Archives

Coup de froid sur les marchés
La Vie Financière N°3238 / Vendredi 29 Juin 2007 / Catégorie : Stratégie

L'indice CAC 40 concède 2,5 % sur la semaine, dans la bonne moyenne des grandes places financières. La situation de l'économie américaine, des taux et des monnaies comporte de nombreuses incertitudes.
 

Cinq séances de baisse d'affilée. C'est une réplique de la mauvaise série du 4 au 8 juin qui a précipité le CAC 40 à 5 883 points. Cette fois, l'indicateur parisien concède 2,5 % sur la semaine, trouvant un équilibre précaire au-dessus du seuil de 5 900 points, un niveau qui lui assure un gain d'un peu plus de 7 % depuis le début de l'année. La météo boursière n'est guère plus favorable pour les autres grandes capitales. A Francfort, même série de baisses, avec un recul des cours plus accentué, de près de 3,6 %. A Wall Street, l'indice S&P 500 a encaissé successivement trois séances dans le rouge et concédé 2,7 % en l'espace d'une semaine.

environnement incertain

Les investisseurs qui pensaient être tirés d'affaire après l'absence de consolidation en mai, un mois statistiquement défavorable, et celle avortée de début juin, quand le CAC 40 a cédé jusqu'à 5 883,29 en séance, commencent à faire la moue. Chez Lazard Frères Gestion, le bulletin mensuel suit la même tendance. Daté du 7 juin (indice à 5 890 points, taux d'intérêt à dix ans à 4,54 %), il recommande toujours de se montrer « très prudent sur les actions en diminuant progressivement l'exposition. Les taux européens sont maintenant à leur plus-haut depuis août 2004 alors même que l'environnement macroéconomique est incertain, ce qui nous amène à "surpondérer" les obligations européennes ». Une analyse que nous partageons pour les actions. Le point de vue de Lazard Frères Gestion ne manque pas d'originalité, évoquant un environnement macroéconomique incertain alors que, partout, il est sans cesse question de croissance économique très soutenue dans les pays émergents, dont la Chine et l'Inde, de rebond en Europe et de faiblesse passagère aux Etats-Unis, une reprise étant espérée dès l'année prochaine. De nombreux économistes et observateurs estiment que la planète serait à l'aube d'un âge d'or. Pour les boursiers avertis qui ont l'expérience des périodes euphoriques suivies de krachs retentissants, l'évocation d'un âge d'or, d'une fin de cycle économique ou d'une nouvelle économie fait apparaître non pas une opportunité historique à saisir, comme pourrait le croire le profane, mais plutôt un mauvais présage. François Chevallier, qui redoute depuis des mois un danger de correction, n'en démord pas : « Le risque de consolidation perdure du fait du rebond économique, source d'incertitude monétaire. La désinflation persistante calme le jeu. »

Mais la prévision est un art difficile, l'exercice étant plus hasardeux quand il s'applique à l'économie qu'à une société. Dans le cas d'EDF, force est de constater le flop des analystes financiers. En novembre 2005, le prix d'introduction en Bourse, 32 euros, avait été jugé très cher à une très large majorité. Or l'action de l'entreprise publique se négocie actuellement plus de 78 euros, si bien qu'EDF vient de ravir à Total le rang de première capitalisation boursière française avec un poids de 145 milliards d'euros, contre 137 pour le groupe pétrolier. Mais le symbole boursier de l'année 2007 et de la période des liquidités abondantes et bon marché, donnant lieu à des rachats d'entreprise à crédit, est incarné par le fonds d'investissement américain Blackstone, qui a fait ses premiers pas en Bourse vendredi dernier. La souscription qui a permis la levée de 4,1 milliards a été couverte 7 fois et, signe du temps, la République populaire de Chine est le premier actionnaire minoritaire, avec une participation de 10 % payée 3 milliards de dollars. Après un bond de 13,1 %, à 35,06 dollars, vendredi, le titre est passé mercredi au-dessous du seuil de 30 dollars, alors que le prix de souscription était de 31 dollars.

