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Course effrénée
La Vie Financière N°3237 / Vendredi 22 Juin 2007 / Catégorie : Stratégie

Les indices ont continué de grimper grâce au rebond des pétrolières. Depuis début janvier, le CAC 40 a gagné presque 10 %. Le marché obligataire montre des signes de faiblesse.
 

Le grand méchant loup de l'inflation va-t-il revenir effrayer les investisseurs ? Pour l'instant, tout le monde semble avoir oublié la bête noire des marchés boursier et obligataire. Ainsi, la publication des dernières statistiques américaines a suscité l'enthousiasme parce que celles-ci semblaient témoigner d'une hausse des prix modérée. De bonnes nouvelles qui ont fait bondir les indices jeudi et vendredi. Le CAC 40, qui a grimpé de près de 3 % en deux séances, a gagné presque 10 % depuis le début de l'année.

Pourtant, la menace inflationniste pénalisante pour les marchés devient de plus en plus forte, alors que le pétrole flambe à nouveau. Le prix du baril a dépassé 70 dollars à Londres, à cause notamment de problèmes de production au Nigeria. Certes, les valeurs pétrolières en profitent, à l'instar de Total, qui a gagné 5,9 % en cinq séances, de CGG Veritas (+ 7 %) ou de Technip (+ 5,3 %). Mais, globalement, le renchérissement de l'énergie ne constitue pas une bonne nouvelle pour les marchés financiers. Surtout que les cours des matières premières, tirés par la consommation chinoise, restent élevés.

« On assiste à une inflation généralisée sur les matières premières, ce qui se répercute sur l'inflation et inquiète les banques centrales et les marchés obligataires », explique Jacques Chahine, stratège de FactSet. En effet, l'espoir de voir la Réserve fédérale américaine baisser ses taux directeurs en 2007 s'amenuise au fil des jours. Certains experts redoutent même un resserrement monétaire. Quant aux taux d'intérêt à long terme - qui déterminent indirectement la valorisation des actions -, ils se sont fortement tendus depuis le printemps : le rendement des obligations d'Etat américaines à dix ans dépasse maintenant 5 %.

dérapage des prix

En Europe aussi, le loyer de l'argent augmente. La Banque centrale européenne ne risque pas de baisser la garde, alors que la croissance plus forte que prévu sur le Vieux Continent intensifie les risques de dérapage des prix. Sans surprise, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a porté début juin le taux directeur à 4 %, son plus haut niveau depuis six ans. D'ici à la fin de l'année, il pourrait le relever encore deux fois, jusqu'à 4,5 % selon les experts. De son côté, le rendement des obligations d'Etat atteint 4,65 % pour l'OAT à dix ans, ce qui fragilise le marché obligataire.

Seule la Banque du Japon continue de faire bande à part au sein des pays industrialisés. Elle a décidé de laisser son taux directeur à 0,5 %, malgré une croissance économique robuste, alimentant le fameux yen carry trade. Victime de sa faible rémunération, le yen a ainsi atteint son plus bas niveau depuis quatre ans face au dollar.

Au total, les boursiers doivent se le tenir pour dit : l'environnement monétaire mondial devient moins favorable aux actions, ce qui peut se traduire par des accès de nervosité sur les marchés à la publication de la moindre statistique susceptible d'entraîner un nouveau tour de vis monétaire. « Les secousses récentes du marché étaient dues à des craintes de hausses de taux », rappelle Jacques Chahine.

Reste un point essentiel : la hausse du loyer de l'argent reflète un environnement économique très favorable. Le PIB mondial devrait croître d'au moins 5 % en 2007, une progression spectaculaire après trois années fastes. « Les banquiers centraux ont des politiques plus restrictives pour accompagner une croissance mondiale plus robuste qu'on ne le pensait », explique Jean-Pierre Hellebuyck. Le vice-président d'Axa Investment Managers reste confiant dans l'évolution de la Bourse au cours des prochains mois. Il souligne les nombreux facteurs de soutien : afflux des capitaux, progression des profits des entreprises et valorisation modérée des actions.

Le PER des marchés d'actions mondiaux s'est stabilisé autour de 16 fois les bénéfices depuis 2004. Autrement dit, les cours ont monté, mais les bénéfices ont tout autant augmenté, ce qui a permis une quasi-stabilité des multiples de capitalisation. Les places européennes, malgré la forte hausse des dernières années, restent meilleur marché : le multiple du DJ Stoxx 600 ne dépasse pas 14, ce qui donne un avantage aux places du Vieux Continent par rapport à Wall Street.

Last but not least, les OPA continuent de doper les cours et, là encore, l'Europe apparaît bien placée. Le montant des fusions-acquisitions en Europe de l'Ouest atteint en moins d'un semestre celui de l'année 2005 et devrait dépasser sans peine le record de 2006. Les annonces se succèdent au fil des séances, de l'OPA d'Areva sur le producteur d'uranium canadien UraMin à celle d'Akzo Nobel sur le chimiste ICI, en passant par celle de Philips sur l'américain Color Kinetics. Les concurrents en profitent : ainsi, l'offre d'Akzo Nobel a permis au titre Arkema d'avancer de 3 % en cinq séances.

Les cours bénéficient toujours de la pression des fonds d'investissement. Ainsi Delta, un fonds du Qatar spécialisé dans l'immobilier, vient de porter à 25 % sa part dans le capital du distributeur britannique Sainsbury, provoquant une hausse du titre de 4 % en une séance. De quoi relancer le débat sur la valeur du patrimoine immobilier d'un autre distributeur, Carrefour, qui subit aussi la pression de deux nouveaux actionnaires. Ces investisseurs exigeants et souvent remuants poussent à la valorisation des actifs et entretiennent la hausse des cours


CAC 40

+

Les 6 plus fortes hausses

Renault + 7,7 %

Michelin + 7,5 %

Alstom + 7,5 %

Air liquide + 7,5 %

Axa + 7 %

Lafarge + 7 %

-

Les 4 baisses

Sanofi-Aventis - 8,3 %

Veolia Environnement - 3,5 %

Carrefour - 0,5 %

France Télécom - 0,1 %

Reprise de la hausse au-dessus de 6 170 points

Le franchissement de la résistance des 6 170 points, correspondant au plus haut de la séance du 1er juin, va constituer la condition sine qua non pour que l'indice de référence retrouve l'orientation haussière à moyen terme amorcée en juillet 2006 (canal R3-S3, entre 6 390 et 6 115 points). L'accroissement des volumes de transactions, très supérieurs ces dernières séances à la moyenne quotidienne de 5,59 milliards d'euros, devrait contribuer à cette progression. A la hausse, l'objectif théorique correspond à la résistance R3. A l'inverse, un retour au-dessous du gap de 19,94 points, ouvert le 14 juin à 5 951 points, entraînerait l'indice à proximité de la moyenne mobile à cent jours (5 792 points actuellement). La confluence des droites de résistance R2 (6 103 points) et de support S3 (6 115 points) rend malaisée une anticipation précise de l'évolution du marché. Les doutes devraient être levés dans les prochaines séances

J.-M. G.

Catherine Bozon Rédactrice en chef adjointe
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 2.12€  (+42.81%) 3€
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SECHE ENVIRONNEM. SECHE ENVIRONNEM. : 45.58€  (+4.70%) 47.31€
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NATIXIS 1.35€
-6.57%
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ZODIAC 28.5€
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