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| La Vie Financière N°3235 / Vendredi 08 Juin 2007 / Catégorie : Spécial retraite 2007 |
Certains produits d'investissement, à vocation « retraite », sont encouragés par les pouvoirs publics au moyen d'avantages fiscaux. Attention, la sortie, sauf exception, se fait en rente viagère. A éviter pour ceux qui privilégient le capital. |
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Perp, loi Madelin, Perco ... Pour une sortie en rente Donnant-donnant... Pour inciter les Français à épargner en vue de la retraite, les gouvernements successifs ont su créer des produits d'épargne à long terme en offrant en contrepartie un avantage fiscal. Deux mécanismes - le Perp et la loi Madelin - imposent une sortie obligatoire en rente viagère, mais offrent une déduction du revenu imposable. A l'inverse, le Perco permet de pouvoir sortir en capital lors de la cession d'activité (sous certaines conditions). Ici, l'avantage réside essentiellement dans l'abondement que l'entreprise du salarié épargnant peut apporter. Rappel des caractéristiques de ces trois enveloppes. Le Perp, pour une rente individuelle Avec plus de 2 millions de plans ouverts, on pourrait crier au succès. Mais, si l'on s'attarde sur l'encours moyen des Perp, inférieur à 1 000 euros par plan, force est de constater que ce montant n'est pas encore significatif ! Lancé en 2003, le plan d'épargne retraite populaire offre un avantage fiscal sur les versements réalisés par les particuliers : les primes sont en effet déductibles dans la double limite de 10 % des revenus de l'année précédente et de 8 fois le plafond de la Sécurité sociale, soit 24 854 euros pour 2007. De fait, l'intérêt de souscrire ou non un Perp réside avant tout dans le taux d'imposition du contribuable : plus celui-ci est imposé, plus l'avantage fiscal est intéressant. Un exemple : en versant 100 euros, si l'on est imposé à 40 % (plus haute tranche du barème), l'effort réel d'épargne ne sera que de 60 euros, tandis que si le taux d'imposition tombe à 14 % l'effort d'épargne grimpera, lui, à 86 %... Dans la même logique, et sachant que la rente servie dans la phase de la retraite est imposée, plus les revenus du contribuable sont élevés, plus le coût fiscal sera lourd. C'est donc en fonction de la situation personnelle de chacun qu'il peut s'avérer ou non opportun d'investir dans un Perp. Question gestion de l'épargne, plusieurs solutions sont possibles selon les contrats : un fonds en euros garanti et plusieurs fonds d'investissement investis en actions. Ici, les règles d'investissement sont les mêmes que pour toute autre formule d'épargne : plus l'horizon de sortie est éloigné, plus la part des actions doit être importante. Les fonds dynamiques des Perp ont, en 2006, offert un rendement d'environ 8 %. C'est moins bien que le CAC 40 mais mieux que les profils prudents, qui ont souvent rapporté 3 à 4 % seulement. Notre conseil On peut s'intéresser à ce produit d'épargne à partir de 50 ans. Avant cet âge, il semble difficile de se projeter dans l'avenir sur un produit « rente » Loi Madelin, réservée aux professions libérales Ce système d'épargne retraite, réservé aux professions libérales non agricoles (les travailleurs non salariés - TNS), a servi de modèle pour créer le Perp. Promulguée en 1994, la loi Madelin dispose donc d'une certaine antériorité et, après des débuts difficiles, le succès est au rendez-vous : selon les derniers chiffres de la FFSA, près de 690 000 contrats sont en cours et les cotisations versées se sont élevées à 1,7 milliard d'euros en 2006. Ces contrats offrent une déductibilité des sommes versées dans les limites fixées par la loi (voir tableaux). Le plafond de déduction a toutefois été modifié par la loi Fillon, laquelle a institué un système global qui aligne l'avantage fiscal du Perp sur celui du Madelin et créé une enveloppe globale de déduction fiscale (abondement du Perco inclus). Les deux systèmes vont cohabiter jusqu'en 2007, à charge pour le TNS ayant souscrit son contrat avant le 25 septembre 2003 de choisir celui qui se révèle le plus avantageux pour lui. Contrairement au Perp, les contrats Madelin imposent une régularité de versement : un montant minimal est fixé lors de la souscription et l'assuré doit ensuite verser entre 1 et 10 fois cette somme tous les ans. A l'origine assez classiques, les contrats Madelin ont su se moderniser avec le temps. Actuellement, il est donc possible de trouver sur le marché bon nombre de contrats multisupports, avec une gestion pilotée. Les rendements des fonds en euros de ces contrats se sont par ailleurs révélés assez performants au cours des dernières années. Notre conseil Souvent utile car le régime de retraite de certaines de ces professions n'est pas très généreux Perco, une épargne dans l'entreprise C'est le succès de ces dernières années ! Le plan d'épargne pour la retraite collectif (Perco), créé par la loi Fillon sur les retraites, a le vent en poupe. Moins de quatre ans, et l'encours de ces plans frôle le milliard d'euros. Plus de 42 000 entreprises ont déjà adopté ce système. Le Perco peut être ouvert à tous les salariés. Il peut être alimenté par les versements volontaires du salarié (plafonnés à 25 % de la rémunération annuelle), par l'intéressement, la participation et, enfin, par l'abondement, facultatif, de l'entreprise, lequel est non imposable pour le salarié. Ce dernier est limité à 4 600 euros par an. Ici, pas d'avantage à l'entrée (comme c'est le cas pour le Perp), mais la sortie, lors du départ à la retraite, est plus souple : l'épargnant a le choix entre le versement d'une rente viagère ou la récupération du capital en franchise d'impôt sur les plus-values (exception faite des prélèvements sociaux). Dans la plupart des Perco, plusieurs fonds d'investissement sont disponibles : il est ainsi possible de panacher son épargne sur des supports plus ou moins risqués et d'arbitrer en cours de vie du plan. Enfin, le Perco est un produit « transférable » : il vous suit tout au long de votre vie professionnelle. Pour ceux qui ont la chance d'avoir une entreprise « généreuse », c'est l'une des formules d'épargne les plus rentables Notre conseil Si l'on vous le propose, n'hésitez pas ! Préfon, un système à points Créée en 1967, la Préfon s'adresse aux fonctionnaires et assimilés (ainsi qu'à leurs conjoints). Un système qui vise à permettre aux fonctionnaires de compenser la chute de leurs revenus au moment de leur retraite, les pensions étant calculées sur leur seul traitement, sans intégrer les primes. L'avantage fiscal est désormais identique à celui du Perp. Moyennant une cotisation variant selon onze classes différentes, il est ainsi possible de se constituer une retraite complémentaire facultative sans obligation de versements réguliers. Les cotisations sont alors transformées en points de retraite supplémentaires (la Préfon est un régime de capitalisation) |
Sophie Liotier |
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