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Crédit agricole : la fusion s'accélère
La Vie Financière N°3054 / Vendredi 19 Décembre 2003 / Catégorie : Actualité

La Banque verte vient de limoger l'ex-directeur général du Crédit lyonnais et de nommer certains de ses hommes à la tête du nouveau groupe. Une décision peu appréciée en Bourse.
 

Pouvait-il en être autrement ? Les dirigeants du Crédit agricole viennent de rappeler à tous qui est maître à bord. En limogeant sans préambule Dominique Ferrero, l'homme fort du Crédit lyonnais, devenu directeur général délégué de la Banque verte, René Carron, le président de Crédit agricole SA (Casa), vient effectivement de remettre les pendules à l'heure. Le processus de fusion entre, de fait, dans sa phase opérationnelle et les dissensions entre les équipes se sont récemment intensifiées. D'où la reprise en main musclée annoncée en début de semaine. Car le départ de Dominique Ferrero n'est pas isolé. Il s'accompagne d'une série de nominations hautement symboliques : tous les promus sont issus du Crédit agricole. A commencer par Edouard Esparbès, nommé directeur général délégué de Casa, en remplacement de Dominique Ferrero. Jusqu'à présent directeur général du Crédit agricole Ile-de-France, cet homme du sérail (qui était d'ailleurs opposé au rachat du Lyonnais) est également parachuté à la tête du pôle Crédit agricole Indosuez et banque de financement et d'investissement (CAI-BFI), le coeur stratégique du nouveau groupe bancaire. Georges Pauget, lui aussi issu du Crédit agricole, prend la direction du Crédit lyonnais. Enfin, Jean-Frédéric de Leusse, jusqu'à présent directeur général de la fédération nationale de la Banque verte, arrive à la tête de la banque de détail à l'international.

Si René Carron a, semble-t-il, essayé de jouer un moment le jeu de l'égalité de traitement entre les hommes du Crédit agricole et ceux du Crédit lyonnais, la fusion enclenchée entre les deux banques ne fera pas, finalement, la part belle à l'entreprise rachetée, affaiblie d'ailleurs encore récemment par le litige Executive Life.

Cette prise en main a bien évidemment provoqué l'inquiétude des salariés du Crédit lyonnais mais aussi d'une bonne partie de ses responsables, notamment ceux de la banque de financement et d'investissement de la Banque au lion, où le rapprochement avec Crédit agricole Indosuez (CAI) posait déjà de nombreux problèmes. Elle a également inquiété la Bourse, qui redoute maintenant que le programme de synergies - chiffré à l'origine à 790 millions d'euros par les analystes - ne soit sensiblement revu à la baisse. L'essentiel de ces économies (490 millions d'euros en l'occurrence) devait effectivement provenir du rapprochement de CAI et BFI. Détail qui a son importance : Dominique Ferrero, avant son éviction, avait justement placé une bonne partie de ses hommes à la tête de ce pôle de financement et d'investissement. Il est à parier que de nouveaux départs seront annoncés d'ici quelques semaines.

Quelles conséquences financières et boursières peut-on attendre de ce jeu de chaises musicales ? L'annonce du départ de Dominique Ferrero a déjà eu des répercussions immédiates sur le titre Crédit agricole, qui a cédé du terrain en Bourse pendant deux séances de suite, avant de se reprendre légèrement. « Le départ de Dominique Ferrero n'améliore pas la visibilité déjà faible que nous avions sur le rapprochement des deux banques dans les métiers de BFI. Ce premier divorce pourrait d'ailleurs être suivi d'autres départs », souligne Pierre-Alexandre Pechmeze, chez Wargny. Sandrine Blanc, de CIC Securities, n'est pas plus rassurée : « C'est là, en réin-tégrant un homme fort du sérail, un excellent moyen de renforcer le pouvoir des caisses régionales au sein de Casa. Cependant, Edouard Esparbès, s'il est un habitué de la banque de détail, n'est pas un homme de marché. Un point inquiétant lorsque l'on sait que 66 % des synergies doivent venir de ce métier. » Et de préciser que cette décision devrait être de nature à peser sur le titre, cette fin d'année correspondant, en outre, à la mise en place effective d'un programme de fusion forcément perturbant.

