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| Comment choisir la bonne sicav monétaire |
| La Vie Financière N°3286 / Vendredi 30 Mai 2008 / Catégorie : Gestion collective |
Avec des performances en hausse, les sicav monétaires constituent un excellent placement à court terme. Encore faut-il souscrire le meilleur fonds de votre banque... |
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En pleine forme, les sicav de trésorerie ! Avec des performances calées sur l'évolution du taux du marché monétaire, elles ont bénéficié des relèvements successifs des taux courts décidés par la Banque centrale européenne. De 2 % au plus bas il y a deux ans, ces derniers sont passés à 4 % depuis le 6 juin 2007. Résultat : ces placements à court terme qui enregistraient un gain moyen de 1,98 % en 2005 et de 2,56 % en 2006 ont affiché une performance de 3,62 % en 2007 et de 1,3 % depuis le début de 2008. A ces charmes nouveaux, il faut ajouter les atouts des sicav monétaires « classiques », dites de trésorerie régulière, à l'origine de leur succès. Composés de titres sûrs et de durée très courte (moins de trois mois), tels que des certificats de dépôt, des bons du Trésor ou des billets de trésorerie, ces fonds sont sans risque, à la différence des monétaires dynamiques et dynamiques plus (voir encadré). En outre, leur fonctionnement est souple. Aucun plafond n'est imposé sur les versements et les capitaux versés sont rémunérés dès le premier jour. Quant aux sommes investies, elles peuvent, en théorie, être récupérées dans les quarante-huit heures. Enfin, fiscalement, ces placements sont bien lotis. Si le particulier choisit la part de capitalisation et reste sous le seuil de cessions annuel des valeurs mobilières (25 000 euros pour 2008), les plus-values sont exonérées. En bref, ces fonds rivalisent avec des produits d'épargne à court terme tels que le Livret A, l'autre placement vedette du moment, qui, s'il affiche actuellement un taux de 3,5 % et profite d'un régime fiscal hors pair - intérêts exonérés d'impôts et de prélèvements sociaux -, est plafonné à 15 300 euros de dépôts. Quant aux superlivrets proposés par des établissements comme Cortal ou Boursorama, ils perdent peu ou prou leurs avantages en dehors de courtes offres promotionnelles, leurs intérêts étant taxés dès le premier centime pour les contribuables imposables. En théorie, les fonds monétaires ont trois fonctions principales. D'abord, ils permettent de gérer des liquidités et de se constituer une épargne de précaution. Ensuite, que ce soit à l'occasion de la vente d'un bien immobilier, de la cession de titres ou encore d'une succession, ils constituent le placement idéal pour accueillir des sommes en attente d'investissement. Enfin, ils peuvent servir de réserve dans un patrimoine financier, dans l'attente d'opportunités à saisir. Un rôle de refuge Dans la pratique, les placements monétaires jouent également le rôle de refuge pour de nombreux investisseurs. C'est d'ailleurs le cas depuis quelques mois, avec la crise sur les marchés d'actions. La frilosité étant de mise, beaucoup d'épargnants ont accordé une large part à ces fonds dans leur portefeuille. Attention, cette stratégie n'est pas toujours sans risques. « Si les épargnants se prennent au jeu du market timing afin de réinvestir au plus bas, ils pourraient connaître de graves déconvenues », prévient un gérant... Reste à étudier l'offre à la disposition des épargnants. A priori, elle est riche. Il est vrai que les établissements disposent non pas de une mais de plusieurs sicav de trésorerie, dont certaines sont destinées à des investisseurs institutionnels et à des entreprises. Mais pas seulement. Les particuliers y ont droit, s'ils souscrivent aux conditions imposées. En effet, ces fonds présentent des différences notables : le ticket d'entrée exigé à la souscription est beaucoup plus élevé. C'est le cas, par exemple, pour un fonds comme Ecureuil Expansion (voir tableau ci-dessus) dont la mise de départ est de 10 000 euros, tandis qu'aucun minimum n'est fixé pour la sicav grand public de l'établissement, Ecureuil Trésorerie. Dans la même logique, une part « tous souscripteurs » de SGAM Invest Liquidités Euro peut être acquise à partir de 1 000 euros, tandis qu'une autre destinée aux entreprises nécessitera un ticket de 15 000 euros. A noter que les sicav de trésorerie grand public affichent des valeurs de parts généralement très faibles - ou décimalisées, ce qui permet aux sommes placées d'être immédiatement et totalement rémunérées -, ce qui n'est pas forcément le cas des fonds essentiellement destinés aux institutionnels. En contrepartie, les frais de gestion des fonds accueillant la trésorerie d'institutionnels ou d'entreprises sont plus faibles. Logique : les sommes engagées par ces investisseurs sont importantes, donc les banques sont moins gourmandes. Attention aux frais de gestion Que faut-il retenir de ce panorama ? A l'évidence, mieux vaut y regarder à deux fois avant de souscrire dans sa banque. Lorsqu'on dispose d'importantes sommes en attente d'investissement, s'intéresser aux fonds monétaires traditionnellement destinés aux entreprises peut être intéressant. Si l'on reprend les deux exemples précédents, on constate que, dans le cas d'Ecureuil Trésorerie, les frais de gestion sont de 0,45 % au maximum tandis qu'ils n'excèdent pas 0,25 % pour Ecureuil Expansion ! Quant à SGAM Invest Liquidités Euro, les frais de gestion sont de 1 % au maximum pour les parts destinées aux particuliers et de 0,45 % pour celles destinées aux entreprises. Logiquement, les performances et les gains diffèrent. Après tout, 50 000 euros placés un an sur un fonds comme Ecureuil Expansion permettent d'enregistrer une plus-value supérieure de 145 euros à celle obtenue sur Ecureuil Trésorerie. Il importe donc pour les intéressés d'être perspicaces car il est probable qu'on leur proposera d'abord la sicav la plus chargée en frais Vers une meilleure information La crise des subprimes a laissé des traces sur les fonds monétaires dynamiques et dynamiques plus ! Contrairement aux sicav monétaires classiques, sans risques, ils se sont pris les pieds dans le tapis au cours de l'été 2007 ! Pertes ou dissolution de sicav à l'appui. Résultat : réunis à l'initiative de l'Autorité des marchés financiers (AMF) et de l'AFG (Association française de gestion financière), des groupes de travail envisagent de toiletter cette catégorie. Première initiative : « soigner l'information, notamment en délivrant de meilleurs indicateurs quant à la liquidité, à la typologie de l'actif et au risque émetteur », détaille Bertrand Gibeau, chargé de mission à l'AFG. Par ailleurs, les produits pourraient être assortis d'une mention sur les durées de vie moyenne du portefeuille et maximale des investissements, données permettant de mieux mesurer le risque pris A. M. Des fonds monétaires éligibles au PEA Certains fonds monétaires sont devenus éligibles au PEA pourtant réservé aux actions ! Une solution intéressante puisqu'elle permet de profiter d'une petite rémunération sur des sommes en attente de réinvestissement. Pour doper leur performance, certains de ces produits financiers sont des fonds monétaires dynamiques ou dynamiques plus, donc plus risqués, même si, au vu de leurs performances, ils sont rentrés dans le rang. |
Anne Michel et Jean-François Tardiveau |
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