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La Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France sont-elles des marchés porteurs ?
La Vie Financière N°3129 / Vendredi 27 Mai 2005 / Catégorie : L'entretien

Boursorama vient d'acquérir Comdirect UK, troisième courtier en ligne britannique, et de conclure le rachat de la société de gestion allemande Veritas. Le courtier en ligne français, appuyé par son actionnaire majoritaire, la Société générale, affiche de solides ambitions en Europe. Vincent Taupin, président de Boursorama, détaille pour les lecteurs de La VF la façon dont il voit évoluer ce marché et comment il compte s'inscrire dans ce mouvement. Il revient également sur les chiffres du premier trimestre, dynamisés par un marché du courtage en reprise et par une forte croissance de la commercialisation de produits d'épargne (OPCVM, assurance vie).
 
Vincent Taupin
 

Vous venez de réaliser une nouvelle opération de croissance externe. Est-ce à dire que le marché du courtage en ligne est toujours porteur et que des relais de croissance existent en Europe ?

Nous avons effectivement acquis Comdirect UK, troisième courtier en ligne britannique avec 90 000 comptes ouverts et un produit net bancaire de 16,3 millions d'euros. Nous prévoyons de fusionner cette entité avec notre courtier SelfTrade UK. A l'issue de cette opération, nous deviendrons le numéro deux local du secteur avec une part de marché de 19 % pour les particuliers et 163 000 comptes ouverts. Nous sommes très heureux d'avoir pu mener à bien cette acquisition, le courtage en ligne connaissant actuellement un essor très important en Grande-Bretagne. L'opération devrait être officiellement bouclée en août 2005, après quitus des autorités boursières locales. Elle sera essentiellement financée par des liquidités.

Toujours en Europe, nous venons parallèlement de boucler l'achat de la société de gestion allemande Veritas. Nous en possédons maintenant 100 % et mettons ainsi la main sur 260 000 comptes et 900 millions d'euros d'encours sous gestion. Ces comptes sont surtout constitués essentiellement de produits d'épargne salariale et de retraite. L'opération nous a finalement coûté un peu plus de 15 millions d'euros.

On le voit, Boursorama a mis le turbo en Europe. Nous sommes effectivement assez confiants quant au potentiel du marché de l'épargne en ligne dans cette région et souhaitons croître significativement dans plusieurs pays.

Et la France, comment se positionne-t-elle en Europe ?

La France n'est pas du tout en bout de course, comme certains le pensent. L'année 2004 s'est révélée plutôt satisfaisante en matière de courtage et 2005 commence relativement bien. Au cours des trois premiers mois de l'année, le flux d'ouvertures de comptes est positif à hauteur de 5 600. Le nombre d'ordres exécutés s'établit à 750 000, en progression de 13 % par rapport au quatrième trimestre 2004. Nous ouvrons en moyenne près de 2 000 comptes par mois. Et, surtout, les clients qui viennent maintenant chez nous sont des investisseurs actifs. Nous sommes donc assez satisfaits de ces chiffres. Il est clair, d'ailleurs, que nous ne manquerions pas de saisir de nouvelles opportunités d'achat en France. Il faut toutefois reconnaître qu'il n'y a plus grand-chose à faire.

En avez-vous, de toute façon, les moyens après l'opération Comdirect UK ?

Effectivement, l'acquisition du courtier en ligne britannique va pratiquement assécher nos liquidités, qui s'élevaient à 65 millions d'euros fin mars 2005. Cela ne nous empêche pas de regarder ce qui se présente sur le marché, puisque notre activité génère de la trésorerie et que nous avons une capacité d'emprunt importante.

L'opération Comdirect UK vous permet de grossir dans le courtage en ligne. Cela signifie-t-il que vous privilégiez plus que jamais les actions au détriment de la gestion d'actifs et du patrimoine, deux activités que vous tentez de développer depuis deux ans ?

Nous souhaitons nous développer dans toutes les activités, que ce soit dans les actions, la gestion patrimoniale ou les revenus publicitaires issus du portail. Mais la réalité du marché en a jusqu'à présent décidé autrement. Si des opportunités se présentent dans la gestion patrimoniale, nous sommes bel et bien décidés à les saisir et peut-être changerons-nous la répartition du PNB, aujourd'hui constitué à 64 % des revenus du courtage, à 13 % des produits d'épargne, à 7 % des revenus médias, le solde se répartissant entre les commissions d'inactivité et les revenus d'intérêt.

Vous confirmez donc votre volonté de développer l'activité gestion d'actifs-produits d'épargne sur Internet. Y a-t-il une clientèle pour cela ?

En fait, notre offre OPCVM est héritée de celle que nous avons trouvée chez Self Trade, racheté fin 2002. Nous permettons à nos clients d'avoir accès à de très nombreux fonds, y compris ceux des petites sociétés de gestion actuellement à la mode, à des conditions tarifaires très intéressantes. Depuis le premier trimestre 2005, nous offrons même environ 300 OPCVM sans droits d'entrée, la condition sine qua non pour attirer vraiment la clientèle. Nous faisons la même chose pour les produits d'assurance vie, vendus eux aussi sans droits d'entrée. Cette activité est en nette progression depuis que nous l'avons mise en place. Reste que, avec une telle politique tarifaire, nous misons sur une stratégie de collecte à long terme.

Comment s'est passé le premier trimestre pour Boursorama et comment voyez-vous l'avenir à court et à moyen terme ?

Les particuliers désireux d'investir en Bourse se tournent de plus en plus vers le courtage en ligne. Notre position de leader nous permet de profiter à plein de cette évolution. Au cours des trois premiers mois de 2005, le produit d'exploitation pro forma s'est ainsi inscrit en hausse par rapport au dernier trimestre 2004, à 28,9 millions d'euros contre 27,7 millions. Le résultat net a également gagné du terrain, passant de 2,4 à 4,3 millions d'euros. Ces chiffres, traités selon les normes IFRS, sont toutefois en repli par rapport au premier trimestre 2004, exceptionnellement dynamique après plusieurs années de morosité boursière.

Signe encourageant : les activités de gestion patrimoniale ont enregistré une belle croissance, avec 123 millions d'euros de collecte pour le seul premier trimestre, grâce surtout à la suppression des droits d'entrée, geste que la clientèle apprécie. En parallèle, le rythme des ouvertures de comptes ne faiblit pas. Nous n'aimons pas faire de pronostics compte tenu de la volatilité des marchés sur lesquels nous travaillons, mais nous sommes aujourd'hui en mesure de profiter à plein de la reprise des marchés boursiers, aidés en cela par nos récentes acquisitions. Pour 2005, le groupe prévoit une croissance à deux chiffres de son activité et une amélioration de son coefficient d'exploitation à niveau d'activité comparable à celui qui a été enregistré en 2004.

Pouvez-vous nous préciser quelles sont vos relations avec votre actionnaire principal et comment elles pourraient évoluer ?

La Société générale détient 71 % de notre capital. Nous avons d'excellentes relations avec notre actionnaire. C'est d'ailleurs avec lui que nous avons négocié l'acquisition de Veritas, Société Générale Asset Management détenant jusqu'alors le contrôle de cette entreprise allemande. Que je sache, aucune modification du tour de table n'est envisagée à court terme.


Propos recueillis par PASCALE BESSES-BOUMARD
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GENERALE DE SANTE GENERALE DE SANTE : 7.97€  (+4.00%) 8.32€
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0.00%
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UBISOFT ENTERTAINMENT 38.21€
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