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| La convalescencese prolonge |
| La Vie Financière N°3280 / Vendredi 18 Avril 2008 / Catégorie : Stratégie |
Les problèmes ne sont pas réglés, mais le pire de la crise semble derrière nous. Pourtant, les Bourses mondiales restent particulièrement fragiles. |
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Les marchés financiers cherchent une tendance. Hésitant entre le rouge et le vert, l'indice CAC 40 à Paris a finalement perdu 0,41 %, à 4 855,10 points sur cinq séances. De son côté, l'indice phare à Wall Street était quasiment inchangé. L'un comme l'autre poursuivent donc leur rebond sur leurs plus-bas annuels de mars, sans pour autant réussir à dépasser leurs meilleurs niveaux établis il y a une quinzaine de jours. Et les faibles volumes d'échanges témoignent de l'attentisme des investisseurs qui, échaudés ces derniers mois, campent sur leurs positions. Certes, la crise financière n'est pas terminée, s'accordent à dire de nombreux spécialistes. Mais une batterie d'éléments positifs, tels que « la possibilité pour les banques d'investissement de se refinancer directement auprès de la banque centrale américaine », explique Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel, tout comme les mesures prises pour soulager le marché immobilier américain ou encore les aides aux particuliers très endettés sont de nature à soutenir l'économie et donc à favoriser une reprise à plus ou moins brève échéance. Ainsi, après avoir poussé un « ouf » de soulagement à la suite de l'intervention musclée des autorités américaines au début du mois pour sauver la banque Bear Stearns de la faillite et, du même coup, l'ensemble du système financier, certains investisseurs veulent donc croire que le pire est derrière nous. Même si l'analyse technique n'exclut pas un plus-bas théorique vers 4 300 points, les spécialistes d'Aurel croient à « un rebond du CAC 40, vers 5 250 points» dans les trois mois. Mais ils ne font pas l'unanimité. Les sceptiques existent en effet dans les deux camps, du côté des optimistes comme des pessimistes. Alors que Patrick Artus, responsable de la recherche économique de Natixis, estime que « les marchés pourraient remonter plus rapidement qu'on ne le pense » et recommande aux investisseurs de se tenir prêts, le milliardaire George Soros juge que la crise va durer plus longtemps que prévu et ne croit pas à une reprise dans la seconde moitié de l'année, comme beaucoup l'avancent de part et d'autre de l'Atlantique. Selon ce dernier, la perte liée à la crise des subprimes devrait être « assez proche des 945 milliards de dollars avancés par le FMI ». Un chiffre pourtant contesté par l'OCDE, qui estime que « le coût total de cette crise pourrait s'élever de 350 à 420 milliards de dollars ». Selon l'OCDE, les prévisions du FMI tiennent compte de pertes qui font partie du fonctionnement normal des marchés. De leur côté,les analystes de JPMorgan prévoient que la convalescence des places financières sera longue. « La structure et les prix de marchés seront affectés pendant dix ans par la crise. Le marché était en outre freiné par la publication des chiffres de l'inflation en France, au plus haut depuis une vingtaine d'années, en hausse de 3,2 % sur un an glissant sous l'effet de l'envolée des prix de l'énergie et des denrées alimentaires. Des chiffres qui ont fait écho à la révision à la hausse de l'inflation en zone euro au mois de mars, désormais estimée à 3,6 % sur un an. Des statistiques qui, si besoin était, devraient apporter de l'eau au moulin de la Banque centrale européenne, qui maintient depuis plusieurs mois ses taux d'intérêt inchangés par crainte d'une persistance des tensions inflationnistes sur le Vieux Continent. Dans la foulée, l'euro battait un nouveau record à 1,5942 dollar, tout comme le pétrole qui a franchi des sommets à Londres et à New York, à respectivement 112,16 et 114,41 dollars. Des résultats trimestriels inégaux Autant d'éléments de nature à justifier la grande fragilité de la tendance, d'autant que les publications des résultats du premier trimestre 2008 viennent de commencer outre-Atlantique. Et même en se préparant au pire, il est impossible d'exclure quelques mauvaises surprises. D'ailleurs, en début de semaine le ton était donné par Wachovia et le conglomérat General Electric. Le premier accuse une perte nette de 350 millions de dollars sur les trois premiers mois de l'année et prévoit de réduire son dividende. De son côté, General Electric, qualifié de baromètre de l'économie américaine, a fait trembler les Bourses asiatiques en annonçant ses plus mauvais résultats trimestriels depuis cinq ans. Et comme les publications se suivent mais ne se ressemblent pas, les annonces de mercredi ont été particulièrement appréciées. Alors que Coca-Cola surprenait par de meilleurs résultats que prévu, la banque JPMorgan faisait bonne figure, en dépit d'une division par 2 de son bénéfice net à 2,37 milliards de dollars à cause de la provision passée pour pertes de crédit. Les marchés devraient continuer d'évoluer, encore quelque temps, entre deux eaux CAC 40 Les 5 plus fortes hausses Bouygues + 7,5 % Vallourec + 4,2 % Alstom + 2,9 % EDF + 2,7 % Accor + 2,6 % Les 5 plus fortes baisses L'Oréal - 9,5 % France Télécom - 6,3 % Carrefour - 4,1 % Veolia Environnement - 3,9 % Alcatel-Lucent - 3,6 % A l'orée d'une semaine décisive Le CAC 40 accentue son repli. Ce recul est-il la manifestation saine d'une consolidation d'un marché qui s'apprête à repartir de l'avant, ou annonce-t-il une nouvelle vague baissière ? Pour l'heure, la tendance haussière à court terme, qui a pris appui sur les 4 417 points le 17 mars, n'est pas remise en cause. Ainsi, un franchissement du seuil des 5 000 points, suivi d'un comblement du gap journalier abyssal du 21 janvier, reste d'actualité. Néanmoins, la configuration demeure fragile, comme en témoigne la faiblesse des volumes depuis trois semaines. Un nouvel accès baissier, qui serait catalysé par exemple par de mauvais résultats trimestriels américains, n'est pas à exclure. Dans ce contexte, le seuil majeur des 4 650, voire 4 500 points, se profilerait. L'occasion de repasser à l'achat, avec mesure et sélectivité... Alexandre Tixier (Tadingsat.com) |
Perrine Delfortrie Service Bourse |
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