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« Transformer l'avenir », mais sans renier le passé
La Vie Financière N°3235 / Vendredi 08 Juin 2007 / Catégorie : Editorial

ArcelorMittal souhaite parachever son processus de fusion, en modifiant à son avantage les parités d'échange arrêtées au départ. Un mauvais coup porté aux minoritaires, qui détiennent encore près de 6 % du capital.
 

«Croyez-vous au pouvoir de l'audace ? Ceux qui édifièrent la tour Eiffel, eux, y croyaient. Chez ArcelorMittal, nous y croyons aussi, parce que l'audace peut tout », nous explique une publicité du géant mondial de l'acier parue cette semaine dans la presse. De l'audace, il en a fallu, en effet, pour partir sabre au clair à l'assaut d'une valeur phare du CAC 40, Arcelor, née de la fusion du français Usinor (ex-société publique), de l'espagnol Aceralia et du luxembourgeois Arbed. Il en fallait aussi pour se frotter au gouvernement Villepin, qui contestait le bien-fondé de cette « OPA du tiers-monde » (sic) et n'avait pas hésité à mettre les chariots en cercle contre « les Indiens » (re-sic). Audace payante puisque, au terme d'une bataille boursière acharnée - que La VF avait d'ailleurs soutenue -, Mittal Steel recueillait 93,7 % du capital pour donner naissance au numéro un mondial de la sidérurgie. Oui, l'audace est belle et peut « transformer l'avenir » lorsqu'elle s'appelle bravoure, hardiesse ou intrépidité, mais elle ne peut pas tout, notamment lorsqu'elle peut être qualifiée d'arrogance, d'inconvenance ou de sans-gêne.

Or, aujourd'hui, ce n'est pas de la belle et bonne audace que de modifier sans vergogne les règles de la partie. Lorsqu'une fusion s'engage, à la suite d'une offre publique réussie, un des principes élémentaires du droit boursier - et de l'égalité de traitement entre les divers actionnaires - est de respecter la parité d'échange définie au départ. Pour prendre le contrôle d'Arcelor, Mittal Steel proposait, on s'en souvient, une offre mixte à titre principal, à raison de 13 actions Mittal et 150,60 euros pour 12 actions Arcelor, et, à titre subsidiaire, une offre d'échange à raison de 11 Mittal pour 7 Arcelor. Pour la fusion des deux entités, les minoritaires, qui possèdent encore près de 6 % du capital et ont raté le coche, attendaient donc sereinement l'opération, avec cette dernière parité à l'esprit. Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir que la parité retenue était de 7 actions Arcelor pour 8 ArcelorMittal, provoquant au passage un mini-séisme sur le titre (- 12 %).

Un an de coma

Certes, les conseils d'administration des deux sociétés - où l'on retrouve d'ailleurs les mêmes personnes, gare au conflit d'intérêts ! - ont procédé à une analyse multicritère. Il n'empêche, un engagement de Mittal Steel avait été donné dans la note d'information, en date du 4 juillet 2006, visée par les régulateurs. Au paragraphe 3-4, il est précisé que la fusion serait réalisée « en utilisant un rapport d'échange en ligne avec la valeur de l'offre à la date de règlement-livraison [...] dans le cadre de l'offre secondaire d'échange pour les actions Arcelor ». Comprenez l'OPE à raison de 11 actions Arcelor pour 7 Mittal. Pas moins. Après dix-neuf ans de coma, un cheminot polonais vient de se réveiller. Il n'a reconnu ni son pays, entré depuis dans l'UE, ni ses compatriotes, tous rivés à leur portable. Si, après moins d'un an de coma, un actionnaire d'Arcelor se réveillait, il ne reconnaîtrait sans doute pas Lakshmi Mittal. Mais il n'est pas trop tard pour changer. De l'audace !


Gérard Blandin
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%