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| Conjuguer rendement et croissance |
| La Vie Financière N°3195 / Vendredi 01 Septembre 2006 / Catégorie : Stratégie |
Chaque semaine, l'analyse du portefeuille d'un abonné de La VF et nos conseils au vu de sa situation personnelle, de ses objectifs et de sa sensibilité au risque. |
Le portefeuille abonné |
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S'il n'est pas toujours recommandé de forcer sa nature, Jean et Marie M. pourraient se faire légèrement violence et mener une gestion plus audacieuse. Leurs compte titres et PEA sont composés en grande majorité d'actions dont le rendement est supérieur à 3 %. Or, outre leurs retraites mensuelles, ils disposent d'une large épargne de précaution (des livrets d'épargne et des contrats d'assurance vie) qui leur permettrait d'investir sans focalisation exclusive sur les revenus tirés des actions (dividendes). DIVERSIFIER Changer, oui, mais encore faut-il dénicher les bonnes valeurs et, surtout, les moments propices à des achats à bon compte. L'examen de leurs deux portefeuilles explique leur manque de motivation pour des valeurs « risquées » : leurs trois grandes contre-performances sont le fait d'Alcatel, de France Télécom et de Vivendi, qui se sont révélées être les plus importantes calamités boursières du CAC 40 au cours des dix dernières années... Mais cette mésaventure n'est pas une fatalité. La ligne Alcatel inscrite au PEA, avec un prix de revient de... 85 euros, ne représente d'ailleurs plus que 0,5 % de ce portefeuille et pourra être soldée. En revanche, celle du compte titres, qui constitue encore 9,5 % et dont le prix de revient est plus motivant (15,78 euros), sera conservée. De la même façon, la modestie des lignes Air France, Alstom et Arkema (moins de 1 %) justifie de les vendre. La détention de titres Suez et GDF semble redondante dans la mesure où ces deux groupes s'acheminent vers un mariage. Mieux vaut solder GDF, l'acheteur désigné. Des prises de bénéfices partielles sur Suez et Total sont possibles étant donné leurs poids respectifs, disproportionnés, dans ce compte (15,4 et 20,5 %). Les liquidités dégagées permettront de diversifier un portefeuille dont la valeur (120 000 euros) légitimerait un nombre de lignes plus proche de quinze que de dix. Avec pour critère principal d'investissement la croissance solide à moyen terme. Des achats pourront être réalisés sur Atos ou Steria, deux valeurs du secteur des services informatiques, dont les perspectives de développement et de rentabilité à moyen et à long terme ne sont que modestement valorisées actuellement. L'acquisition d'actions Dassault Systèmes, leader mondial sur le marché des logiciels du cycle de vie des produits, si possible au-dessous de 40 euros, favorisera également le rééquilibrage sectoriel. Côté PEA, la ligne PagesJaunes sera bientôt vendue dans le cadre de la cession probable de la filiale de France Télécom au fonds d'investissement KKR (22 euros, plus 0,60 euro par action si KKR obtient plus de 95 % des titres). Des prises de bénéfices sont recommandées sur Renault, bien valorisé, dont la position représente 20 % de l'ensemble. Au contraire, la ligne Safran (4,4 %) gagnerait à être renforcée au-dessous de 16 euros, en visant 20 euros. Enfin, Jean et Marie M. pourront accorder davantage de poids aux valeurs réputées risquées en s'efforçant de tirer profit de leur volatilité : de bonnes opportunités d'achat peuvent se présenter lors des périodes de repli brutal, comme celle enregistrée entre mai et juillet Profil des époux M. Les époux Jean et Marie M., 74 et 77 ans, disposent d'un portefeuille global (PEA et compte titres) d'un montant de près de 160 000 euros. Leur épargne financière se compose également de deux Livrets A, d'un Livret B, de deux comptes Codévi et de trois contrats d'assurance vie. Ils sont propriétaires de leur résidence principale et leur résidence secondaire a fait l'objet d'une donation à leurs deux enfants. |
Edouard Ballot, avec la rédaction |
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