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| La nouvelle cote, mode d'emploi |
| La Vie Financière N°3116 / Vendredi 25 Février 2005 / Catégorie : Dossier |
La mise en place de l'Eurolist devrait apporter une meilleure lisibilité et améliorer la liquidité des valeurs moyennes. |
Bourse |
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Une petite révolution ! Depuis le début de la semaine, la cote parisienne ressemble à celle du New York Stock Exchange à Wall Street. Une liste - qui répond au doux nom anglo-saxon d'Eurolist - composée de 722 valeurs françaises et de 118 valeurs étrangères cotées à Paris (zones euro et international), classées par ordre alphabétique et identifiables grâce à un compartiment de capitalisation A, B ou C (voir infographie). Les premier, second (créé en 1983) et nouveau marchés (1996) ont donc disparu. Le marché libre (créé en 1996) subsistera, mais il lui sera adjoint un autre marché non réglementé mais « encadré » par Euronext : Alternext. La réforme de la cote s'étendra en cours d'année aux autres Bourses européennes contrôlées par Euronext, à savoir Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne. Pourquoi Jean-François Théodore, patron d'Euronext, s'est-il lancé dans une telle aventure ? D'abord contraint par le nouveau cadre réglementaire européen. La directive Prospectus harmonisera dès l'été 2005 les obligations réglementaires des sociétés européennes au moment de leur introduction en Bourse (historique de trois années de comptes, flottant d'au moins 25 % lors de l'introduction, etc.). Même chose pour la directive Transparence, qui harmonise les critères d'information financière (publication obligatoire des résultats semestriels et annuels ainsi que du chiffre d'affaires trimestriel). La réglementation étant désormais la même pour toutes les valeurs, la division en premier, second et nouveau marchés ne s'imposait plus. Entreprise en septembre 2003, la réflexion sur la liste unique a réuni un groupe de travail, présidé par Jean-François Théodore et André Lévy-Lang, ancien président de Paribas, ayant pour mission de réfléchir à l'amélioration de la liquidité et du suivi des valeurs moyennes. En effet, l'autre motif de refonte de la cote concerne le sort des petites et moyennes valeurs qui représentent 80 % des sociétés cotées à Paris. Jusqu'à présent, elles étaient mal suivies et offraient peu de liquidité. Ce qui ne les a cependant pas empêchées d'obtenir, depuis maintenant cinq ans, de meilleures performances boursières que les grandes capitalisations. Avec la liste unique, toutes les valeurs sont mises sur un pied d'égalité, quels que soient leur taille et leur marché d'origine. Un avantage indéniable, notamment pour les titres cotés sur le nouveau marché à la réputation sulfureuse depuis l'éclatement de la bulle Internet. Mais toutes les victimes du krach de 2000 ne seront pas sauvées par l'Eurolist, puisque demeure le compartiment spécial créé en 2003 qui regroupe douze valeurs du nouveau marché en règlement judiciaire (Duran, Gaudriot, Imecom, Intercall, Perfect Technologies, Prologue Software, Qualiflow, Regina Rubens, R2i Santé, Synelec, Titus, Western Telecom). Autre nouveauté susceptible d'améliorer le suivi des valeurs moyennes : la création du label d'expert en valeurs moyennes. Onze bureaux d'études (1) ont pour l'instant reçu ce label. En échange de quoi ils doivent disposer d'une équipe de recherche et de vente spécialisée dans les small caps et assurer le suivi en analyse financière d'au moins soixante valeurs moyennes, dont vingt présentant une capitalisation inférieure à 150 millions d'euros et dix un volume de transactions inférieur à 2 500 négociations quotidiennes. Selon une étude réalisée en juin 2004, seules 44 % de ces petites valeurs bénéficiaient d'un suivi par un analyste. Avec la mise en place du label d'expert en valeurs moyennes, la direction d'Euronext estime que plus de la moitié des petites et moyennes valeurs françaises seront désormais couvertes par des professionnels. Bruno Vanryb, président de Middlenext, association chargée de promouvoir les valeurs moyennes, va plus loin et pense que la réforme permettra le suivi régulier de 60 % des small caps cotées à Paris. Enfin, d'ici au printemps 2005, Alternext sera lancé. Ce marché boursier un peu spécial se situera à mi-chemin entre l'actuel marché libre qui subsistera et l'Alternative Investment Market (AIM) londonien. Il s'agira d'un marché non réglementé au sens des directives européennes, mais néanmoins régulé par Euronext. Autrement dit, les investisseurs y bénéficieront de certaines