Globalement, les spécialistes soulignent un certain manque de visibilité et voient dans les prochains mois une période d'incertitude pour l'entreprise, ne serait-ce qu'en raison de problèmes sociaux en perspective. En clair, la stratégie de la Banque verte est moins lisible aujourd'hui. Indépendamment même du litige avec la justice américaine dans le dossier Executive Life, qui n'aura pas d'incidence financière sur les comptes du nouveau groupe.

Les prévisions de résultats sont d'ailleurs plutôt encourageantes. CIC Securities anticipe un bénéfice net par action de 1,61 euro en 2003 et de 1,84 euro en 2004. Le consensus de Jacques Chahine Finance évoque un BNPA de 1,51 euro au terme de l'exercice en cours et de 1,92 euro pour le prochain. Ces niveaux offrent un ratio de capitalisation (PER) de 12,2 pour l'exercice 2003 et de 9,5 pour le suivant. Soit une valorisation relativement bon marché par rapport à ses deux compétiteurs que sont BNP Paribas et Société générale. Deux concurrents qui ont toutefois, pour l'heure, la préférence des analystes.

La nouvelle équipe dirigeante du Crédit agricole, René Carron en tête, a donc la lourde tâche, maintenant, de redonner confiance à ses salariés, ses cadres, mais aussi au marché


790 MEuro(s)

C'est le montant des synergies de croissance et des réductions de coûts programmées dans le cadre de la fusion Casa-Lyonnais, dont 490 millions devaient provenir des activités de marché, d'investissement et de financement (branche CAI-BFI).

BNP Paribas dans le capital d'Exane

Le krach est passé par là : le dernier poids lourd indépendant de l'intermédiation boursière, Exane, vient de s'associer à BNP Paribas. Sur le papier, cet accord permet à la société de Bourse de conserver son indépendance, BNP Paribas entrant à 50 % dans son holding de contrôle (qui détient 75 % d'Exane). Dans les faits, il n'est pas sûr que l'on en reste là.

Pour l'heure, la prise de participation de la banque présidée par Michel Pébereau est assortie de l'apport de ses activités de courtage actions à celles d'Exane dans le but de créer un acteur européen majeur. Concrètement, les départements d'analyse et de courtage sur actions des deux établissements seront regroupés au sein de l'entité commerciale Exane BNP Paribas. La société de Bourse, créée en 1990 et dirigée par Nicolas Chanut, fait partie du top 10 des courtiers français. Après avoir surfé sur la vague techno, l'entreprise d'investissement a réduit la voilure ses derniers mois. En 2002, elle a réalisé un résultat net de 23 millions d'euros pour un produit net bancaire (équivalent du chiffre d'affaires pour les établissements financiers) de 194 millions d'euros.

BNP Paribas réalise par ce rapprochement une réelle percée dans l'intermédiation boursière. Qui plus est à un moment opportun, puisque cette activité est en bas de cycle. Et susceptible de se redresser à court et moyen terme, forte des équipes d'analystes d'Exane, en pole position dans les classements professionnels - P. B.-B.


Conseil : Conserver Crédit agricole. En dépit d'une visibilité plus faible sur les synergies que la banque pourra tirer de sa fusion avec le Crédit lyonnais, l'action n'est pas chère. Mais, dans le secteur bancaire, nous préférons BNP Paribas et Société générale. Aujourd'hui, ces deux établissements nous semblent mieux à même de tirer profit d'un redressement des activités de marché.
PASCALE BESSES-BOUMARD
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GEMALTO GEMALTO : 26.90€  (+11.94%) 27.75€
+11.94%
ERAMET ERAMET : 347.94€  (+7.25%) 365.2€
+7.25%
SCHLUMBERGER SCHLUMBERGER : 64.02€  (+5.04%) 66.67€
+5.04%
NRJ GROUP NRJ GROUP : 7.28€  (+4.51%) 7.65€
+4.51%
TECHNIP TECHNIP : 52.52€  (+3.69%) 54.85€
+3.69%
ZODIAC 32.2€
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NYSE EURONEXT 25.71€
-5.13%
SOITEC 4.29€
-4.24%
AIR FRANCE-KLM 15.61€
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SANOFI-AVENTIS 46.75€
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