Archives

Coup de froid sur les marchés
La Vie Financière N°3163 / Vendredi 20 Janvier 2006 / Catégorie : Stratégie

Les places boursières marquent une pause, en Europe et aux Etats-Unis, à cause de la hausse du prix du pétrole et de résultats trimestriels décevants.
 

Qui veut voyager loin ménage sa monture ! Oubliant la leçon, les investisseurs ont cavalé à bride abattue, depuis fin octobre, de sommet en sommet. Et au premier obstacle, ils ont été désarçonnés... Les chiffres trimestriels décevants publiés cette semaine en Europe et aux Etats-Unis, accompagnés d'une forte hausse du prix du pétrole, ont fait reculer le CAC 40 de 2,4 % en cinq séances.

Les valeurs de télécommunications ont été particulièrement malmenées. France Télécom a chuté de 11 % sur la semaine, après avoir annoncé une croissance moins élevée que prévu de son chiffre d'affaires en 2005 et 2006. Les analystes ont jugé que les bénéfices de l'opérateur et de beaucoup de ses concurrents étaient menacés par l'évolution technologique et la pression de la concurrence.

Les équipementiers de télécoms n'ont guère été mieux lotis : l'américain Lucent a prévenu que les facturations de l'exercice 2005-2006 ne seraient pas aussi bonnes que prévu, ce qui a fait déraper les valeurs européennes du secteur. Alcatel a cédé 5,5 %. Egalement mal en point, les semi-conducteurs ont pâti des résultats trimestriels d'Intel. STMicroelectronics a perdu 5,7 %. Si l'on ajoute que les comptes de Yahoo! ont été mal accueillis, on comprend alors que les valeurs technologiques ont connu une semaine éprouvante.

Dans les secteurs traditionnels, les nouvelles n'ont pas été toujours réconfortantes. Le récent rebond de Carrefour n'a pas résisté à la publication des chiffres des trois derniers mois de l'année : les hypermarchés ont vu leurs ventes baisser, au grand dam des analystes qui commençaient à croire au nouveau dynamisme commercial de l'enseigne. Le titre a reculé de 6,2 % en cinq séances. De son côté, SEB a alarmé ses actionnaires en indiquant que l'« environnement concurrentiel » avait pesé sur ses marges en 2005. L'action a cédé 6,5 %. Quant à la Générale de santé (- 6,5 %), spécialiste de l'hospitalisation privée, elle n'a pas enrayé sa baisse de la semaine dernière, à la suite des rumeurs relatives aux modalités de remboursement de ses soins. Enfin, parmi les petites capitalisations, il faut noter l'effondrement de Rue du Commerce (- 28 %) et d'Ilog (- 19 %), après des prévisions de résultats très en deçà des attentes.

Quelques valeurs ont été épargnées par la tempête, notamment Géophysique (+ 6 %) et Technip (+ 3,7 %). Le secteur a profité, en effet, de la flambée du prix du pétrole, qui a atteint un plus haut depuis trois mois, à 64,50 dollars le baril de brent à Londres. Hausse imputable aux tensions dans deux pays exportateurs : le Nigeria et l'Iran. A quelque chose malheur est bon : EDF, par définition peu sensible au renchérissement du prix de l'or noir, s'est apprécié de 5,6 %, à près de 36 euros.

Parmi les rares gagnants de la semaine figure également Elior, qui a tenu la vedette avec un bond de 14 % jeudi dernier. Robert Zolade, président et actionnaire du groupe, a déclaré envisager une évolution du capital, qui pourrait entraîner une OPA. Les analystes parient sur une opération qui permettrait à Elior de racheter, avec un partenaire financier, les actifs de SSP, mis en vente par le britannique Compass. Il faut noter, en revanche, que les projets d'acquisition n'ont pas profité à Arcelor (- 5,8 %). Les investisseurs commencent à s'inquiéter de la prodigalité du sidérurgiste, qui a tenté une nouvelle surenchère pour racheter le canadien Dofasco. Quant au feuilleton Euronext, il a connu un rebondissement cette semaine : le fonds américain Atticus, qui détient 9,1 % du capital de la Bourse paneuropéenne, a déclaré souhaiter une fusion amicale avec la Deutsche Börse, dont il est également actionnaire. Mais les dirigeants des deux groupes concernés montrent peu d'empressement... En attendant, Euronext a gagné plus de 2 %.