risques de ralentissement

Mais de quoi peuvent bien douter les marchés ? En premier lieu des risques de ralentissement de l'économie américaine, dont la croissance du PIB est tombée à 1,3 % au premier trimestre 2007. Après avoir minimisé l'ampleur de la crise de l'immobilier résidentiel (chute des prix, défaillance dans les remboursements des crédits), les opérateurs sont à nouveau sur leurs gardes. Il y a peu de risque que la Fed modifie ses taux à l'issue de sa réunion de mercredi et jeudi. Mercredi, les statistiques des commandes de biens durables se sont révélées décevantes. Une statistique défavorable faisant suite aux ventes de logements neufs qui ont reculé de 1,6 % en mai, à un rythme plus élevé qu'attendu. Et la confiance des ménages estimée par le Conference Board s'est dégradée une nouvelle fois en juin, à 103,9 (contre 108 en mai).

Des fonds spéculatifs qui ont investi dans les crédits à risque seraient en difficulté, en particulier deux d'entre eux de la banque d'affaires Bear Stearns. On comprend mieux dès lors la tension qui règne sur les marchés obligataires, qui ont atteint des pics à la mi-juin, 5,3 % aux Etats-Unis pour les échéances à dix ans et 4,7 % pour les équivalents européens- même si l'on constate une légère détente : les taux sont revenus à 5,05 % aux Etats-Unis et à 4,6 % en Europe. Le sidérurgiste ArcelorMittal a reporté une émission obligataire en deux tranches de 750 millions, préférant attendre des conditions de marché plus stables


CAC 40

+

Les 5 plus fortes hausses

EDF + 7,2 %

Gaz de France + 2,9 %

Suez + 1,4 %

Groupe Danone + 0,8 %

Pernod Ricard + 0,5 %

-

Les 5 plus fortes baisses

ArcelorMittal - 7,6 %

Bouygues - 5,8 %

Schneider Electric - 5,7 %

Axa - 4,8 %

BNP Paribas - 4,7 %

En direction de la moyenne mobile à cent jours

Les investisseurs ont finalement opté pour la prudence : les prises de bénéfices se sont multipliées durant la semaine écoulée, entraînant l'indice CAC 40 au-dessous du gap de 19,94 points ouvert le 14 juin, à 5 951 points. Théoriquement, le chemin est tracé pour un nouveau repli de l'indice vers sa moyenne mobile à cent jours, située actuellement à 5 812 points. Les volumes de transactions se sont stabilisés et s'approchent désormais de la moyenne quotidienne de 5,7 milliards d'euros. Un prochain assagissement du marché est attendu, d'autant que les indicateurs techniques, pas encore en voie de retournement, font preuve d'une certaine modération : le RSI à quatorze jours, à 44 %, se dirige vers son point bas du 8 juin, à 38 % (5 883 points sur l'indice), tandis que le momentum à quatorze jours s'apprête à retourner en territoire positif. Seule une rupture de la barre psychologique des 5 800 points encouragerait de larges allégements de positions

J.-M. G.

jean-Jacques Avédissian Rédacteur en chef
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés.
 

RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 2.12€  (+42.81%) 3€
+42.81%
GEMALTO GEMALTO : 16.60€  (+7.08%) 17.69€
+7.08%
ALLIANZ SE ALLIANZ SE : 67.51€  (+6.46%) 71.21€
+6.46%
BOURBON BOURBON : 22.17€  (+5.05%) 23€
+5.05%
SECHE ENVIRONNEM. SECHE ENVIRONNEM. : 45.58€  (+4.70%) 47.31€
+4.70%
NATIXIS 1.35€
-6.57%
HERMES INTERNATIONAL 94.5€
-4.43%
ZODIAC 28.5€
-3.86%
NYSE EURONEXT 19.32€
-3.83%
ALSTOM 40.56€
-3.60%

ECONOMIE

  • Aucun événement prévu aujourd'hui

SOCIETES

  • Aucun événement prévu aujourd'hui