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| Grippe aviaire : les secteurs les plus sensibles au virus |
| La Vie Financière N°3168 / Vendredi 24 Février 2006 / Catégorie : Bourse |
L'arrivée de la grippe aviaire en France a déjà suscité une mobilisation des autorités sanitaires et des réactions de consommateurs. Certaines valeurs, notamment agroalimentaires et pharmaceutiques, sont particulièrement concernées. Mais les conséquences financières restent difficiles à évaluer. |
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C'était couru. La France n'a pas échappé à la grippe aviaire, qui compte sa première victime : un canard sauvage retrouvé mort dans l'Ain. Les pouvoirs publics et les autorités sanitaires ont déjà envisagé le pire, à savoir une mutation du virus de la grippe du poulet vers une forme humaine, et une épidémie de grande ampleur. Pour l'instant, ce scénario relève - heureusement - de la science-fiction. Les marchés financiers n'ont d'ailleurs pas bronché. Pourtant, certaines valeurs en particulier ont déjà fortement réagi : à la hausse, comme Bacou-Dalloz, le désormais célèbre fabricant de masques de protection ; ou à la baisse, comme le producteur de volailles LDC. Pour ces PME, l'impact financier peut être considérable. Les groupes pharmaceutiques sont également déjà mobilisés, mais avec des incidences financières et boursières plus limitées, vu leur taille. Il faudrait également ajouter à la liste les laboratoires de santé animale, comme la division d'Akzo Nobel. Quels sont les secteurs qui souffriraient en cas d'adaptation du virus à une transmission interhumaine ? Les analystes d'Exane BNP Paribas se sont posé la question, en associant à leur analyse financière le virologue de Sanofi-Aventis, Jean-François Saluzzo. Ils ont retenu trois scénarios : un développement mondial de l'épizootie, une pandémie humaine maîtrisée et une pandémie étendue du type grippe espagnole. Dans le premier cas, la restauration et le tourisme subiraient un contrecoup direct. « Pour les entreprises de restauration collective (Sodexho, Elior), cela n'est pas sans rappeler la crise de la vache folle en 2000. Durant cette période, leurs marges, en particulier celles d'Elior, avaient baissé, car elles avaient dû intégrer dans leurs menus davantage de poisson, aliment plus cher que la viande », soulignent les auteurs de l'étude. Dans le scénario d'une pandémie maîtrisée, les déplacements seraient beaucoup plus contraints que lors de la crise liée au Sras, indiquent-ils. Tous les secteur rattachés aux transports seraient très affectés : compagnies aériennes, tourisme, hôtellerie, luxe... En cas de pandémie non maîtrisée, les analystes d'Exane font remarquer à juste titre que tous les secteurs économiques seraient concernés. Rien n'accrédite aujourd'hui le scénario du pire. Les investisseurs ont intérêt cependant à évaluer, pour les groupes immédiatement concernés, les conséquences économiques. Les groupes volaillers en première ligne Les pouvoirs publics et les intéressés ont beau répéter qu'il n'existe aucun risque de contamination par le virus H5N1 par voie alimentaire, la consommation ne cesse de décliner. LDC, qui a enregistré une baisse de 10 % de ses ventes dans sa branche volaille en novembre, puis de plus de 5 % en décembre, termine l'exercice 2005-2006 (clos le 28 février) dans d'assez mauvaises conditions. Les dirigeants ont confirmé, cette semaine,que l'impact global de l'épizootie aviaire « serait d'environ 13 millions » sur le résultat de la branche volaille en France (l'essentiel de l'activité). LDC pourrait afficher un résultat d'exploitation global de l'ordre de 60 millions d'euros. Les comptes annuels décevants et le manque de visibilité vont encore peser sur la valeur. Le groupe, qui a déjà montré sa capacité de résistance lors des précédentes crises aviaires et qui dispose d'une trésorerie positive, pourra un peu amortir le choc avec ses activités à l'étranger et dans le métier de traiteur. Du côté des producteurs d'aliments pour animaux, Provimi confirme que « l'impact sera nul en 2005 », en dépit du ralentissement observé à l'automne. Le groupe souligne en outre que les consommateurs ont des réactions très différentes selon les pays, rendant difficiles d'éventuelles projections. Enfin, il existe généralement des transferts de consommation qui permettent de compenser ce type de crise. Provimi pourrait ainsi davantage travailler avec la filière porcine. Les laboratoires pharmaceutiques mobilisés Les producteurs de vaccins et d'antiviraux se sont déjà préparés à la mutation possible du virus H5N1, à l'hypothèse d'une transmission d'homme à homme. Déjà deux médicaments, initialement prescrits pour la grippe hivernale, peuvent être administrés aux personnes en contact avec des gallinacés contaminés, de façon curative ou préventive. Il s'agit du Tamiflu, du laboratoire suisse Roche, et du Relenza, de son concurrent britannique GlaxoSmithKline. Pour l'heure, seules les ventes du premier antiviral ont véritablement décollé, après les multiples commandes de précaution émanant de plusieurs Etats. De 330 millions de francs suisses en 2004, elles ont grimpé à 1,6 milliard en 2005 (4,6 % du chiffre d'affaires du groupe). Et les perspectives s'annoncent prometteuses si l'on en croit les projections des analystes (voir graphique). Quant au chiffre d'affaires du Relenza, encore embryonnaire en 2005 (5 millions de livres), il devrait fortement progresser en 2006. De leur côté, les spécialistes du diagnostic ne sont pas restés non plus inactifs. BioMérieux vient de lancer un test de biologie moléculaire destiné au dépistage de l'influenza H5N1 en quatre-vingt-dix minutes. En l'absence d'épidémie, les conséquences sur les ventes de la firme française restent encore impossibles à évaluer. Les fabricants de vaccins sont aussi sur le pied de guerre. Pour l'heure, les premiers prototypes ont été mis au point par Sanofi Pasteur (Sanofi-Aventis) et par GlaxoSmithKline notamment. Mais la souche virale issue de la mutation du H5N1, n'est pas encore apparue. Une fois qu'elle sera connue, il faudra encore quatre à six mois pour produire le vaccin adéquat. Or, selon les dernières simulations, une pandémie se propagerait rapidement, atteignant un pic au bout de cinquante jours. Les premiers vaccins arriveraient donc trop tard. Du coup, des laboratoires comme GlaxoSmithKline travaillent parallèlement sur un produit de seconde génération couplé à un adjuvant stimulant les réponses immunitaires. Mais un tel vaccin n'arrivera au plus tôt sur le marché européen que fin 2006 - début 2007... Malgré l'effet médiatique psychologique positif sur le cours, aucun des grands laboratoires concernés ne bénéficiera de retombées financières significatives. D'ailleurs, la division vaccins de Sanofi-Aventis ne pèse au total que 7,6 % de son chiffre d'affaires. Bacou-Dalloz bien protégé Le numéro un mondial des équipements de protection individuelle a déjà livré une bonne partie des 48 millions de masques de protection respiratoire au gouvernement français. Ce dernier lui a par ailleurs signé un nouveau contrat de « 80 millions d'euros d'ici à 2008 », soit 10 % environ de son chiffre d'affaires annuel. Ces commandes n'auront pas une très forte répercussion sur les résultats 2006 mais elles contribuent à sortir le groupe de l'ornière après plusieurs années de morosité. Du coup, il devrait plus facilement tenir son objectif d'un retour de la marge opérationnelle à des niveaux historiques autour de 16 %. Dans un premier temps, elle devrait être de 13,4 % en 2005 Conseil : Acheter Sanofi-Aventis, GlaxoSmithKline, Bacou-Dalloz, |
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