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Succession dans la continuité pour l'hôtelier
La Vie Financière N°3149 / Vendredi 14 Octobre 2005 / Catégorie : Bourse
ACCOR
 

Le feuilleton de la succession de Jean-Marc Espalioux à la tête d'Accor a été riche en rebondissements. La fin est pourtant sans surprise. C'est bien Gilles Pélisson, neveu de l'un des deux fondateurs du groupe hôtelier, qui prendra la relève. Pressenti depuis le début de l'été, Gilles Pélisson est un « produit maison » : il a notamment travaillé de 1983 à 1995 pour l'enseigne Novotel. En fait, Accor sera dirigé par un tandem : Gilles Pélisson, président du directoire, s'occupera de l'opérationnel, et Serge Weinberg, ancien président de PPR, présidera le conseil de surveillance. Cette répartition des rôles sera maintenue si la prochaine assemblée, convoquée à titre extraordinaire, vote le changement de gouvernance, à savoir le passage à un conseil d'administration.

3,5 % du capital restent dans les mains des fondateurs

Cette direction bicéphale satisfait l'ensemble des membres du conseil d'Accor, les fondateurs évidemment, mais également les actionnaires banquiers (Caisse des dépôts et consignations, Société générale et BNP Paribas). Pourtant, il y a une semaine, ces derniers s'insurgeaient contre une nomination qui ne répondait pas, selon eux, aux critères de bonne gouvernance. L'arrivée de Serge Weinberg et le départ de Gérard Pelisson de son poste du conseil de surveillance ont donc suffi à créer un consensus. Mais les fondateurs Gérard Pélisson (73 ans) et Paul Dubrule (71 ans), qui détiennent ensemble 3,5 % du capital, ne vont pas lâcher prise. D'ores et déjà, ils postulent au futur conseil d'administration de même que les banquiers et, certainement, le fonds Colony Capital. Celui-ci, rappelons-le, a obtenu deux sièges au conseil de surveillance et la présidence du comité stratégique, en échange de l'injection de 1 milliard d'euros.

Si l'unanimité se fait sur la nécessité pour Accor d'entamer une nouvelle étape de son histoire, il s'agit pour l'heure d'un changement dans la continuité. Les investisseurs ont apprécié que la crise née du départ mal préparé de Jean-Marc Espalioux ait trouvé une issue. Mais après ? « Il faut gérer les actifs existants. Peut-être accélérer ou, au contraire, freiner certains investissements [...]. Ce changement à la tête d'Accor ne marque pas une rupture mais une évolution », ont déclaré Paul Dubrule et Gérard Pélisson au Figaro. Or le marché ne se satisfera pas d'une poursuite de l'existant qui a conduit à une stagnation du bénéfice par action en sept ans. Logiquement, l'effervescence autour du titre s'est calmée.

Les spécialistes attendent qu'Accor cède des actifs, comme la restauration à bord des trains. Ils posent également la question de la participation du groupe d'hôtellerie dans le Club Méditerranée. Selon les dernières déclarations de membres du conseil de surveillance, le statu quo est de mise. Ce qui n'est pas une bonne nouvelle. L'OPA serait, il est vrai, mal perçue. A l'inverse, il serait sans doute difficile de trouver un repreneur. Pour la petite histoire, le président du Club, Henri Giscard d'Estaing, s'était porté candidat à la succession de Jean-Marc Espalioux.

Les spécialistes verraient également d'un bon oeil qu'Accor se sépare de sa division hôtellerie économique américaine, une branche qui nécessiterait de lourds investissements, alors que la reprise du secteur va désormais se manifester principalement en Europe. L'annonce, qui sera faite le 26 octobre, du chiffre d'affaires à fin septembre montrera justement si la reprise du secteur s'accélère. Toutefois, même lente, elle se traduira par une amélioration des résultats déjà perceptible au premier semestre.

Gilles Pélisson arrive donc dans un contexte favorable, et il voudra sûrement marquer de son empreinte le futur d'Accor. S'il a les mains libres. Pour ce faire, les actionnaires - les investisseurs institutionnels détiennent les trois quarts du capital - ont un rôle à jouer au cours de la prochaine assemblée générale. L'importance prise par le fonds Colony Capital, qui n'est pas encore actionnaire, pourrait se trouver remise en question



Conseil : Le titre devrait consolider à court terme. C'est pourquoi nous restons acheteurs vers 41 euros, niveau qui valorise modérément la croissance des bénéfices attendue cette année et en 2006. Dans un second temps, la perspective de cessions d'actifs par la nouvelle direction, qui prendra ses fonctions en janvier, devrait soutenir le titre
Annie Courty
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