Archives

Savoir mettre à profit les exc ès de la Bourse
La Vie Financière N°3151 / Vendredi 28 Octobre 2005 / Catégorie : Stratégie

Le marché a toujours raison, sauf lorsqu'il dérape, à la hausse comme à la baisse. C'est dans ces phases d'exagération qu'il faut avoir les bons réflexes pour tirer parti des corrections inévitables.
 

En sous-estimant les phénomènes d'anticipation et l'importance des aspects psychologiques dans la formation des cours de Bourse, les investisseurs particuliers commettent assez fréquemment des erreurs de jugement qui les conduisent à intervenir trop tôt ou trop tard à l'achat ou à la vente et à enregistrer, au moins à court terme, des contre-performances désagréables qu'ils ont parfois du mal à comprendre. Certes, personne ne peut prétendre réussir à acheter ou à vendre en toute occasion au meilleur moment. Le timing parfait n'existe pas. Même pour les professionnels les plus aguerris et les mieux informés.


Gare à l'intoxication collective !

Livrés à eux-mêmes, les particuliers qui aiment gérer en direct leur portefeuille et intervenir régulièrement sur le marché doivent veiller, s'ils veulent être efficaces, à ne pas se laisser griser par l'environnement ambiant lorsqu'il devient trop euphorique et, à l'inverse, à ne pas paniquer en cas de détérioration sensible de la tendance. Sans doute est-il difficile de résister à la tentation de renforcer ses positions lorsque la hausse tend à s'accentuer ou de les alléger précipitamment lorsque la baisse prend de l'ampleur. C'est pourtant dans ces phases d'accélération haussière ou baissière que les plus grosses bêtises sont faites si l'on succombe à l'intoxication collective et aux comportements moutonniers. On a, certes, coutume de dire que le marché a toujours raison et qu'il est très dangereux d'intervenir à contre-courant de la tendance. Mais, en période d'excès, est-il vraiment judicieux de « courir après le papier », de peur de rater un train de hausses susceptible de dérailler à tout moment, ou, au contraire, de brader son portefeuille en cas de plongeon des cours, par crainte d'une baisse sans fin alors qu'un rebond est peut-être proche ? La sagesse voudrait, au contraire, que, puisque les excès sont nécessairement appelés à être corrigés, on en tire astucieusement parti en profitant d'une hausse trop spéculative pour sortir tranquillement du jeu ou d'une baisse injustifiée par son ampleur pour faire des achats à bon compte. Facile à dire, rétorquera-t-on en rappelant que l'indice CAC 40 s'est effondré de plus de 65 % entre septembre 2000 et mars 2003. Ne revenons pas sur les causes multiples mais bien connues de cette très grave punition. Observons simplement que, si les marchés boursiers sont tombés en deux ans et demi d'un énorme excès dans l'autre, les opportunités d'arbitrage n'ont cependant pas manqué entre-temps, à la faveur de la grande volatilité des cours, pour qui sait nager en eaux troubles.

Si l'on prend soin de regarder de près l'évolution graphique des indices et des valeurs, il n'est d'ailleurs pas besoin d'être expert pour détecter, derrière leur orientation fondamentale déterminée par les moyennes mobiles des cours, les phases de dérapage qui conduisent droit aux corrections. En prenant un exemple récent, on se souvient que, le 26 septembre dernier, le CAC 40 avait brusquement progressé de plus de 2 %, laissant derrière lui un trou de cotations de près de 35 points, entre 4 511 points, son plus bas niveau de la séance, et 4 477 points, son meilleur niveau de la séance précédente. Ce que l'on appelle un gap dans le jargon technique, destiné à être comblé un jour ou l'autre. Mais, loin de freiner son allure, le marché a, au contraire, continué à grimper au cours des séances suivantes, au point de porter l'indice jusqu'à 4 651 points le 4 octobre. C'est parce que cette nouvelle étape de hausse reposait sur des bases très fragiles qu'elle devait être mise à profit pour procéder à des allégements de précaution, à moins de vouloir tenter le diable.

Ce qui devait arriver arriva en effet : en moins de trois semaines, le CAC 40 a reperdu plus de 6 %. Une rechute somme toute classique, plutôt rassurante puisque le fameux trou de cotations indésirable du 26 septembre a été bouché. Mais sa brutalité a ébranlé certaines certitudes. Le moral en a pris un coup. Au point que deux nouveaux gaps ont été ouverts, cette fois-ci à la baisse, le 6 et le 19 octobre. Preuve que le marché a un peu perdu la boule. L'occasion rêvée pour s'intéresser à nouveau de près aux valeurs exagérément malmenées ces temps derniers



Eric Dadier
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés.
 

RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%