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Coup de froid sur les marchés
La Vie Financière N°3234 / Vendredi 01 Juin 2007 / Catégorie : Stratégie

Les investisseurs ont pris des bénéfices cette semaine. La baisse de la Bourse de Shanghai et les interrogations sur la croissance américaine les ont incités à la prudence.
 

Comment se porte l'Oncle Sam ? La question, qui semble relever du rituel d'une réunion familiale, intéresse toujours autant les investisseurs. Car la santé de l'économie américaine continue de déterminer l'humeur de Wall Street et, partant, l'évolution des principales places boursières. L'Oncle Sam ne se porte pas trop mal, à vrai dire, après son accès de faiblesse de l'hiver dernier. Les dernières statistiques publiées outre-Atlantique en témoignent : les ventes de maisons individuelles ont étonnamment augmenté en avril, laissant penser que le marché immobilier se porte moins mal qu'on ne le craignait au début de l'année. L'économie américaine semble avoir atteint un point bas au premier trimestre et va mieux depuis, malgré des chiffres de créations d'emplois un peu décevants. Mais cette amélioration de la conjoncture mérite d'être confirmée.

Autre sujet d'inquiétude, et non des moindres, dans le bulletin de santé de la Bourse : la fièvre chinoise. L'indice SCI 300 de la Bourse de Shanghai a gagné 90 % depuis le début de l'année, ce qui inquiète de nombreux observateurs. Alan Greenspan, ancien patron de la Réserve fédérale, a récemment fait part de ses craintes d'un krach dans l'empire du Milieu. L'OCDE a fait de même. Pour calmer le jeu, les autorités chinoises ont décidé de tripler les taxes sur les transactions boursières. Cette annonce a provoqué mardi une baisse de 6,8 % de l'indice SCI 300. Les places asiatiques ont suivi le mouvement. Les indices européens, eux aussi, ont été affectés. Le CAC a reculé de plus de 1 % mercredi matin, pour finir de peu dans le rouge. On voit d'où peut venir le mauvais temps... « La bulle boursière en Chine et l'incertitude quant à la solvabilité de la demande aux Etats-Unis constituent autant de prétextes à la correction des marchés », résume François Chevallier, de VIP Finance.

hausse du loyer de l'argent

Outre ces soucis chinois et américains, les investisseurs ont une autre préoccupation : la hausse des taux d'intérêt en Europe et au Japon. La BCE devrait porter ses taux directeurs de 3,75 à 4 % lors de sa réunion du 6 juin. En France, le rendement de l'obligation assimilable du Trésor (OAT) à dix ans est passé de 4 % en début d'année à plus de 4,4 % fin mai. Le renchérissement du loyer de l'argent doit provoquer, en principe, à primes de risque égales, une baisse du ratio cours sur bénéfices (PER), donc une baisse des cours. Pour contrer cet effet négatif, il faudrait que les bénéfices augmentent beaucoup plus que prévu. Or, même si les comptes du premier trimestre ont été de bonne facture en Europe comme aux Etats-Unis, on ne peut pas espérer un relèvement spectaculaire des estimations, sachant que l'amélioration des profits escomptée en 2007 (+ 6,4 % selon FacSet Group) semble déjà prise en compte par le marché, après une hausse de 9 % de l'indice CAC 40 en cinq mois...

La raison plaide donc pour une pause dans l'ascension des indices. Mais le marché a ses raisons que la raison ne connaît pas. Il ne semble pas vouloir vraiment baisser. Il faut dire qu'il reste soutenu par de multiples opérations de rachat et de nombreuses rumeurs. Le titre Carrefour a été de nouveau entouré, les investisseurs pariant sur un renforcement de Colony et de Bernard Arnault dans le capital. Technip a lui aussi été recherché, après de nouvelles rumeurs de rachat par ENI ou Saipem commentées par la presse italienne. Quant à EDF, Suez et GDF, ils font l'objet de nombreuses interrogations entretenues par les cabinets ministériels.