Faut-il craindre, au cours des semaines à venir, autant de turbulences sur les marchés ? On peut s'attendre à quelques nouvelles secousses venues des Etats-Unis, où les publications de résultats vont se poursuivre. Malgré les déceptions de ces derniers jours, Frédéric de Mérode, stratège senior à Fidelity, souligne que 10 % seulement des entreprises du Standard & Poor's ont publié leurs comptes et que les bonnes surprises l'emportent sur les mauvaises (voir page 8). La progression des bénéfices reste étonnamment solide, dans un environnement toujours favorable. L'activité industrielle, en particulier, demeure bien orientée, comme en témoigne la forte hausse de commandes de biens durables en 2005.

Les pronostics des experts sont plus réservés, en revanche, en ce qui concerne la consommation, qui représente 70 % du PIB américain : l'offre de crédit devient moins abondante et les refinancements sur le marché de l'immobilier plus difficiles, ce qui va peser sur les dépenses des ménages. « Le resserrement monétaire fera son effet sur l'économie américaine », reconnaissent les économistes d'Oddo. Mais il faudrait un choc beaucoup plus violent pour « enrayer la formidable croissance américaine », soulignent-ils. Confiants dans la solidité de l'économie mondiale, les analystes d'Oddo prévoient une nouvelle progression des bénéfices des sociétés européennes en 2006 et une forte hausse du Dow Jones Stoxx, comprise entre 15 et 20 %


CAC 40

Les 5 plus fortes hausses

EDF + 5,6 %

Pernod Ricard + 3 %

Suez + 2,5 %

Essilor International + 1,9 %

Accor + 1,5 %

Les 5 plus fortes baisses

France Télécom - 11 %

Carrefour - 6,2 %

Arcelor - 5,8 %

STMicroelectronics - 5,7 %

Alcatel - 5,5 %

Un sentiment de fragilité

Il y a deux semaines, après le franchissement à la hausse de la droite de résistance R2 (4 835 points aujourd'hui), nous estimions que le CAC 40 allait se diriger vers R1 (5 000 points actuellement). Nous attirions l'attention sur la fragilité de ce mouvement. Il semblerait, à la lumière de la configuration en chandelier dessinée les 11 et 12 janvier, qu'une structure baissière en « sommet en pince » (niveau de hauts testé deux jours d'affilée) ait été validée. Les différents gaps créés (14,8 points le 17 janvier et 26 points le 18 janvier) rendent délicat un retour rapide vers les 4 900 points. Un retour sur les 4 650-4 700 points reste possible, en première approche J.-M. G.

Catherine Bozon
Copyright © La Vie Financière. Tous droits réservés.
 

RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 2.12€  (+42.81%) 3€
+42.81%
GEMALTO GEMALTO : 16.60€  (+7.08%) 17.69€
+7.08%
ALLIANZ SE ALLIANZ SE : 67.51€  (+6.46%) 71.21€
+6.46%
BOURBON BOURBON : 22.17€  (+5.05%) 23€
+5.05%
SECHE ENVIRONNEM. SECHE ENVIRONNEM. : 45.58€  (+4.70%) 47.31€
+4.70%
NATIXIS 1.35€
-6.57%
HERMES INTERNATIONAL 94.5€
-4.43%
ZODIAC 28.5€
-3.86%
NYSE EURONEXT 19.32€
-3.83%
ALSTOM 40.56€
-3.60%

ECONOMIE

  • Aucun événement prévu aujourd'hui

SOCIETES

  • Aucun événement prévu aujourd'hui