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| Saine accalmie sur le front des actions |
| La Vie Financière N°3040 / Vendredi 12 Septembre 2003 / Catégorie : Tendance |
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Les investisseurs sont revenus sur la voie de la raison en arrêtant d'acheter des actions à tout va. A moins que ce ne soient les vendeurs qui aient augmenté leur pression sur les cours. Toujours est-il que les grands indices boursiers occidentaux ont tous marqué le pas cette semaine. Et plus particulièrement en Europe. A Paris, le CAC 40 a même réintégré son grand canal de tendance baissière, dont il venait tout juste de s'extirper. Deux raisons à cela. Le dollar, tout d'abord, est reparti à la baisse (à 1,12 pour 1 euro), les cambistes s'inquiétant à nouveau de l'importance du double déficit américain (budgétaire et balance des paiements). De facto, le renchérissement de la monnaie européenne a pesé sur le cours des groupes exportateurs ou réalisant une part substantielle de leur activité aux Etats-Unis. Thomson, Michelin, EADS, ainsi que Sodexho Alliance, qui cumule le handicap d'un énième profit warning (page 50), et Accor, dont les résultats semestriels et les perspectives ont pris certains investisseurs à contre-pied (page 34), ont en toute logique été parmi les titres les plus attaqués. La reprise américaine en cause L'annonce d'une contraction de 0,1 % du PIB de la zone euro au deuxième trimestre (en rythme annuel), accompagnée d'une annulation de la croissance initialement déclarée pour le premier trimestre (retour à 0 % contre + 0,1 %) a aussi jeté un froid. La récession officielle n'est pas loin ! Ce dont ont particulièrement souffert Saint-Gobain et Lafarge, par exemple, l'Europe restant pour eux un marché important. D'un point de vue plus global, c'est l'appréhension des risques que fait courir une jobless recovery aux Etats-Unis qui est maintenant à l'oeuvre. Comme nous le soulignions dans notre précédente édition, la reprise américaine, et in fine le rebond des cours de Bourse, ne saurait être pérenne sans créer des emplois. Le marché s'est donc brusquement inquiété des 93 000 postes encore perdus par l'économie américaine en août (lire page 10). En effet, l'amélioration de la productivité et donc des profits des entreprises fera long feu si le marché du travail reste atone. D'autant que la faible croissance de leurs chiffres d'affaires ne permet toujours pas de prendre le relais indispensable aux efforts de restructuration entrepris. Certes, Intel, qui occupe un poste avancé dans le cycle économique, a délivré un message plutôt encourageant en ajustant ses prévisions d'activité pour le troisième trimestre (lire page 12). Dans la foulée, STMicroelectronics, comme, d'ailleurs, la plupart des technos de la cote, s'est enflammée. Mais Nokia a rapidement refroidi les ardeurs en ne percevant pas d'amélioration dans les mobiles et en entrevoyant tout juste un début de stabilisation dans les équipements de réseaux télécoms (page 26). Le cours d'Alcatel (- 6 % mercredi) en a pris acte. Et puis, la dernière livrée de chiffres d'affaires est restée mitigée. Qu'il s'agisse de ceux de TF1, d'Accor, de Club Méditerranée, de Lafarge ou d'IMS. Même les performances et perspectives de Lagardère, pourtant meilleures qu'escompté, n'ont pas pleinement convaincu. Nécessaire accélération de la croissance En complément de l'évolution de l'emploi aux Etats-Unis, un autre critère simple va ainsi devenir essentiel dans les semaines et mois à venir. Celui d'une accélération, ou non, de la croissance des ventes. « Un taux de progression des chiffres d'affaires de 4 à 5 % signifierait que la demande s'améliore réellement », nous confiait, il y a peu, Dominique Netter, directrice de la gestion chez LCF Rothschild Asset Management (voir La VF du 29 août). Au deuxième trimestre, la progression moyenne n'était encore que de 2,9 % pour les sociétés composant l'indice américain S&P500. La dose de prudence que nous recommandions dernièrement trouve donc ici son écho. Quoi de plus normal face aux incertitudes qui caractérisent l'amorce du retournement de cycle actuel, alors que la Bourse n'anticipait que le meilleur ? Cela dit, le marché se montre plus sélectif dans son repli que pendant sa phase de rebond - à quelques exceptions près (notre dossier page 40). En témoignent, après la publication des semestriels de certaines SSII, la rechute de Cap Gemini et de Transiciel ... et aussi la bonne tenue d'Atos Origin (lire p. 36). Une telle sélectivité n'a rien d'inquiétant. Bien au contraire. LES 4 HAUSSES CASINO GUICHARD + 5 % SANOFI-SYNTHÉLABO + 4,1 % AVENTIS + 3,5 % SCHNEIDER ELECTRIC + 0,7 % LES 5 PLUS FORTES BAISSES SODEXHO ALLIANCE - 11 % ACCOR - 10 % THOMSON - 9,8 % TF1 - 9,4 % PPR - 9 % |
PASCAL CHEVOLOT |
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