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| La belle rentabilité de NRJ Group |
| La Vie Financière N°3068 / Vendredi 26 Mars 2004 / Catégorie : Analyse |
Le groupe de radio devrait renouer avec la croissance cette année, et dispose de belles opportunités pour soutenir son développement. |
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Jean-Paul Baudecroux ne s'est pas trompé en lançant la radio NRJ en 1981, au moment de la libéralisation de la bande FM. L'héritier des cosmétiques Rouge Baiser se retrouve à la tête du premier groupe privé français de radio, dont il contrôle toujours 72,6 % du capital et 82 % des droits de vote. NRJ Group est surtout présent dans la radio en France avec quatre réseaux - NRJ, Nostalgie, Chérie FM, Rire et chansons - mais aussi à l'étranger dans huit pays européens sous la bannière NRJ/Energy. Bien que ses recettes dépendent à 95 % de la publicité, le groupe a depuis trois ans solidement résisté au ralentissement économique et a profité du fait que la radio était moins touchée que d'autres médias. Lors du dernier exercice (clos le 30 septembre 2003), son chiffre d'affaires est resté stable, à 299 millions d'euros, comme son résultat d'exploitation, à 103 millions, soit une confortable marge de 34,5 %. Et, par rapport aux capitaux investis, la rentabilité atteint 31,2 %. Un excellent niveau parmi les entreprises cotées. L'activité de NRJ Group devrait être bien mieux orientée cette année. Les analystes de JCF Group prévoient un chiffre d'affaires moyen de 316 millions d'euros pour l'exercice 2003-2004, en progression de 6 %, et une rentabilité opérationnelle en hausse, avec un bénéfice d'exploitation de 111 millions, soit 35,1 % des facturations. Lors de l'exercice suivant, l'amélioration de la marge devrait être bien plus nette encore. L'objectif est fixé à 40 %, au 30 septembre 2005. La direction compte mettre fin aux déficits récurrents de ses activités en Europe du Nord. Le groupe y a perdu l'an passé 10 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires quasi équivalent. « Nous annoncerons nos décisions au plus tard fin avril. Nous étudions toujours plusieurs scénarios - rapprochement, cession ou arrêt -, l'objectif étant de dégager un résultat d'exploitation à l'équilibre sur cette zone à la fin du prochain exercice », explique Jean-Charles Mathey, directeur général de NRJ Group. En outre, NRJ Group bénéficie de multiples opportunités pour un développement soutenu dans les prochaines années. Pour ses réseaux de radio en France, d'abord. La fusion prochaine de certaines catégories administratives de radios générera une hausse significative des recettes publicitaires locales. « Cette loi, qui devrait être applicable à partir de septembre, nous apportera 5 à 6 millions d'euros de chiffre d'affaires en année pleine, sans beaucoup de charges supplémentaires », estime Jean-Charles Mathey. Par ailleurs, NRJ Group espère profiter du vaste chantier de renouvellement des fréquences FM en France à partir de 2006 pour en récupérer. Mais, pour que NRJ Group en profite pleinement, il faudrait que le seuil limite de diffusion - fixé à 150 millions d'auditeurs potentiels - soit relevé, puisque les quatre réseaux du groupe en couvrent déjà 137 millions. « Nous demandons qu'il passe à 180 millions pour tenir compte de la croissance de la population française », explique le directeur général. Enfin, le groupe compte bien conquérir de nouvelles marques, notamment dans l'alimentation-boisson et la toilette-beauté, qui sont de gros annonceurs mais peu présents à la radio. Ces perspectives favorables sont assombries par la fin de l'interdiction pour la grande distribution (30 % des recettes publicitaires de NRJ Group en France) de faire de la publicité sur les chaînes hertziennes dès 2007. SG Securities estime toutefois que l'impact devrait être limité à 5 % de son chiffre d'affaires en France, puisque ce secteur ne pourra diffuser à la télévision que ses campagnes d'image et non celles qui sont axées sur les prix. Les activités de radio à l'international, hors Europe du Nord, recèlent un potentiel de croissance important. C'est le cas de l'Allemagne, où la radio est encore faiblement développée. « D'importantes opportunités d'acquisition pourraient bientôt se présenter dans ce pays », ajoute Jean-Charles Mathey. Enfin, NRJ Group dispose de relais de croissance dans ses activités hors radio. Sa filiale de diffusion, TowerCast (tours-relais sur des points hauts), pourrait notamment connaître un développement soutenu dans les prochaines années. « Nous espérons bien récupérer une partie de la diffusion en FM des programmes de Radio France et de celle de la future télévision numérique terrestre (TNT) », souligne le directeur général. Des contrats qui représenteraient plusieurs dizaines de millions d'euros de chiffre d'affaires par an. Le groupe de radio compte également profiter de la TNT en tant qu'opérateur, puisqu'il a obtenu un canal pour lancer une chaîne gratuite, NRJ TV. La visibilité reste toutefois aujourd'hui faible. Au cours actuel, le titre se traite à 18,5 fois le résultat net estimé pour l'exercice 2004-2005. Ce ratio raisonnable ne tient pas compte de l'effet des restructurations à venir en Europe du Nord. Et offre une décote par rapport à TF1 ou à M6, qui se paient respectivement 20,2 et 19,9 fois le bénéfice net attendu pour 2005. Certes, le flottant du titre (21 %) est faible. Mais ce problème pourrait être résolu par une acquisition d'envergure dans un pays d'où le groupe est absent. « Nous sommes attentifs à toutes les opportunités. Mais, actuellement, les groupes britanniques de radio sont beaucoup trop chers et il n'y a à notre connaissance d'opportunité ni en Espagne ni en Italie », indique Jean-Charles Mathey. Les investisseurs devront donc se montrer patients. Deux gros concurrents en France Avec ses quatre réseaux, NRJ Group dispose de la deuxième part d'audience dans la radio en France (19 %), derrière Radio France (22 %), mais devant RTL Group (RTL, RTL 2 et Fun Radio) (18 %) et Lagardère (Europe 1, Europe 2 et RFM) (15 %). En matière de publicité, les régies des trois groupes privés, qui, pour certaines, travaillent pour des antennes extérieures, se taillent la part du lion (voir graphique) car le service public n'a pas le droit d'en diffuser sur ses antennes. Malheureusement, NRJ Group ne peut être comparé en Bourse avec RTL Group et Lagardère, car la radio ne représente qu'une part limitée de leur activité (respectivement 4 et 2 % du chiffre d'affaires 2003). En Europe, il existe toutefois d'autres groupes radiophoniques cotés. C'est le cas notamment des britanniques Capital Radio et de GWR Group, qui se paient respectivement 23 et 24 fois les bénéfices nets attendus pour 2005. Mais, historiquement, ces valeurs ont toujours été mieux valorisées que NRJ Group. R. PH. Conseil : Les perspectives du groupe sont bonnes et la valorisation encore raisonnable. Compte tenu de la volatilité actuelle, on privilégiera un achat sur repli vers 16 euros |
RODOLPHE PHILIPPON |
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