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Un choc pétrolier est à l'oeuvre
La Vie Financière N°3097 / Vendredi 15 Octobre 2004 / Catégorie : Tendance

Un seul chiffre suffit à expliquer la morosité de la Bourse cette semaine : 51,60 dollars ! C'est le prix record atteint par le baril de brent, mardi dernier. Du jamais vu sur le marché européen, le WTI américain caracolant pour sa part au-delà de 54 dollars. L'Agence internationale de l'énergie a eu beau jeu de chercher à calmer les esprits en indiquant dans son dernier rapport mensuel avoir abaissé ses prévisions de croissance de la demande de pétrole pour 2005. Si la nouvelle a un peu lesté les prix de l'or noir, les investisseurs commencent néanmoins à s'inquiéter de la situation.

D'ailleurs, Stephen Roach, chef économiste de Morgan Stanley, estime que nous sommes désormais dans une zone dangereuse : « Si les cours du pétrole se maintenaient autour de 50 dollars le baril encore deux à trois mois, le monde serait exposé à un choc pétrolier de la plus grande envergure. » Le message est clair !

Un repli des prix du brut devient urgent

Puisqu'il faudrait que les prix du brut reviennent rapidement à des niveaux très inférieurs pour que l'économie mondiale échappe à de sérieux dommages, beaucoup va donc se jouer dans les semaines à venir pour les actions. Ainsi que nous l'avons souligné à plusieurs reprises dans nos précédentes éditions, un choc pétrolier et, plus globalement, une flambée des matières premières sont déjà à l'oeuvre. Les marges des entreprises industrielles sont en première ligne. La filière automobile, notamment, est projetée dans une ambiance de crise. En témoigne la nouvelle baisse de Peugeot (- 5,7 %), après celle de 16 % de Valeo en un mois. Pis, les spécialistes de l'électroménager sont confrontés à un terrible effet de ciseaux, entre la hausse de leurs coûts et la baisse de leurs prix de vente pour cause d'âpre concurrence. SEB en fait les frais cette semaine (lire page 22). Cette ambiance électrique, les consommateurs, dont le pouvoir d'achat est lui aussi sous pression, la perçoivent fort bien. Pour les séduire, la grande distribution s'est du reste engagée dans une guerre des prix qui s'annonce sans merci.

Avertissement sur les résultats de Carrefour

La principale victime de cette crise sera Carrefour, d'ailleurs contraint de lancer un double avertissement sur son chiffre d'affaires et sur ses résultats (notre dossier, page 34). Cette nouvelle donne nous conduit à adopter sans états d'âme une attitude négative sur la valeur, quand bien même nous l'avions encore retenue parmi nos favorites le 24 septembre dernier. Si un boursier lucide doit admettre qu'il se trompe tous les jours, dans l'affaire Carrefour, la pilule est toutefois amère tant le discours tenu par l'état-major fin septembre était encore confiant ! Les analystes du CIC, de Goldman Sachs, d'Exane et d'Oddo ont du coup dégradé en choeur Carrefour et Casino n'a pas davantage été épargné. Il semble aussi qu'il faille tenir compte d'un ralentissement a priori inéluctable de la conjoncture l'an prochain. Reste à en déterminer l'ampleur. Les messages de prudence et les avertissements sur les résultats se multipliant de la part des entreprises, les analystes réduisent leurs prévisions tout en ajustant, singulièrement, ceux attendus pour le troisième trimestre de cette année. C'est pourquoi les technologiques aussi sont à la peine. Et, parmi elles, plus particulièrement les groupes déjà fragilisés, à l'image de Cap Gemini, ou aux fondamentaux aujourd'hui plus incertains, comme STMicroelectronics.

Si l'on ajoute la difficulté qu'éprouvent les Etats-Unis à créer des emplois (96 000 postes seulement en septembre contre près de 150 000 attendus), la baisse prononcée de la production industrielle en août en France (- 2 %) et le nouveau plongeon de l'indice ZEW, qui mesure les prévisions de conjoncture en Allemagne dans six mois, rien de surprenant à ce que le CAC 40 soit repassé au-dessous de 3 700 points et que le rendement des emprunts d'Etat à dix ans se soit installé sous la barre de 4 %. En restant au centre des préoccupations des marchés, le pétrole soulignera avant tout que la Chine est devenue le talon d'Achille des Bourses occidentales.


LES 5 PLUS FORTES HAUSSES

VINCI + 1,2 %

SUEZ + 1 %

ALCATEL + 0,6 %

SCHNEIDER ELECTRIC + 0,4 %

LVMH + 0,2 %

LES 5 PLUS FORTES BAISSES

CAP GEMINI - 9,8 %

ARCELOR - 6,5 %

PEUGEOT - 5,7 %

EADS - 5,6 %

CASINO GUICHARD - 5,6 %

PASCAL CHEVOLOT
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%