Archives

La « success story » continue
La Vie Financière N°3130 / Vendredi 03 Juin 2005 / Catégorie : Analyse

L'échec de l'OPA d'un fonds d'Axa Private Equity donne une dimension spéculative au titre, dont la valorisation reste dans la moyenne du secteur.
 
CAMAÏEU
 

Une nouvelle page de l'histoire de la chaîne de prêt-à-porter féminin se tourne... mais dans la continuité. Pris dans la vague des opérations financières de ce début d'année, Camaïeu a en effet changé de mains... en partie. Alléché par une société au parcours sans faute, Axa Private Equity s'est associé aux familles fondatrices Torck et Verspieren en leur rachetant un bloc de titres et en créant un holding, la Financière Addax, dont Axa Private Equity détient la majorité du capital. Mais Jean-Pierre Torck conserve la présidence du conseil de surveillance et Jean-François Duprez celle de l'opérationnel.

Du coup, aucun virage stratégique n'est envisagé. Il est vrai que, jusqu'à présent, Camaïeu n'a pas failli. Le bénéfice net, de 41 millions l'an dernier, a doublé depuis 2000, date de l'entrée en Bourse. Dans le même temps, le groupe a amélioré de 4 points sa marge d'exploitation qui, à 16,3 %, est voisine de celle des leaders européens. La marge d'Inditex, propriétaire de Zara, s'inscrit à 16,8 %. Cette performance est le résultat de la progression des ventes et d'une optimisation des approvisionnements.

Côté activité, le groupe continue d'étendre son réseau en France (373 magasins et un objectif de 400) et à l'étranger (69 boutiques). Il réussit aussi à gagner des parts de marché en augmentant ses ventes dans les magasins historiques. Côté production, la sous-traitance auprès de multiples fournisseurs mis en concurrence est la règle. Camaïeu s'approvisionne à plus de 50 % en Asie, ce qui lui permet de réduire chaque année ses coûts d'achat.

Hausse des volumes de ventes et baisse des prix de revient sont essentielles dans un marché du prêt-à-porter très disputé et fortement déflationniste. Ainsi, l'an dernier, Camaïeu a dû consentir une baisse de 7 % de ses prix de vente après un recul de 8 % en 2003. Une situation qui devrait se prolonger, mais que Camaïeu parvient à maîtriser. Au premier trimestre 2005, l'entreprise a affiché une hausse de 13 % de son chiffre d'affaires, à 93,4 millions d'euros. Un démarrage en fanfare, mais la direction, qui refuse toute communication de-puis le changement de contrôle, n'indique aucune prévision chiffrée pour l'année. On peut anticiper que la priorité donnée au développement des ventes à l'étranger, où les marges sont plus faibles qu'en France, pourrait peser sur la rentabilité. Mais le groupe, qui demeure prudent, a décidé de ne pas accélérer son programme d'ouvertures de magasins. En outre, sa situation financière devrait rester saine. Une nouvelle année de croissance des profits n'est donc pas à exclure. Toutefois, l'actionnaire n'en récoltera pas les fruits sous forme de dividende, toute distribution ayant été suspendue.

Les incertitudes sur les résultats 2005 et la suppression du dividende ne découragent pas les actionnaires. L'OPA de la Financière Addax à 85 euros par action a fait chou blanc. Estimant le potentiel du groupe et du titre non épuisé, des investisseurs ont procédé à des achats massifs, faisant grimper l'action vers 93 euros, prix auquel elle s'est stabilisée. A ce niveau, la valeur d'entreprise (capitalisation retranchée de la trésorerie), de 560 millions d'euros, équivaut à 8,7 fois le résultat d'exploitation de 2004. Un ratio dans la moyenne du secteur de la distribution de textile et des dernières transactions françaises (OPA sur Vivarte en 2004). Il est, en revanche, inférieur à ce que sont prêts à payer Lafuma pour acquérir le spécialiste du vêtement de surf Oxbow et le fonds d'investissement CVC pour racheter l'espagnol Cortefiel. Du coup, le titre Camaïeu a acquis une dimension spéculative. D'autant que le fonds Castlerigg, qui détient plus de 10 % du capital, compte poursuivre ses achats. La Financière Addax pourrait faire de même.



Conseil : Nous avions conseillé, lors de l'OPA, de vendre ses titres vers 95 euros. On peut revenir vers 92 euros pour jouer l'aspect spéculatif du titre dont la valorisation n'est encore que dans la moyenne du secteur
ANNIE COURTY
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés.
 

GFI INFORMATIQUE GFI INFORMATIQUE : 2.36€  (+2.67%) 2.31€
+2.67%
LEGRAND LEGRAND : 12.20€  (+1.93%) 12.65€
+1.93%
EULER HERMES EULER HERMES : 35.50€  (+1.27%) 35.96€
+1.27%
MAROC TELECOM MAROC TELECOM : 14.87€  (+0.93%) 15.14€
+0.93%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 5.45€  (+0.91%) 5.57€
+0.91%
CGG VERITAS 11.13€
-13.52%
TECHNIP 20.8€
-12.82%
ERAMET 129.8€
-10.92%
INGENICO 9.06€
-10.74%
HARMONY GOLD 6.1€
-10.56%