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S'enrichir en dormant... et sur ses deux oreilles
La Vie Financière N°3194 / Vendredi 25 Aout 2006 / Catégorie : Editorial

L'aversion des Français pour le risque est une constante, comme le confirme une étude publiée par l'AMF, même si l'on note une meilleure appétence des ménages pour les actions, hélas souvent au mauvais moment.
 

On connaissait l'apopathodiaphulatophobie (peur d'être constipé), l'arachibutyrophobie (peur d'avoir du beurre de cacahuètes collé au palais), la caligynephobie (peur des femmes aux formes voluptueuses) et la nanopabulophobie (peur des nains de jardin à brouette), il va falloir désormais être attentif à la boursophobie, c'est-à-dire la peur du placement en actions. Une pathologie qui semble partagée par de nombreux Français, si l'on en juge par la dernière étude publiée par l'Autorité des marchés financiers. L'an dernier, les ménages ont en effet investi dans des placements à hauteur de 140 milliards d'euros. Mais, sur ce montant, 77 milliards l'ont été sur des contrats d'assurance vie traditionnels, alors même que les rendements ont été pénalisés par la faiblesse des taux d'intérêt, et 57 milliards sur des dépôts bancaires. Les plans d'épargne entreprise, eux, ont même subi une décollecte de 2 milliards, due, il est vrai, à la mesure de déblocage exceptionnelle décidée par le ministère de l'Economie et des Finances.


Bien manger et mal dormir

Et les actions dans cette histoire ? Elles restent, hélas, le parent pauvre des placements. Certes, après quatre années de défiance à l'égard des marchés, « les ménages se sont dirigés beaucoup plus massivement vers les actifs risqués en 2005 », précise l'auteur de l'étude, Fabrice Pansard. Mais, si l'on retire du flux des 47 milliards la part déversée sur les contrats d'assurance vie en unités de compte (19 milliards) et celle à destination des OPCVM (22 milliards), il ne subsiste que 6 milliards pour les actions en direct. C'est bien maigre quand on sait que ce « résultat » a été obtenu grâce à deux privatisations d'envergure, celles d'EDF et de Gaz de France. Ce qui signifie que les Français veulent bien s'enrichir, mais à condition de dormir sur leurs deux oreilles. Ce qui n'est guère possible. Comme le résumait avec un brin de poésie Alphonse de Rothschild : « Voulez-vous bien dormir et mal manger ? Achetez des fonds d'Etat sérieux, des obligations, de la rente. Voulez-vous bien manger et mal dormir ? Achetez des valeurs industrielles. »

Mais il y a pis. Les Français n'ont, au surplus, toujours pas le sens du timing. En effet, fidèles à leurs habitudes, ils n'ont décidé de revenir en force sur le marché qu'à l'issue d'une période de hausse sensible (17 % en 2003, 9 % en 2004 et 25 % en 2005), « à l'image de ce qui s'était produit à la fin de la décennie 1990 où l'essentiel des achats avait eu lieu au cours de l'année 2000 », rappelle Fabrice Pansard, qui les qualifie au passage, avec diplomatie, de « procycliques ». De là à dire qu'il faut vendre quand ils achètent et inversement, il n'y a qu'un pas. S. Robert-Milles, auteur d'une Grammaire de la Bourse, best-seller en son temps, l'expliquait joliment : « En matière de finance et de Bourse, les idées saines sont rares parmi le public ; la baisse l'effraie, elle l'invite à vendre ; la hausse l'attire, elle le pousse à acheter. Eh bien, cela devrait être le contraire, attendu qu'en procédant inversement, il achèterait bon marché et vendrait cher. »



Gérard Blandin
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.75€  (+19.39%) 2.1€
+19.39%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 19.33€  (+8.39%) 20.59€
+8.39%
SEQUANA SEQUANA : 4.88€  (+5.23%) 5.03€
+5.23%
BOURBON BOURBON : 20.60€  (+5.06%) 21.9€
+5.06%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.60€  (+4.55%) 5.86€
+4.55%
TRIGANO 4.76€
-7.75%
IMERYS 33.38€
-5.87%
ALTEN 14.02€
-5.46%
VICAT 36.99€
-5.32%
GENERAL ELECTRIC 11.5€
-5.19%