garanties : publication des comptes semestriels et annuels sur le site Internet d'Alternext (mais pas au Balo), obligation de maintien de cours en cas de changement de majorité dans le capital, déclaration de franchissement de seuil au-dessus de 50 %, obligation d'avoir un listing sponsor (avocat, expert-comptable ou encore société de conseil) chargé de garantir l'information financière transmise au marché. Last but not least, l'exemption de l'impôt de Bourse (0,3 % du montant total de l'investissement dépassant le seuil de 7 668 euros), réservé jusque-là aux valeurs des Bourses régionales et du nouveau marché, est étendue à toutes les valeurs de l'Eurolist du compartiment C (capitalisation inférieure à 150 millions). Cela dit, quels changements la liste unique va-t-elle apporter pour les actionnaires individuels ? Au premier abord, une plus grande facilité de recherche et de lecture de la cote parisienne, puisqu'il ne sera plus nécessaire de se souvenir de quel marché dépend une valeur. Eurolist devrait aussi apporter une meilleure sécurité, puisque les règles d'admission et d'information financière ont été durcies et s'appliquent désormais à toutes les valeurs quelle que soit leur capitalisation, alors qu'auparavant le second et le nouveau marché bénéficiaient d'une réglementation plus souple. De même, Alternext, bien que non réglementé, offrira plus de protection que l'actuel marché libre. Enfin, les petites valeurs devraient bénéficier pour une majorité d'entre elles d'une meilleure liquidité et d'un meilleur suivi grâce au label d'expert en valeurs moyennes. (1) Arkéon Finances, Aurel Leven, CAI Cheuvreux, CM CIC Securities, Euroland Finance, Gilbert Dupont, Ixis Midcaps, Oddo, MIA Tradition, Portzamparc, Fideuram Wargny. Trois compartiments A Capitalisation supérieure à 1 milliard d'euros = 134 valeurs B - Capitalisation comprise entre 150 millions et 1 milliard d'euros = 181 valeurs C - Capitalisation inférieure à 150 millions d'euros = 396 valeurs Code - A côté du code Isin à douze caractères, nous indiquons dorénavant le code mnémotechnique (deux ou trois lettres), d'usage beaucoup plus facile et de plus en plus répandu. Liste unique - Les 722 valeurs cotées à Paris sont désormais classées par ordre alphabétique et non plus par marchés. Par souci de lisibilité, nous les avons néanmoins séparées par compartiments de capitalisation A, B ou C. Autres compartiments - Obligations, trackers, bons de souscription et titres participatifs ne font pas partie de l'Eurolist et sont donc cotés à part. Les valeurs étrangères cotées à Paris en font partie, mais sont classées dans des compartiments spéciaux. Les changements dans La VF - Dans notre cahier central, l'ancienne cote (premier, second et nouveau marchés) est remplacée par une liste unique. Par souci de clarté, nous avons néanmoins opéré une classification par compartiments de capitalisation A, B et C. A l'intérieur de chaque compartiment, le classement est alphabétique. Notre Cote enrichie, qui couvre toutes les valeurs du SRD, n'est pas modifiée dans sa structure. Le compartiment de capitalisation (A, B ou C) est toutefois notifié pour chacune d'entre elles. Autre nouveauté, nous indiquons désormais systématiquement les codes mnémotechniques à côté du code Isin, car ils sont d'un usage plus facile et de plus en plus répandus. - Dans la rubrique Tendance, les marchés cette semaine, les indices des second et nouveau marchés sont remplacés par le CAC Mid100 et le CAC Small90. - Dans la partie Actualité, les critères d'identification sont modifiés. Pour chaque valeur française traitée, nous mentionnons son code Isin, son éligibilité ou non au SRD et son compartiment de capitalisation. Pour les valeurs étrangères cotées à Paris, nous indiquons « Eurolist » avec la mention « zone euro » ou « hors zone euro », selon la nationalité de la société, et enfin le code Isin. En effet, les valeurs étrangères cotées à Paris ne comportent pas d'indicateurs de capitalisation, à l'exception notable de celles qui appartiennent au CAC 40 (Arcelor, Dexia, EADS et STMicroelectronics). Pour les valeurs étrangères non cotées à Paris, nous indiquons leur place de cotation (New York, Londres, Tokyo), suivie de leur code Isin - LE CALENDRIER - 21 février - Disparition des premier, second et nouveau marchés, remplacés par un marché unique réglementé de 722 valeurs françaises et de 118 étrangères, appelé Eurolist. - Création du label d'expert en valeurs moyennes. - Lancement officiel des indices CAC Next20, Mid100 et Small90 avec une base 3 000 au 31.12.2002. - 1er mars - Création d'indices small