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Sagem-Snecma : conséquences de la fusion
La Vie Financière N°3100 / Vendredi 05 Novembre 2004 / Catégorie : Actualité

Un nouveau conglomérat est né. La Bourse fait la fine bouche, mais les activités de la Snecma devraient en profiter.
 

Qu'y a-t-il de commun entre un téléphone mobile et un moteur d'avion ? Pas grand-chose, si ce n'est le projet de rapprochement annoncé vendredi 29 octobre par le groupe d'électronique Sagem et le motoriste Snecma. Cette fusion devrait donner naissance à l'un des dix premiers groupes mondiaux d'électronique et de défense, avec un chiffre d'affaires de plus de 10 milliards d'euros et un effectif de 55 000 personnes réparti sur toute la planète. « Ce rapprochement permettra aux deux sociétés de dynamiser leur développement grâce à leurs complémentarités technologiques et à un réseau commercial mondial densifié », ont justifié les deux groupes. Il faut comprendre que la Sagem et ses importantes équipes de recherche-développement (14 000 ingénieurs) vont pouvoir enrichir, grâce à leurs compétences dans l'électronique, l'offre de la Snecma. La tendance actuelle veut en effet que les moteurs d'avion intègrent de plus en plus d'électronique. « Les deux groupes pourront ainsi proposer un système complet à leurs clients, afin d'accroître leurs parts de marché », explique un analyste.

Outre ces synergies sur le plan technologique, la Sagem, toujours traumatisée par la grave crise traversée en 2001 du fait de la chute du marché des télécommunications, espère aussi rendre son activité moins cyclique. Plus diversifié, le nouvel ensemble pourra financer les cycles longs de l'aéronautique et de la défense grâce aux cycles courts des produits grand public. En outre, le regroupement des deux sociétés rendra le nouvel ensemble moins sensible aux fluctuations du billet vert : la Snecma facturant en dollars tandis que la Sagem règle ses achats dans cette même devise.

Par ailleurs, cette opération aura dès 2005 un impact positif de l'ordre de 10 % sur le résultat net par action du nouvel ensemble. Enfin, c'est un bon moyen pour la Sagem d'utiliser sa trésorerie et d'acquérir une taille critique à bon compte. L'opération valorise la Snecma à 4,5 milliards d'euros, soit 6 % de plus que lors de son introduction en juin. La Sagem propose d'acquérir 13 actions Snecma pour 3 de ses actions dans le cadre d'une OPE. Et 20 euros par action Snecma dans le cadre d'une OPA subsidiaire. L'offre ne portera toutefois que sur 1,25 milliard d'euros. Cette opération permet aussi à l'Etat de sortir progressivement, comme prévu, du capital de la Snecma. Quatre mois seulement après l'ouverture de son capital, le motoriste est de facto totalement privatisé. A l'issue de l'opération, l'Etat ne détiendra plus en effet que 35 % du capital du nouvel ensemble, contre 62 % du capital de la Snecma. Rien d'étonnant, donc, que ce soit la petite Sagem (2,6 milliards de capitalisation boursière) qui avale la Snecma (4,5 milliards). Dans le cas inverse, la Sagem aurait été nationalisée. L'Etat empochera au passage environ 900 millions d'euros. Une opération doublement intéressante pour le gouvernement car elle se fera sans licenciements, puisque les deux sociétés n'ont quasiment pas d'activités communes (voir infographie). Ce qui fait dire à certains que c'est l'une des principales raisons de ce rapprochement.

Le scepticisme du marché était en effet palpable dès l'annonce de l'opération. Le groupe d'électronique a en effet perdu plus de 9 % le jour de l'annonce, à moins de 72 euros. De son côté, la Snecma a progressé de 5,8 % depuis, s'ajustant sur les parités de fusion. Plusieurs raisons à cette sanction : d'abord, le manque de synergies offertes par cette opération. Dans le cas de la Sagem et de la Snecma, il n'existe pas de doublons permettant, comme dans les fusions classiques, d'utiliser le levier important des économies de coûts. De nombreux analystes continuaient même à interroger Jean-Paul Béchat, président de la Snecma et futur patron du nouvel ensemble, sur ses réticences à se marier avec le groupe d'électronique de défense, Thales. Une opération qui aurait été beaucoup plus favorable sur le plan des synergies. Le marché s'interroge également sur l'attitude de General Electric, le partenaire de la Snecma dans la construction de certains moteurs. L'américain a manifesté, à de nombreuses reprises, son intention de prendre une participation de 10 % dans le capital du français. Aucun observateur ne se risque, toutefois, à espérer une contre-offre, l'Etat verrouillant le capital du motoriste. Ensuite, de nombreux doutes entourent la réalisation des quelques économies de coûts annoncées. La Sagem et la Snecma les évaluent entre 160 et 190 millions d'euros à l'horizon de trois ans. Des synergies liées, pour les deux tiers, aux échanges de technologies et au supplément de chiffre d'affaires engendré par l'opération (évalué à 500 millions d'euros) et par quelques économies sur les achats et le regroupement des services centraux. Elles sont donc en grande partie conditionnées aux succès commerciaux du nouvel ensemble.

Enfin, avec cette opération, la Sagem deviendra un véritable petit conglomérat comme General Electric, Siemens, etc. : une évolution qui n'est pas forcément du goût des opérateurs. D'une part, l'ensemble Sagem-Snecma va désormais être considéré comme un groupe de défense. Du coup, l'activité téléphonie mobile, mieux valorisée chez la Sagem seule, sera diluée dans le nouvel ensemble. D'autre part, l'effet positif de la reprise du marché aéronautique civil que permettait de jouer la Snecma seule sera également dilué dans le nouvel ensemble. Il semble donc que, à court terme, le titre Sagem restera chahuté. Seules, la réalisation des synergies, non prises en compte pour le moment par les analystes, ainsi que l'amélioration de la rentabilité du nouveau groupe grâce à la Snecma pourraient permettre un redressement du titre. Mais à moyen terme.

La Snecma fiancée, qui sera la prochaine proie dans le secteur ? Après l'échec de sa tentative de reprise du motoriste, Thales fait plutôt figure de cible dans un secteur en pleine restructuration. Mais ce remodelage, très politique, risque de prendre du temps. D'aucuns misent sur un rapprochement avec EADS. Un sentiment partagé par le marché au vu du bond de 8 % de l'action Thales. Mais ce que les investisseurs retiennent surtout, ce sont les ratios de valorisation appliqués dans l'OPE/OPA sur la Snecma. Thales serait décoté de 22 % ; une décote qui devrait se réduire, selon les analystes.


Modalités de l'offre

OFFRE PUBLIQUE D'ÉCHANGE

13 actions Snecma contre 3 actions Sagem

+ acompte sur le dividende de Sagem de 0,50 euro

OFFRE PUBLIQUE D'ACHAT SUBSIDIAIRE

20 euros par action Snecma

CALENDRIER INDICATIF

Mi-décembre 2004 Ouverture de l'offre

Fin janvier 2005 Clôture de l'offre

Mi-mai 2005 Fusion des deux groupes


Conseil : - Sagem : nous abaissons notre recommandation d'acheter à conserver
XAVIER DIAZ
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%