Au premier semestre, le bénéfice net pro forma (en incluant les acquisitions) s'est élevé à 9,5 millions d'euros, contre 9 millions pour l'ensemble de l'exercice 2004 (qui incluait il est vrai un solde négatif exceptionnel de 4,7 millions entre, d'une part, des amortissements de survaleurs et, d'autre part, l'activation de crédits fiscaux). Mais nous ne communiquons pas d'objectif car le courtage en ligne est très dépendant de l'évolution et de la volatilité des marchés


Une action volatile

L'histoire boursière de Boursorama a été particulièrement chahutée et explique la prudence actuelle des dirigeants quant aux objectifs chiffrés. En mars 2000, lors de l'introduction en Bourse à 15,70 euros, Fimatex a levé 229 millions d'euros. Le titre s'est immédiatement envolé jusqu'à un sommet de 26,50 euros. Mais sa chute a ensuite été sévère, avec un plus bas de 0,94 euro le 25 septembre 2002. Peu avant, en juillet 2002, 10,1 millions d'actions avaient été émises en faveur des fondateurs du portail d'information Boursorama. Le rachat de cette marque s'avère payant. Un atout majeur pour la filiale de la Société générale. A la fois valeur Bourse et valeur Internet, l'action Boursorama reste très prisée des amateurs de sensations fortes.

Boursorama en chiffres

Nombreux clients

445 000

C'est le nombre de comptes ouverts par des internautes pour passer des ordres de Bourse en ligne via le service courtage de Boursorama.

Capital

71 %

Telle est la participation actuelle de la Société générale, créatrice de Fimatex en 1995. Patrice Legrand et Stéphane Mathieu, fondateurs du portail Internet Boursorama, racheté mi-2002, ont désormais cédé l'essentiel de leurs titres.

Bénéfice

9 MEuro(s)

Tel est le bénéfice net obtenu en 2004, après plusieurs années de pertes. Un montant encore modeste par rapport aux fonds propres (151 millions). Pour 2005, aucun analyste ne donne d'estimation, tant l'activité boursière est imprévisible.

Audience

2,8 millions

C'est le nombre de visiteurs comptabilisés chaque mois sur le site d'information du courtier.

Propos recueillis par Jean-Luc Champetier
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%