Archives
| Le Crédit agricole fourbit son offre sur le Lyonnais |
| La Vie Financière N°3015 / Vendredi 21 Mars 2003 / Catégorie : Actualité |
|
Ouf ! Le Crédit agricole pourra lancer, d'ici à la fin mars, son offre publique sur le Crédit lyonnais enfin visée par la COB. Il aura attendu plus de trois mois. Un délai imputable à la prudence du CECEI (Comité des établissements de crédit et d'investissement), qui a voulu vérifier que le projet de rapprochement ne créait pas de position dominante. De fait, jeudi 13 mars au soir, l'organisme émanant de la Banque de France a assorti son autorisation de deux conditions : la cession de quatre-vingt-cinq agences dans dix-huit départements et le gel, pour deux ans, du développement dans trente-deux autres départements. Dans une note interne, le directeur général du Crédit lyonnais, Dominique Ferrero, a précisé que ces cessions, qui concernent moins de 2 % du produit net bancaire du Lyonnais et moins de 8 % des salariés, dans des régions rurales essentiellement, « n'atteindraient pas le potentiel commercial du nouveau groupe ». L'actuel programme d'ouvertures d'agences, de 150 points de vente, sera même accéléré. Il n'empêche, la décision du CECEI risque bien d'être contestée devant le Conseil d'Etat, non par les directions des deux banques mais par les syndicats de salariés, notamment ceux du Crédit lyonnais. Ces derniers sont directement concernés par les cessions, alors que ceux du Crédit agricole dépendent de leurs caisses régionales. Ainsi, la CFTC réfléchit à un recours devant le Conseil d'Etat (non suspensif de l'offre), tandis que certains représentants salariés au conseil d'administration du Lyonnais appellent à une réunion extraordinaire des administrateurs. Cependant, les dirigeants pourront calmer la colère de leurs employés (ceux du Lyonnais possèdent 6 % du capital) en leur proposant des mesures d'accompagnement efficaces. Un autre intervenant pourrait, lui aussi, saisir le Conseil d'Etat, mais il ne le fera sans doute pas. Il s'agit de BNP Paribas, qui détient 16,2 % du capital du Lyonnais, acquis sur le marché et auprès de l'Etat. La banque dirigée par Michel Pébereau n'en trouble pas moins la sérénité de René Carron, président du Crédit agricole. Certes, ce dernier peut se prévaloir d'un succès très probable de son offre, subordonnée à l'obtention de 50,01 % des titres. Il sait déjà pouvoir compter sur 44,43 % du capital. A sa participation actuelle de 17,79 % s'ajoutent les titres détenus par les établissements financiers représentés au conseil d'administration : Axa, les AGF, BBVA, Banca Intesa et Commerzbank. Michel Pébereau, lui, reste silencieux sur ses intentions. D'abord, il a jusqu'à fin avril pour déposer une contre-offre sur le Lyonnais, soit cinq jours de Bourse avant la clôture de l'opération. Une telle offensive ne peut être écartée de la part d'un établissement qui, en 1999, avait échoué à prendre le contrôle de la Société générale. Ensuite, BNP peut conserver ses actions du Lyonnais, ce qui empêchera le Crédit agricole d'ouvrir une procédure de retrait obligatoire. Enfin, il peut choisir d'être second actionnaire du Crédit agricole, derrière les caisses régionales. S'il retient l'offre principale, il se retrouvera avec 4,8 % du capital, et même 14 % s'il opte pour l'OPE subsidiaire. Le Crédit agricole n'avait vraiment pas besoin de ce gêneur, alors que toutes ses forces sont mobilisées pour la réussite du projet industriel, qui repose sur un plan d'économies de coûts. Déjà, ce dernier a pris du retard. Les 217 millions de synergies prévus initialement pour 2003 ne seront pas atteints. C'est un début inquiétant pour la rentabilité du futur groupe qui, jusqu'en 2023, supportera 500 millions d'euros par an pour amortir la survaleur du Lyonnais TROIS MODALITÉS POUR L'OFFRE PUBLIQUE* Offre mixte à titre principal (OPA/OPE) 148,20 Euro(s) + 5 actions Crédit agricole pour 4 actions Crédit lyonnais Offre publique d'achat à titre subsidiaire** 56 Euro(s) pour 1 action Crédit lyonnais Offre publique d'échange à titre subsidiaire** 36 actions Crédit agricole pour 10 actions Crédit lyonnais * L'offre sera ouverte dans les jours qui viennent, pour une période de cinq semaines (modalités précises dans La VF de la semaine prochaine). ** En cas de demandes trop nombreuses pour l'OPA ou pour l'OPE subsidiaire, ces offres seront réduites. Dans le premier cas, les actions Crédit lyonnais seront échangées contre des actions Crédit agricole. Dans le second cas, peu probable, les actions en excédent seront échangées contre du cash. UN GROUPE PUISSANT PUISSANCE COMMERCIALE : numéro un en France 21,5 millions de clients 9 300 points de vente 25 millions de clients dans le crédit à la consommation 331 milliards d'euros d'actifs gérés PUISSANCE FINANCIÈRE : numéro deux derrière BNP Paribas 12 milliards de revenus 2,5 milliards d'euros de bénéfice net 22 milliards d'euros de capitaux propres Conseil : Attendre les derniers jours de l'offre avant d'apporter ses actions Crédit lyonnais. Conserver Crédit agricole |
MARIE LAFOURCADE |
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés. |
Toutes les archives /
Retour





