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Conseils boursiers : pour une meilleure transparence
La Vie Financière N°3147 / Vendredi 30 Septembre 2005 / Catégorie : Stratégie

A la fois réclamées et décriées, les recommandations d'investissement doivent être présentées de manière équitable et sans équivoque pour être fiables. Mais la morale n'est pas sauve...
 

Partout dans le monde, les marchés boursiers vivent au rythme des recommandations des analystes financiers et techniques, des gestionnaires d'actifs et de la presse spécialisée. Les variations de cours et les volumes de transactions sont ainsi très fréquemment entretenus par ces conseils, en eux-mêmes utiles pour la vie des marchés mais trop souvent pris au pied de la lettre dans une optique purement spéculative. Or si les recommandations sont censées guider les investisseurs, elles sont en même temps polluantes en raison de leur prolifération, troublantes par leur caractère contradictoire, aléatoires lorsqu'elles sont imprécises, d'une fiabilité parfois douteuse ou, plus grave encore, dangereuses lorsqu'elles visent à manipuler les cours.


Les actionnaires individuels plus exposés

Certains se souviennent encore que, début mars 2000, le jour où France Télécom avait progressé de 25 % en frôlant les 220 euros, plusieurs courtiers s'étaient distingués pendant la séance en conseillant le titre à l'achat, pourtant notoirement surévalué, et en relevant leur objectif de cours, histoire de faire rêver les « gogos ». On connaît la suite... Les malheureux qui avaient, à l'époque, accordé du crédit à ces professionnels ignoraient que ces recommandations de complaisance n'étaient pas tout à fait désintéressées : c'était un moyen comme un autre de tenter de séduire l'opérateur, dans la perspective d'une chasse aux mandats lucratifs pour l'introduction en Bourse de ses filiales Orange et Wanadoo ! Evoquons encore l'affaire LVMH pour laquelle le tribunal de commerce de Paris a condamné Morgan Stanley à verser d'importants dommages et intérêts au groupe de luxe pour avoir réalisé des analyses biaisées en favorisant son concurrent Gucci.

Bien sûr, la qualité d'un conseil dépend des compétences, de la sincérité et de l'objectivité de celui qui le délivre. Force est malheureusement de constater que les actionnaires individuels sont beaucoup plus exposés que les investisseurs institutionnels à des recommandations imprécises, hasardeuses, mal étayées, ou franchement trompeuses. Qui plus est, ils se trouvent confrontés à un problème permanent qui ne facilite pas leur décision. Ainsi, le même jour, sur une même valeur, plusieurs établissements de renom peuvent avoir des opinions opposées, l'un pouvant préconiser un « achat fort », au moment où un autre prodigue un conseil de « sous-pondération », voire de vente. De quoi y perdre son latin.


Les conseilleurs ne sont pas les payeurs

Certes, sans opinions contradictoires, les marchés auraient du mal à fonctionner et n'auraient même pas lieu d'être. Il n'empêche, trop de recommandations sont faites au doigt mouillé ou sont insuffisamment argumentées. Par ailleurs, grâce aux sites Internet qui organisent des forums, les particuliers eux-mêmes s'en mêlent en ayant la possibilité de s'exprimer sur tout et n'importe quoi. Malgré la mise en place de procédures de contrôle, la porte reste ouverte à trop d'abus fondés sur de fausses rumeurs, qui, hélas, peuvent être prises pour argent comptant par les plus crédules.

Une meilleure discipline s'impose donc pour que les recommandations boursières, à la fois réclamées et décriées, soient vraiment prises au sérieux. S'il est vrai que les « conseilleurs » ne sont jamais les payeurs, au moins doivent-ils respecter certaines règles de bon sens qui les responsabilisent. Notamment en harmonisant et en clarifiant leurs conseils selon une hiérarchie bien établie et sans ambiguïté, avec un rappel du profil de risque propre à chaque valeur ; en justifiant avec précision le sens de chaque recommandation ; et en veillant à fixer l'horizon visé pour un objectif de cours. Etant entendu que les conseils à court terme s'adressent à une clientèle très réactive et habituée au risque, alors que les conseils à long terme sont destinés à des investisseurs davantage préoccupés par la tendance fondamentale. Bref, un encadrement nécessaire afin que les recommandations d'investissement soient réellement présentées de manière équitable et sans équivoque, comme le réclame d'ailleurs une directive européenne datée du... 22 décembre 2003



Eric Dadier
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 2.12€  (+42.81%) 3€
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GEMALTO GEMALTO : 16.60€  (+7.08%) 17.69€
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ALLIANZ SE ALLIANZ SE : 67.51€  (+6.46%) 71.21€
+6.46%
BOURBON BOURBON : 22.17€  (+5.05%) 23€
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SECHE ENVIRONNEM. SECHE ENVIRONNEM. : 45.58€  (+4.70%) 47.31€
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NATIXIS 1.35€
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HERMES INTERNATIONAL 94.5€
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ZODIAC 28.5€
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ALSTOM 40.56€
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