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Un avenir prometteur
La Vie Financière N°3048 / Vendredi 07 Novembre 2003 / Catégorie : Analyse

L'ex-ferrailleur bénéficiera de l'entréee en vigueur progressive d'une législation contraignant les industriels à recycler leurs produits.
 
CFF RECYCLING
 

«Un clou, c'est un clou ! » Cela aurait pu être la devise de feu la Compagnie française des ferrailles, dont les résultats dépendaient exclusivement de l'évolution du cours des métaux. Désormais, « un sou, c'est un sou » conviendrait mieux à celle qui est devenue CFF Recycling. Certes, la vieille demoiselle n'est guère plus sexy : collecte, traitement et valorisation des déchets ! Mais son économie est en passe d'être radicalement modifiée... au grand bénéfice de ses actionnaires.

Daniel Derichebourg a acheté la société en 1996, avec un projet clair : se positionner sur le marché du recyclage afin de bénéficier de la montée des préoccupations écologiques. Une stratégie alors accueillie froidement par la communauté financière, tant les retombées semblaient lointaines. D'autant que la communication de la société reste rigoureuse mais discrète.

Cependant, l'horizon s'éclaircit. Si les législations du marché du recyclage ont tardé à se mettre en place, l'essentiel du chemin semble avoir été parcouru. Après de longues consultations des professionnels concernés (d'un côté, les producteurs de biens, de l'autre, les recycleurs), la retranscription en droit français de la législation européenne a commencé. Ainsi, à partir du 1er janvier prochain, les pneus ne pourront plus être mis en décharge et devront obligatoirement être recyclés. Pour ce faire, les opérateurs tels que CFF Recycling percevront une rémunération. Derrière, deux autres filières sont en cours d'organisation : si aucun décret sur les produits ménagers et électroniques (du réfrigérateur au téléphone portable) n'est encore paru, cette filière pourrait néanmoins s'ouvrir rapidement. Parallèlement, selon un décret publié cet été, chaque automobile devra être recyclée à 85 % (contre 75 % actuellement), à compter du 1er janvier 2006. Pourquoi de tels délais ? L'organisation de ces filières suppose un coût supplémentaire pour les producteurs, qui traînent donc les pieds, même si, in fine, une partie sera répercutée sur le consommateur.

Pour se préparer, CFF Recycling a investi en cinq ans 180 millions d'euros dans son appareil industriel afin d'augmenter le degré de transformation des matières premières (voitures, pneus usagés, électroménager...). Cet effort d'investissement a certes maintenu l'endettement net à un niveau élevé (98 % des fonds propres ou encore 2,4 fois la capacité d'autofinancement, à fin septembre 2002), mais la situation financière reste sous contrôle et la société bien gérée. L'année 2003, dont les comptes, clos à fin septembre, seront publiés en décembre, devrait être le quatrième exercice bénéficiaire consécutif (17 millions d'euros de bénéfice net attendus, contre 14 millions un an plus tôt), alors que l'ex-Compagnie française des ferrailles avait habitué ses actionnaires à davantage d'aléas.

Il est certes bien difficile de prévoir aujourd'hui quelle sera pour CFF Recycling l'ampleur des retombées financières induites par les nouvelles obligations de recyclage. A l'avenir, le groupe sera vraisemblablement rémunéré pour une prestation pour laquelle il ne l'est pas aujourd'hui.

Avec 148 sites en Europe et, surtout, 50 % des plates-formes de retraitement en France, CFF Recycling apparaît comme l'acteur incontournable d'un secteur où l'implantation locale est primordiale : le transport de pondéreux restant, par définition, très limité. En outre, tout nouveau site est soumis à une autorisation administrative qui sécurise la part de marché des opérateurs existants. Du coup, certains investisseurs s'attendent à ce que des groupes tels que Suez ou Veolia Environnement s'intéressent d'ici quelques années à cette affaire. Avec, à la clé, une plus-value probablement substantielle pour les actionnaires !

Ces perspectives commencent à attirer les investisseurs : le titre s'est ainsi apprécié de plus de 35 % depuis le début de l'année, contre 12 % pour le CAC 40. « La valorisation du dossier reste encore modérée, à 6 fois nos prévisions de résultat 2004, même si celles-ci intègrent un prix de la ferraille élevé », constate Franck Hénin, analyste chez Richelieu Finance



Conseil : Acheter dans une perspective de long terme afin de lisser d'éventuels aléas
OLIVIER VILAIN
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HARMONY GOLD HARMONY GOLD : 6.24€  (+12.48%) 6.76€
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GENERAL ELECTRIC GENERAL ELECTRIC : 13.58€  (+5.34%) 14€
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BOUYGUES 29.12€
-8.57%
RODRIGUEZ GROUP 1.65€
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TECHNIP 19.91€
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SAFRAN 9.63€
-5.03%
BIC 38€
-4.52%