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| Comment bien se préparer au prochain trou d'air |
| La Vie Financière N°3202 / Vendredi 20 Octobre 2006 / Catégorie : Stratégie |
Bonne nouvelle : les dégâts provoqués par la sévère correction
du printemps sont désormais réparés. Mais attention, si le marché
ne réduit pas son allure rapidement, plus dure sera la rechute. |
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Quatre mois auront donc suffi pour que le CAC 40 regagne tout le terrain perdu au printemps en moins de cinq semaines. Un constat rassurant quant à la capacité de rebond du marché, à sa vitalité, bref à son état de santé. Le décrochage avait pourtant été très violent, puisque, entre son meilleur niveau, du 11 mai, et son plus bas, du 13 juin, l'indice de référence de la Bourse de Paris avait chuté de plus de 14 %. Une correction due surtout, on le sait, à la nécessité ressentie par les opérateurs de reprendre leur souffle après une très belle course à la hausse depuis l'automne 2005. Rien d'autre qu'une pente trop ascendante ne justifiait en effet, il y a cinq mois, un tel ajustement à la baisse, lequel aura eu le mérite de recréer rapidement, grâce à sa brutalité, des opportunités d'investissement devenues trop rares. Une fois de plus, il y aura eu plus de peur que de mal. La satisfaction de voir les marchés réinstallés sur le chemin de la hausse ne doit pas faire perdre de vue que la phase favorable débouchera inexorablement sur un nouveau passage à vide, dont la gravité dépendra de la précipitation avec laquelle le marché aura brûlé les étapes. Au train où vont les choses, il y a d'ailleurs quelques soucis à se faire d'ici à la fin de l'année, car le rythme de hausse assuré depuis le début de l'été est trop élevé pour être longtemps tenable. D'autant que les investisseurs ne semblent pas prendre en compte, dans leurs anticipations, le ralentissement pourtant probable de la croissance des bénéfices des entreprises l'an prochain. Des enseignements utiles En attendant la prochaine purge, inévitable sans que l'on ne puisse deviner ni le moment précis où elle se déclenchera, ni son ampleur, il n'est pas inutile de revenir sur la précédente, afin d'en tirer quelques enseignements utiles. En sachant que toute secousse boursière laisse des traces parfois profondes dans les portefeuilles de ceux qui perdent leur sang-froid, s'affolent lorsque le recul prend de l'ampleur en vendant au plus mauvais moment, quitte à s'en mordre les doigts lorsque les cours remontent. Certes, entre le 11 mai et le 13 juin, aucune des valeurs du CAC 40 n'a échappé à la baisse. Mais il y a un monde entre l'effondrement d'EADS (- 41 %) et le modeste recul (- 4 %) de Vinci. D'un côté, le groupe européen d'aéronautique et de défense commençait, en mai, à accumuler déboires et mécomptes, ce qui ne pouvait qu'indisposer les investisseurs et assombrir les perspectives de valorisation du titre. De l'autre, le numéro un mondial du BTP, bien protégé par le caractère défensif de ses activités de concession (parkings et autoroutes), avait, au contraire, des atouts pour résister à la tempête. Pour preuve, même l'affaire Zacharias n'a eu que de faibles répercussions sur le titre Vinci. Arbitrages et allégements de précaution Déduisons de ces deux exemples quelques règles de conduite à appliquer lorsque le vent semble être sur le point de tourner. Il faut d'abord se méfier des valeurs représentatives de groupes dont la visibilité est mauvaise ou se dégrade fortement. Car ce sont elles qui auront le plus de difficulté à se redresser une fois l'orage passé. Outre EADS, Peugeot, Thomson et Lagardère restent de fait, aujourd'hui, largement au-dessous de leurs niveaux du 11 mai. C'est aussi le cas, plus étonnant, de Sanofi-Aventis, à la peine depuis l'avertissement lancé sur ses résultats 2006. La prudence doit être également de mise sur les titres les plus exposés aux dégagements bénéficiaires, du fait de l'ampleur de leur appréciation récente et de leur forte volatilité. En revanche, inutile de s'affoler lorsqu'on a en portefeuille des valeurs qui, comme Vinci, L'Oréal, Pernod Ricard, Air liquide ou Total, n'ont plus à prouver leurs qualités défensives, même si elles peuvent être fragilisées par des poussées spéculatives intempestives. A quoi bon, en outre, lâcher des titres dont les cours sont bien protégés soit par une opération financière en cours ou en gestation, soit par un bon rendement solidement garanti (France Télécom). Puisqu'une nouvelle correction est inéluctable, mieux vaut ne pas se mettre en position de la subir mais s'y préparer, en prenant soin de procéder dans le calme à des arbitrages et à des allégements de précaution tant que la tendance est favorable |
éric Dadier |
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