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| Croisiéristes Les actionnaires s'amusent ! |
| La Vie Financière N°2846 / Samedi 25 Décembre 1999 / Catégorie : |
Les paquebots font le plein de passagers et l'année 2000 s'annonce particulièrement bonne. Le secteur devrait connaître de nouveaux mouvements de concentrations. |
VALEURS ÉTRANGERES |
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a bataille navale fait rage. Depuis un mois ,c'est l'armateur norvégien NCL qui est pris en chasse par les géants du secteur. Face à la convoitise de Princess Cruises, filiale du conglomérat britannique P&O, le numéro un mondial du secteur, Carnival, a répliqué en lançant une OPA au prix de 30 couronnes norvégiennes par action, soit une prime de 32 % par rapport au dernier cours coté. Une offre qui valorise NCL à plus de 1,7 milliard de dollars (11 milliards de francs). Pas mal, mais insuffisant aux yeux de la direction norvégienne. P&O n'ayant pas surenchéri, c'est Star Cruises, leader asiatique du secteur, qui finalement a raflé la mise avec une OPA amicale à 35 couronnes. Un prix bien élevé pour cette compagnie, qui, à plusieurs reprises, n'a pas tenu ses prévisions de bénéfices. Avec douze paquebots, le nouvel ensemble NCL-Star Cruises occupera la quatrième place mondiale, talonnant P&O. Mais, surtout, l'acquisition de NCL permettra à Star Cruises d'offrir à sa clientèle asiatique toute une série de lignes sur les Caraïbes, première destination mondiale pour les croisières. Ce n'est pas le premier rapprochement entre croisiéristes. En août dernier déjà, des rumeurs faisaient état d'une prise de contrôle de Princess Cruises par Carnival, pour 7 milliards de livres (73,5 milliards de francs). Un prix jugé ridiculement bas par les analystes. Un an auparavant, Carnival avait déjà absorbé Cunard, un autre armateur britannique. C'est dire si le géant américain, qui contrôle 36 % du marché nord-américain, a de l'appétit. Il a déjà racheté cinq compagnies dans le monde. Le marché de la croisière ne s'est jamais aussi bien porté. Après une phase de baisse des prix liée à la démocratisation de la croisière, les tarifs ont retrouvé de la vigueur grâce au pouvoir d'achat des retraités et au réveillon de l'an 2000. Surtout, le nombre de passagers ne cesse d'augmenter. En 1999, 1,5 million d'Européens et 5,5 millions d'Américains ont fait une croisière. Le marché américain est estimé à 50 millions de clients. Les compagnies enregistrent donc des résultats record. Ainsi, sur son exercice clos le 30 novembre dernier, Carnival a vu son chiffre d'affaires augmenter de 16 % et son bénéfice net de 21 %, à 1,02 milliard de dollars, soit une marge nette de 30 % ! Il table à nouveau sur une progression de 20 % de son résultat net. De son côté, P&O entend se recentrer sur trois activités stratégiques, et en priorité sur la croisière. Le groupe britannique va mener une politique de croissance agressive, avec un doublement du nombre de ses paquebots d'ici à 2004. Ce recentrage est apprécié des analystes qui, tels Morgan Stanley ou SG, tablent sur un objectif de cours de 1 200 pence d'ici un an. Même stratégie pour le numéro deux mondial, Royal Caribbean Cruises, qui a commandé neuf nouvelles unités. Après la publication des résultats du troisième trimestre, supérieurs aux attentes du marché, Merrill Lynch a relevé ses prévisions et table sur une croissance de 26 % des bénéfices l'an prochain. Royal Caribbean est le titre qui a réalisé le plus beau parcours boursier du secteur (en excluant NCL), avec une hausse de 50 % sur un an. Côté valorisation, le leader mondial Carnival bénéficie encore d'une prime par rapport à ses concurrents, en dépit de performances boursières décevantes cette année. La valorisation actuelle de NCL est due uniquement à l'OPA. P&O est le moins cher, mais il ne s'agit pas d'un croisiériste « pur ». De fait, sa rentabilité opérationnelle (6,2 %) est bien moindre que celle des compagnies de croisières (20 % pour Royal Caribbean et 29 % pour Carnival) (Graphique) Royal Caribbean Cruises (notre valeur favorite) : acheter Carnival : acheter, avec un objectif de 53 dollars P&O : acheter, avec un objectif de 1 250 pence NCL : rester à l'écart, beaucoup trop cher |
Pierre-Yves Lepeltier |
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