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| Commerzbank. Bourse de Francfort - Code Sicovam 923590. Proie ou futur... |
| La Vie Financière N°2894 / Samedi 25 Novembre 2000 / Catégorie : |
La quatrième banque privée allemande est toujours sous la pression de son principal actionnaire, le fonds Cobra. En dépit de son aspect spéculatif, l'action a perdu près d'un tiers de sa valeur depuis le mois de mai. |
VALEURS ÉTRANGERES |
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Après avoir atteint son plus bas niveau de l'année en octobre, à 30,30 euros, l'action a légèrement rebondi depuis novembre à la suite de nouvelles rumeurs d'OPA et de bons résultats trimestriels. Sur les neuf premiers mois de l'année, les profits imposables bondissent de 139 % (à 2,4 milliards d'euros). Malgré un triplement de l'impôt, le résultat net grimpe de 129 %, à 1,43 milliard. Il bénéficie, il est vrai, de 1 milliard d'euros d'éléments exceptionnels liés à l'introduction en Bourse de Comdirect, la filiale de courtage en ligne. La rentabilité des fonds propres atteint 17,9 %, supérieure à l'objectif de 15 % avancé par le groupe. Mais c'est surtout l'agitation du principal actionnaire de Commerzbank, le fonds allemand Cobra, qui a relancé le titre. Ce dernier a réclamé, le 20 no-vembre, la convocation d'une assemblée générale extraordinaire, afin de contester l'augmentation de capital réservée à Generali, qui diluerait sa participation de 17 à 15 %. Fin septembre, Generali avait déjà accru sa participation de 5 à 10 % dans le capital de son alliée germanique. L'opération, assimilée à une tactique défensive, avait été largement sanctionnée par les marchés. Pourtant, outre son volet capitalistique, l'accord entre Generali et Commerzbank s'appuie sur un concept de bancassurance, qualifié d'« unique » par le groupe germanique. La banque devrait apporter ses 3,7 millions de clients à l'assureur qui, en retour, lui donnerait accès aux 13,3 millions d'assurés de sa filiale, AMB. Commerzbank compte ainsi gagner 1 million de clients et chiffre les synergies dégagées à 140 millions d'euros par an avant impôt, d'ici à 2005. A la recherche d'un gestionnaire d'actifs américain, Commerzbank envisage aussi une acquisition conjointe avec Generali, qui lui permettra de doubler sa force de frappe initiale de 1 milliard d'euros. En revanche, la banque allemande a eu moins de chance pour renforcer ses liens capitalistiques avec son partenaire espagnol, BSCH. Toutefois, malgré l'échec des négociations, certains projets communs demeurent, notamment dans le courtage en ligne et la banque d'investissement. Autres alliés possibles : la banque d'affaires milanaise Mediobanca et Banca Intesa. Commerzbank a par ailleurs entamé une profonde réorganisation de ses activités. Elle prévoit ainsi de fermer 200 agences (sur un total de 950) non rentables et de diviser ses métiers en deux pôles : entreprises et banque d'affaires, d'une part, particuliers et gestion d'actifs, d'autre part. Les activités crédit-bail et immobilier seront probablement cédées en Bourse. L'augmentation de capital réalisée en septembre permettra aussi à Commerzbank de renforcer son assise financière et de réaliser une acquisition dans la banque d'investissement. Car, après avoir longtemps misé sur la croissance interne dans ce domaine, le groupe souhaite maintenant racheter une banque d'affaires américaine spécialisée dans les fusions-acquisitions. De nombreux défis attendent donc Klaus-Peter Müller, le successeur du président Martin Kohlhaussen, qui prendra ses fonctions en mai 2001. Acheter à titre spéculatif. Commerzbank est à la fois une cible potentielle et un raider possible, entre autres pour le Crédit lyonnais |
Sandrine Voizot |
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