Si certaines hypothèses de rachat paraissent fantaisistes, beaucoup ne manquent pas de fondement. Le distributeur Bricorama faisait l'objet depuis quelque temps de rumeurs d'OPA par un concurrent. Jeudi dernier, l'actionnaire majoritaire, M. Bourrelier, a lancé une offre publique sur les actions détenues par le public. Au même moment, le fonds d'investissement Modamax, actionnaire majoritaire de Camaïeu, a fait de même. L'investisseur peut donc difficilement ignorer les bruits de marché, sauf à prendre le risque de laisser passer une bonne affaire. Ainsi, il paraît difficile d'écarter totalement le scénario d'un rapprochement de Société générale avec un acteur du secteur, même si le candidat idéal, Unicredit, est occupé dans l'immédiat par sa fusion avec Capitalia.

Mais on voit bien que les valorisations élevées des groupes cotés commencent à gêner certains acquéreurs. Dans l'énergie, Areva a dû renoncer au rachat de l'allemand REpower à cause d'un prix jugé exorbitant. Le fabricant d'éoliennes a vu sa valeur multipliée par 3 en un an, soit une capitalisation de 1,1 milliard d'euros. Un investissement difficile à rentabiliser. Le même problème se pose dans le secteur minier, où des géants s'affrontent au cours de batailles titanesques. Le producteur d'aluminium Alcan, qui avait racheté autrefois Pechiney, fait l'objet d'une OPA hostile de 27 milliards de dollars lancée par son grand rival Alcoa. Alcan ayant repoussé l'offre, le marché attend un chevalier blanc, tout en pariant sur un rachat d'Alcoa par un autre groupe minier. Ces opérations peuvent-elles créer de la valeur pour l'actionnaire ? Non, répondent les analystes de Société générale, qui ont étudié les différentes affaires en cours dans le secteur minier. Voilà un indicateur à surveiller de près : si le prix des sociétés cotées devenait trop élevé pour rentabiliser les rachats, le moteur des OPA pourrait se gripper. Et la hausse de la Bourse aussi


CAC 40

+

Les 5 plus fortes hausses

Michelin + 4,5 %

Pernod Ricard + 2,6 %

PPR + 2,4 %

EDF + 1,4 %

Lagardère + 0,9 %

-

Les 5 plus fortes baisses

Dexia - 4,7 %

Vinci - 3 %

Lafarge - 3 %

STMicroelectronics - 2,9 %

EADS - 2,9 %

Essoufflement de la tendance

Depuis le plus-haut de séance atteint le 23 mai, à 6 121,87 points, l'indice CAC 40 semble marquer le pas. Il reste cependant confiné à l'intérieur du canal haussier de court terme R4-S4, entre 6 139 et 5 988 points. Une rupture de la droite de support S4 enverrait pourtant un signal d'allégement des positions : les niveaux de repli se situeraient alors à 5 950, puis à 5 770 points. La nette décroissance des volumes de transactions depuis le 20 avril (11 milliards d'euros échangés lors de cette séance, CAC à 5 940 points en clôture) est le prélude, selon les théories de Dow, à un affaiblissement de la tendance haussière du marché. Le graphique en chandeliers japonais dresse le même constat : la structure d'avalement baissier (séances des 28 et 29 mai), si elle était confirmée, inciterait les investisseurs à réduire, du moins en partie, les lignes de leur portefeuille J.-M. G.

Catherine Bozon Rédactrice en chef adjointe
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 2.12€  (+42.81%) 3€
+42.81%
GEMALTO GEMALTO : 16.60€  (+7.08%) 17.69€
+7.08%
ALLIANZ SE ALLIANZ SE : 67.51€  (+6.46%) 71.21€
+6.46%
BOURBON BOURBON : 22.17€  (+5.05%) 23€
+5.05%
SECHE ENVIRONNEM. SECHE ENVIRONNEM. : 45.58€  (+4.70%) 47.31€
+4.70%
NATIXIS 1.35€
-6.57%
HERMES INTERNATIONAL 94.5€
-4.43%
ZODIAC 28.5€
-3.86%
NYSE EURONEXT 19.32€
-3.83%
ALSTOM 40.56€
-3.60%

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