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| Un bon début d'année pour les banques |
| La Vie Financière N°3076 / Vendredi 21 Mai 2004 / Catégorie : Actualité |
Les établissements bancaires affichent des résultats trimestriels record. Pourtant, les investisseurs restent sur la réserve, craignant l'impact d'une remontée des taux d'intérêt. |
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Difficile de faire mieux. Les grandes banques cotées à Paris viennent de publier simultanément des résultats trimestriels époustouflants. Qu'on en juge : pour un produit net bancaire (le chiffre d'affaires des banques) en hausse de 6,4 %, à 2,86 milliards d'euros, le résultat net du Crédit agricole a grimpé de 68,1 %, à 506 millions d'euros. Avec un PNB de 3,95 milliards d'euros (+ 1 %), le profit net de la Société générale a réalisé un bond en avant de 65,8 %, à 80 millions d'euros. Dexia n'est pas en reste avec un PNB de 1,35 milliard d'euros (+ 9,4 %) et un bénéfice net en progrès de 56 %, à 491 millions d'euros, le rendement de ses fonds propres atteignant 22 %. Quant à BNP Paribas, on a vu la semaine passée (voir notre précédente édition) qu'elle avait enregistré un résultat net en progression de 31,3 %, à 1,26 milliard d'euros, par rapport au premier trimestre 2003. Comment ces établissements bancaires ont-ils réussi à réaliser de telles performances ? Globalement, tous les métiers ont donné satisfaction, de la banque de détail à la gestion d'actifs en passant par les activités de financement et d'investissement. Plus spécifiquement, les services financiers de proximité se sont montrés particulièrement brillants. Le Crédit agricole, par exemple, a vu sa collecte bancaire tirée par celle de l'épargne de précaution. Les encours sur livret ont augmenté de 11,3 %, ceux de l'épargne logement de 5,5 % et les dépôts à vue ont progressé de 8,4 %. Même constat à la Société générale, qui se félicite du dynamisme de la collecte d'épargne et de placements. La production d'assurance vie est ainsi en hausse de... 46 % par rapport au premier trimestre 2003 et les crédits à l'habitat ont franchi de nouveaux sommets. La banque dirigée par Daniel Bouton affiche, parallèlement, des performances record au sein de son pôle de financement et d'investissement, la rentabilité des fonds propres de cette branche ayant atteint 36,3 %, contre 21,5 % au premier trimestre 2003 et 30,1 % pour l'ensemble de l'exercice passé. Quel que soit l'établissement, le contexte de reprise des marchés financiers associé à des taux d'intérêt toujours bas a donc été largement gagnant en ce début d'année, même s'il ne faut pas oublier que leurs performances intègrent d'assez importantes reprises de provisions, compte tenu d'un niveau de risque largement revu à la baisse sur des zones géographiques comme l'Asie. D'autant que les banques ont bénéficié d'un appétit certain des particuliers pour les produits d'épargne et les crédits à l'habitat, leur permettant de dégager de sérieuses marges. 2004 débute donc en fanfare pour ces entreprises qui redoutaient un retour de balancier après l'excellent millésime 2003 : l'exercice en cours promet d'être de nouveau très porteur. Ce qu'indiquent déjà certains dirigeants, comme Pierre Richard, patron de Dexia, qui anticipe une nouvelle progression à deux chiffres de ses résultats. Baudoin Prot, à la tête de BNP Paribas, se dit également raisonnablement optimiste pour 2004, la banque au logo vert envisageant notamment de poursuivre sa stratégie de croissance externe à l'international, après deux récentes acquisitions aux Etats-Unis. Sur le plan boursier, ces établissements viennent de réaliser un beau parcours. Ils ont gagné en moyenne 20 % l'an passé et ont débuté 2004 assez correctement, progressant, pour certains d'entre eux, d'environ 20 %. Ces trois dernières semaines, ils ont toutefois subi des dégagements bénéficiaires assez importants et, hormis le Crédit agricole, ils sont tous dans le rouge par rapport à janvier. Leur ratio de capitalisation sont aujourd'hui à des niveaux pour le moins attrayants par rapport à leurs homologues européens et américains : entre 12,6 et 10,4 fois leurs résultats 2003 et entre 10,4 et 9,7 fois ceux attendus pour 2004. De même, ils offrent des rendements attryants, celui de la Société générale atteignant par exemple 5,4 % en données brutes et celui de BNP Paribas 4,5 %. Dotés, en outre, de bilans extrêmement sains compte tenu notamment des contraintes prudentielles imposées par la Commission bancaire à tous les établissements financiers, ces groupes n'en suscitent pas moins beaucoup d'interrogations tant auprès des analystes que des investisseurs. La reprise économique américaine et, avec elle, la très prochaine hausse des taux d'intérêt outre-Atlantique ne sont pas de bon augure pour les banques, qui se refinancent dans de moins bonnes conditions et voient leur niveau de collecte de crédits diminuer. De la sorte, on peut effectivement se demander si les banques n'ont pas mangé leur pain blanc tant sur le plan du rythme de croissance de leurs résultats que sur celui de leur valorisation boursière. D'autant plus que les marchés boursiers ont du mal à se reprendre durablement, pénalisant les activités de gestion d'actifs et leur portefeuille de valeurs cotées. C'est d'ailleurs bel et bien en raison de ces derniers aspects que les cours de Bourse des banques ont récemment retrouvé le chemin de la baisse. Interrogés sur les risques d'une remontée des taux d'intérêt sur leurs résultats, plusieurs dirigeants bancaires ont déjà répondu. Daniel Bouton, patron de la Société générale, a ainsi précisé qu'un redressement progressif ne serait pas pénalisant pour son groupe, la diversité des métiers étant susceptible d'amortir ses effets. Plusieurs spécialistes estiment également que l'« effet taux » devrait rester marginal sur les prochains résultats des banques, sauf à connaître une brutale remontée du coût du crédit de ce côté-ci de l'Atlantique. Jean-Charles Mériaux, gérant chez DNCA Finance et adepte des valeurs défensives, est très positif sur BNP Paribas, qu'il juge bien géré avec une grande maîtrise des différents risques et intéressant surtout sur le plan de son rendement. Son avis va-t-il faire école ? ->Un 1er trimestre brillant BNP PARIBAS FR0000131104 Produit net bancaire 4,63 MdsEuro(s) Résultat net 1 260 MEuro(s) Rent. des fonds propres 17,7 % CRÉDIT AGRICOLE FR0000045072 Produit net bancaire 2,86 MdsEuro(s) Résultat net 301 MEuro(s) Rent. des fonds propres 12,4 % DEXIA BE0003796134 Produit net bancaire 1,35 MdsEuro(s) Résultat net 491 MEuro(s) Rent. des fonds propres 22,2 % SOCIÉTÉ GÉNÉRALE FR0000130809 Produit net bancaire 3,95 MdsEuro(s) Résultat net 801 MEuro(s) Rent. des fonds propres 20 % Conseil : Certes, les financières sont traditionnellement pénalisées en période de hausse des taux. Mais, en excluant le scénario d'un krach obligataire, ces banques présentent des bilans sains, des PER raisonnables et des rendements pour le moins attrayants. Nous restons donc sereins sur Société générale, BNP Paribas, Dexia et Crédit agricole. Un accès de faiblesse passager pourrait même être mis à profit pour renforcer ses positions, plus particulièrement sur BNP Paribas |
PASCALE BESSES-BOUMARD |
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