Archives
| Schneider Electric / Legrand |
| La Vie Financière N°3272 / Vendredi 22 Février 2008 / Catégorie : Bourse |
Le match |
|
Récession de l'économie américaine, risques de contagion au reste du monde, resserrement des conditions de crédit... nos deux fleurons français du matériel électrique ne sortiront pas indemnes du ralentissement actuel. D'autant que Schneider Electric et Legrand sont fortement exposés aux secteurs industriels et de la construction (voir infographie ci-contre). Pas étonnant, donc, que les deux titres soient sous pression. Reste que leurs valorisations intègrent actuellement un scénario bien sombre. Or, si leur croissance est susceptible de ralentir, Legrand vise malgré tout une progression de 7 à 9 % de son activité en 2008 et Schneider table sur une croissance interne de 6 à 8 %. Et les deux entreprises devraient mieux résister à cette nouvelle crise. Sensibilité au cycle Flash-back. Lors du dernier trou d'air, en 2001-2002, le chiffre d'affaires de Legrand avait baissé de 4 % en 2002 et de 7 % en 2003 et sa marge d'exploitation avait chuté de 3 points, tombant à 13,3 %. Aujourd'hui, la direction assure qu'elle ne devrait plus enregistrer un tel recul. « Legrand est encore plus résistant que par le passé. Notre structure de coûts est plus flexible, notre recherche-développement plus efficace », déclarait il y a peu le PDG Gilles Schnepp dans La VF. Les analystes d'Exane BNP Paribas estiment d'ailleurs que la marge d'exploitation devrait atteindre 16,2 % en 2008 et 15,6 % en 2009. Pas de quoi s'alarmer, donc. Pour Schneider aussi, le dernier creux de cycle a été marqué, sa marge ayant perdu 2 points entre 2000 et 2003, à 11,5 %. Mais le groupe a, depuis, atténué son exposition au secteur du bâtiment et est davantage présent dans les pays émergents, ce qui le dotera une rentabilité plus élevée que par le passé. Les analystes tablent ainsi pour 2008 sur une marge d'exploitation de 14,7 %. Avec 30 % de son activité réalisés dans les pays émergents, Schneider a en effet depuis longtemps parié sur cette zone et s'y est renforcé à coups d'acquisitions. Implanté en Chine depuis plus de vingt ans, le groupe y a réalisé près de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2007. Un choix judicieux car la croissance soutenue de ces pays compense la forte exposition du groupe aux Etats-Unis. De son côté, Legrand a rattrapé une partie de son retard. Il réalise maintenant un quart de son activité dans les pays émergents, mais son chiffre d'affaires en Chine est limité (120 millions d'euros). Schneider devrait également profiter de sa présence sur le marché porteur et plus rentable de l'efficacité énergétique. Réalisant près de 20 % de son chiffre d'affaires dans ce métier appelé à progresser de 11 à 13 % par an, le groupe devrait enregistrer une croissance interne supérieure à celle de Legrand. Performances financières Dans ce domaine, l'avantage revient à Legrand, qui a toujours affiché une des meilleures rentabilités du secteur. En 2007, sa marge d'exploitation ajustée a culminé à 17,5 % grâce à sa position de leader sur ses marchés, qui lui permet de maintenir une politique de prix offensive, et à son exposition au marché de la rénovation, plus dynamique. Schneider n'atteint pas les mêmes niveaux. Mais, avec une marge d'exploitation de 14,8 % en 2007, il n'a pas à rougir de ses performances, d'autant qu'elles se sont nettement améliorées au fil des ans. Aspect spéculatif Legrand est une proie facile. Les deux fonds - KKR et Wendel -, qui détiennent chacun 30 % du capital, n'ont pas vocation à rester éternellement et, devant les qualités de la société, les prétendants ne devraient pas manquer. Siemens n'avait-il pas tenté de racheter le groupe avant son introduction en Bourse ? Ces derniers mois, ABB était présenté comme un sérieux prétendant, et une rumeur a même circulé quant à un intérêt de General Electric. Certes, plusieurs analystes notent que Siemens doit déjà mener sa propre restructuration, qu'ABB regarderait plutôt du côté des pays émergents et que le potentiel de synergies pour un acquéreur est désormais limité. Mais Legrand revêt un caractère spéculatif plus important que Schneider, même si une OPA est théoriquement possible et que des rumeurs ont récemment ressurgi. Valorisation « A 8 fois le résultat d'exploitation, le secteur évolue à un niveau 20 % inférieur à sa moyenne à long terme », soulignaient récemment les analystes d'UBS. Reste que, après leurs chutes respectives, les deux titres semblent déjà intégrer les mauvaises nouvelles. A 9,4 fois le résultat d'exploitation attendu cette année, Legrand affiche des niveaux de valorisation jamais atteints en quatorze ans. Encore moins cher, Schneider se paie 8,3 fois ce même ratio Le vainqueur Nous préférons Schneider pour son profil de croissance et sa présence dans les pays émergents. Bien que les titres risquent de rester sous pression en raison du ralentissement économique, les deux entreprises devraient mieux résister à la crise que par le passé et les valorisations nous paraissent aujourd'hui attrayantes pour un investisseur ayant du temps devant lui. Nous sommes aussi à l'achat sur Legrand pour son caractère spéculatif |
Frédéric Cazenave |
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés. |
Toutes les archives /
Retour





