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| Gérard Buffière : « La demande frémit dans tous les métiers d'Imerys » |
| La Vie Financière N°3035 / Vendredi 08 Aout 2003 / Catégorie : L'entretien |
Le président d'Imerys table sur une croissance proche de 10 % du résultat net courant pour 2003. |
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Avec un tiers de votre activité réalisé dans la zone dollar, la vigueur de l'euro n'a pas épargné Imerys au premier semestre... Nous avons en effet souffert des replis concomitants du dollar et de la livre sterling, qui ont respectivement reculé de 18,9 % et de 9,3 % face à l'euro par rapport au premier semestre 2002. Ce mouvement baissier a amputé de 137 millions d'euros le chiffre d'affaires réalisé au cours des six premiers mois de l'année (à 1,38 milliard). Dans ces conditions, la quasi-stabilité du résultat d'exploitation, à 183 millions, est une belle performance. D'autant que nous avons également dû supporter une augmentation des coûts énergétiques et affronter des marchés sans reprise. Mais, les deux tiers de notre dette étant libellés en dollar, la dégringolade du billet vert nous a permis de réduire nos frais financiers et, in fine, d'enregistrer une hausse de 10,7 % de notre résultat net courant au premier semestre. Globalement, quel est aujourd'hui l'état de la demande ? Pour chacun de nos métiers, nous observons des frémissements plutôt que de véritables tendances positives. Si le dollar et la livre sterling restent aux niveaux actuels et si les différents marchés auxquels nous nous adressons se maintiennent, nous pensons que la progression de notre résultat courant sera, au second semestre, assez proche de celle enregistrée au cours des six premiers mois de l'année. A fin juin, votre activité pigments pour papier a dégagé une marge d'exploitation de 13 %, contre 5,7 % en 2001. Cette branche recèle-t-elle encore un potentiel d'amélioration ? Nous avons encore, comme dans chacun de nos métiers, des marges de manoeuvre. Mais, après l'important travail accompli, cela peut sembler plus difficile et nous avons conscience que nos performances futures dépendront également de l'évolution du marché du papier. Comment expliquez-vous la baisse de rentabilité de votre branche minéraux de spécialités ? Plusieurs facteurs - repli du dollar, hausse des coûts énergétiques, réajustement d'une unité de production - expliquent cette légère diminution de notre rentabilité (de 10,5 à 10,2 % d'une année à l'autre). Mais nous pensons maintenir ce niveau au second semestre et ne sommes pas inquiets quant aux perspectives d'amélioration à moyen terme de la rentabilité de cette branche. Quel est l'intérêt pour Imerys de conserver son activité matériaux de construction ? Les performances récentes prouvent que nous avons eu raison de ne pas céder aux sirènes qui nous incitent depuis quelques années à vendre cette branche. Depuis 1997, sa rentabilité a en effet été multipliée par trois. Et, malgré un marché en récession, notre résultat d'exploitation a encore progressé de 6 % au premier semestre 2003, pour dégager une marge de 19,6 %. Un niveau qui nous paraît tenable à long terme. Votre capacité d'autofinancement libre s'est nettement réduite au premier semestre. Pourquoi ? Notre faculté à produire du cash n'est en rien entamée. Ce repli est juste imputable à un décalage de paiement d'impôts, ce qui n'est pas récurrent. Grâce à cela et avec un endettement représentant 83 % des fonds propres, vous avez le moyen de réaliser des acquisitions. Quand allez-vous passer à l'acte ? Si, au cours des neuf derniers mois, nous n'avons pas lancé d'opérations de croissance externe, c'est que nous ne souhaitons pas surpayer les cibles que nous pourrions identifier. Aujourd'hui, les multiples d'acquisition proposés ne nous permettraient pas de dégager les 12 à 15 % de rendement des capitaux employés avant impôts, nécessaires à la bonne rémunération de nos propres actionnaires. DÉCRYPTAGE Imerys est bien parti pour enregistrer pour la treizième année consécutive une progression de son résultat net courant. Après une croissance de 15,6 % en 2002, le spécialiste de la valorisation des minéraux industriels pourrait cette année afficher une progression voisine de 10 %. Et ce, en dépit d'une baisse du chiffre d'affaires, liée principalement à la vigueur de l'euro face au dollar et à la livre sterling. Cette capacité de résistance dans un environnement économique dégradé explique le parcours boursier de l'action. Depuis le début de l'année, le titre grimpe de 12 % et gagne 40 % depuis le plus bas de mars. A ce niveau, la valorisation commence à se tendre et le potentiel de hausse s'amenuise. Conseil : Après la récente remontée de l'action, mieux vaut prendre des bénéfices |
Propos recueillis par FRÉDÉRIC CAZENAVE et CHRISTOPHE DESCAMPS |
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