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Un filon inépuisable
La Vie Financière N°3177 / Vendredi 28 Avril 2006 / Catégorie : Bourse

L'or continue sa folle ascension sur les marchés. Le seuil de 600 dollars l'once a été franchi d'un trait. Les compagnies minières ne s'en lassent pas.
 
mines d'or
 

Incorrigible. A peine a-t-on le dos tourné que le métal jaune en profite pour grimper encore plus vite. L'accélération de la hausse constatée depuis un mois est spectaculaire : le 23 mars, l'once d'or cotait 550 dollars ; elle se négocie autour de 630 dollars à l'heure où nous écrivons ces lignes... Pas besoin d'une toque trois étoiles pour dénicher la recette d'une telle hausse. La situation géopolitique, d'abord, très instable. Les Etats-Unis ont brandi la menace d'une intervention militaire en Iran. Face à un tel risque, l'or joue son rôle traditionnel de valeur refuge. Ces tensions ont bien sûr un effet sur le prix du baril de pétrole. Or, comme le fait remarquer Jean-Philippe Roos, spécialiste des matières premières à Natexis Asset Management, « l'or se situe dans une vague haussière d'ensemble. C'est tout le secteur matières premières qui est agité : l'or, l'argent, le platine, les métaux non ferreux, parallè lement au pétrole ».

La hausse du cours des matières premières fait par ailleurs rejaillir les risques inflationnistes. Et la seule perception de ces risques suffit à participer à la hausse du métal jaune. L'appréciation de l'euro face au dollar est un autre élément favorable. Ajoutez à cela les fondamentaux classiques qui justifient la progression de l'or, c'est-à-dire une production minière stable, voire en légère baisse, à laquelle s'oppose une demande en progression constante. Assaisonnez avec un brin de spéculation, et vous obtiendrez ce fameux cocktail à plus de 600 dollars.

Le mouvement de hausse n'est toutefois pas illimité, même si les éléments de pression sont susceptibles de durer. La récente correction subie par l'once d'or sur les marchés (- 5,5 % le 20 avril) en témoigne. Les spécialistes écartent toute idée de bulle. Selon eux, le cours de l'or devrait évoluer, cette année, dans une fourchette comprise entre 600 et 700 dollars, en gardant une tendance haussière. « Le contexte est plus tendu, et aussi plus spéculatif, mais l'ensemble reste positif », confirme Jean-Bernard Guyon, président du directoire de Global Gestion.

Et les groupes miniers, dans tout ça ? La hausse des cours, qui avait déjà accéléré en 2005, leur a permis de rééquilibrer leurs comptes, plombés par les coûts de production. « Les résultats actuels, mais surtout ceux à venir, justifient d'investir dans ces sociétés », affirme Emmanuel Painchault, gérant spécialisé or, énergie et matières premières. Le nouveau numéro un mondial, Barrick Gold, digère l'acquisition de son compatriote canadien Placer Dome, dont il espère dégager 240 millions de dollars de synergies (soit 10 % de son chiffre d'affaires 2005). Barrick reste handicapé par un volume important de contrats hedge (16 millions d'onces), pour lesquels le prix de vente de la production, déterminé à l'avance, est nettement inférieur au cours actuel du métal jaune. Toutefois, la valeur canadienne devrait continuer à progresser en Bourse, profitant de son statut de leader et de la tendance haussière de l'or.

Autre pointure cotée à Paris, le sud-africain AngloGold, dont l'actionnaire principal, Anglo American, a fait savoir qu'il se retirerait peu à peu du capital. La société minière s'apprêterait à faire des acquisitions, participant ainsi au mouvement de consolidation dans le secteur. Sa cible pourrait bien être son compatriote Gold Fields. Le potentiel d'OPA sur le producteur d'or est en effet reparti à la hausse depuis que Norilsk, géant russe des métaux, s'est désengagé du capital. Gold Fields est une affaire de qualité, dont les actifs sont habilement répartis sur la planète mais dont les coûts de production restent quelque peu élevés. L'acquisition tentée cet automne par Harmony Gold, autre sud-africaine, a échoué. Plus petite que ses concurrentes, Harmony Gold représente quant à elle « un investissement très intéressant en ce moment », selon Emmanuel Painchault. L'effet de levier joue à plein sur cette valeur puisque les coûts de production sont très élevés (plus de 400 dollars l'once, contre 280 environ pour Barrick). L'impact de la hausse du prix de l'or sur les marges est donc plus fort. Le risque est certes plus important, mais les cours actuels du métal jaune incitent à un tel pari, un vrai pari de chercheur d'or



Conseil : Barrick Gold (ABX) : conserver pour profiter du statut de leader et des futures synergies avec Placer Dome
Romain Gueugneau
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%