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| Joël Séché : « Nous repositionnons le groupe sur son coeur de métier » |
| La Vie Financière N°3075 / Vendredi 14 Mai 2004 / Catégorie : Actualité |
Le recentrage va permettre à Séché de renouer avec une croissance durable. Explications du président. |
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Vous avez annoncé votre intention de recentrer le groupe sur le stockage et le traitement des déchets en France. Pour quelles raisons ? Quelles activités allez-vous céder ? Le stockage et le traitement des déchets constituent notre coeur de métier historique, dans lequel nos positions sont fortes, notre savoir-faire reconnu. De plus, ce sont des activités disposant de barrières à l'entrée élevées, tant capitalistiques que réglementaires. A l'opposé, dans les activités amont (collecte et tri des déchets) et connexes (purification chimique et régénération), nous ne disposions que de positions modestes, alors que ces métiers sont plus ouverts à de nouveaux entrants. Et nous n'avions pas les moyens de courir plusieurs lièvres à la fois. Quant à l'international, quel que soit le métier, les positions dispersées héritées de Tredi n'en facilitaient pas la gestion et le développement. De fait, nous avons décidé de céder toutes ces activités. En données 2003, le périmètre d'activités dont nous sortons représente 100 millions d'euros de chiffre d'affaires et une perte d'exploitation de 2,7 millions. Plusieurs cessions sont déjà intervenues. Notre objectif est de réaliser les dernières cessions cette année, ce qui devrait nous apporter 50 millions d'euros de capitaux. Votre chiffre d'affaires progresse de 8 % au premier trimestre 2004. Vous avez indiqué attendre une croissance d'au moins 7,5 % sur l'année. Comment les résultats devraient- ils évoluer ? Quelles sont les perspectives à plus long terme ? Il me semble important de souligner que ces 8 % de progression de notre activité au premier trimestre traduisent la pertinence de notre positionnement en France. Ensuite, hors activités cédées, nous espérons effectivement parvenir à un chiffre d'affaires d'au moins 293 millions d'euros en 2004 (périmètre des activités conservées). Sur cette base, notre objectif est de dégager une marge d'exploitation d'au moins 15 % dès cette année. A compter de 2005, nous pensons pouvoir renouer avec une croissance à deux chiffres de notre activité. Je rappelle en effet que l'environnement réglementaire est de plus en plus contraignant, conduisant à la fermeture progressive de nombreuses décharges qui ne répondent plus aux normes environnementales. Ce qui augmente les flux de déchets vers les opérateurs dont les installations sont adaptées, telles celles de Séché. L'augmentation de ses résultats devrait permettre à Séché Environnement de dégager une capacité d'autofinancement d'environ 60 millions d'euros cette année. Quel sera le montant de vos investissements ? A combien serez-vous en mesure de ramener votre dette ? Nos investissements de maintenance, de mise aux normes, qui évoluent sans cesse, et d'augmentation de capacité des sites de stockage, sont de l'ordre de 10 % de notre chiffre d'affaires. Nous investirons donc en 2004 environ 30 millions d'euros. De fait, notre besoin en fonds de roulement étant maîtrisé, notre exploitation nous permettra de réduire notre dette d'environ 30 millions, auxquels il faut ajouter les 50 millions provenant des cessions. Fin 2004, notre endettement net devrait s'établir autour de 130 millions d'euros. Entre 2000 et 2003, le résultat courant par action a été presque divisé par deux. Avec le recul, ne regrettez-vous pas votre rapprochement avec Alcor et Tredi Environnement ? Certainement pas. Nos performances actuelles et nos perspectives valident cette double opération, même si leur intégration n'a pas été de tout repos. Il est raisonnable de penser que nous pourrons dès 2005 retrouver un bénéfice courant par action au moins équivalent à celui de 2000. DÉCRYPTAGE Après deux années de digestion difficile d'Alcor et Tredi et un recentrage sur son coeur de métier, Séché est en passe d'assainir ses finances, avec une dette nette qui reviendra à deux années de capacité d'autofinancement fin 2004. Après une marge d'exploitation qui s'établissait déjà sur le périmètre conservé à 14,2 % en 2003, l'objectif de 15 % livré par Joël Séché apparaît particulièrement conservateur. Eu égard à la structure de coûts du groupe et à la croissance anticipée, nous tablons sur une marge d'au moins 16 %, soit 48 millions d'euros de résultat d'exploitation (+ 33 %). De fait, la valeur d'entreprise représente moins de 11 fois ce chiffre et est inférieure à 8 sur la base de nos estimations pour 2005. Conseil : Nous revenons à l'achat, sur repli à 42 euros. Après la forte hausse enregistrée depuis janvier, la valeur pourrait connaître des prises de bénéfices, d'autant que les marchés boursiers broient du noir |
Propos recueillis par CHRISTOPHE DESCAMPS |
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