caps et midcaps à Bruxelles et Lisbonne. - 4 avril - La liste unique et le label d'expert en valeurs moyennes sont étendus à Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne. - Mars-avril 2005 - Lancement d'Alternext. Nouvelle cote, nouveaux indices En janvier, Euronext a lancé les indices CAC Mid100, CAC Small90, CAC IT20 et CAC Next20. Inauguré le 21 février en même temps que l'Eurolist, le CAC Next20 est composé des 20 plus grosses « capi » de la place après celles du CAC 40 et constitue, de fait, l'« antichambre » du CAC 40. Le CAC Mid100 est composé des 100 premières capitalisations qui suivent les 60 valeurs composant le CAC 40 et le CAC Next20. Le Small90, quant à lui, regroupe les 90 valeurs affichant les capitalisations les moins élevées au sein de l'indice SBF 250. Par construction, ces valeurs suivent immédiatement celles de l'indice CAC Mid100. Ces deux indices remplaceront définitivement les indices du second et du nouveau marché ainsi que le MidCAC en juin prochain. Le CAC IT20, lui, regroupera les plus grandes valeurs techno, en remplacement du CAC IT50. En revanche, le SBF 120 et le SBF 250 subsisteront. Pour tous ces indices, la pondération se fera en fonction de la capitalisation du flottant, comme c'est déjà le cas pour le CAC 40. Toutes les valeurs qui les composent devront avoir un taux de rotation annuel de leurs titres supérieur à 5 % (c'est-à-dire que 5 % au moins du nombre total d'actions devront être échangés chaque année). Enfin, en juin prochain, Euronext devrait lancer le CAC AllShares, qui regroupera les 522 valeurs offrant un taux de rotation annuel supérieur à 5 %, quelle que soit leur capitalisation. Mais cet indice fourre-tout a peu de chances de devenir un véritable benchmark - « Une meilleure lisibilité » Pourquoi avoir créé une liste unique de valeurs ? La création d'une liste unique est l'un des éléments de la refonte de la cote engagée par Euronext et qui a pour vocation d'améliorer la visibilité et la liquidité des petites et moyennes entreprises au sein de nos marchés. Outre le passage à une liste unique s'inscrivent aussi dans cette optique la création d'un label d'expert en valeurs moyennes et le lancement, d'ici à la fin du premier semestre 2005, d'Alternext, marché non réglementé. Sur Euronext Paris, le regroupement des premier, second et nouveau marchés au sein d'un marché réglementé unique répond aussi aux exigences posées par les directives européennes, qui unifient à l'échelle du continent les obligations des sociétés lors de l'admission à la cote ainsi qu'en matière d'information financière. Il répond également aux attentes des investisseurs, qui déterminent leur choix d'investissement davantage en fonction du profil d'entreprise ou de son secteur d'activité que par référence à son marché d'appartenance. Quelle sera la réglementation qui s'appliquera à Eurolist ? Les sociétés regroupées au sein de la liste unique disposeront d'un corps de règles unique, similaire à celui qui s'appliquait sur les valeurs du premier marché (publication de comptes semestriels et annuels ; nécessité, à l'admission, de présenter un flottant de 25 % ainsi qu'un historique de comptes de trois ans, etc.). Pour sa part, Alternext, marché régulé mais non réglementé au sens des directives européennes, offrira aux sociétés souhaitant lever des capitaux des conditions d'accès au marché simplifiées, sous réserve de leur engagement en matière de transparence financière et de protection des investisseurs. La mise en place d'Eurolist va-t-elle changer quelque chose pour l'actionnaire individuel ? L'Eurolist va simplifier la lecture de la cote puisque les valeurs y seront classées uniquement par ordre alphabétique et identifiables grâce à un critère de capitalisation, permettant de distinguer facilement les petites, les moyennes et les grandes valeurs. De leur côté, les trackers, les warrants ou encore les valeurs internationales et celles de la zone euro continueront à figurer dans des compartiments distincts. Les tests que nous avons réalisés auprès de groupes d'actionnaires individuels ont conclu à une meilleure lisibilité de la cote. Quant à l'impôt de Bourse, la mise en place de l'Eurolist se traduit par un changement de périmètre. En effet, alors que cette exonération portait sur les valeurs rattachées aux places régionales ou cotées sur le nouveau marché, elle s'appliquera désormais à l'ensemble des sociétés dont la capitalisation ne dépasse pas 150 millions d'euros (compartiment C) - Propos recueillis par P.-Y. L. |
PIERRE-YVES LEPELTIER |
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