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| Comment acheter pièces et lingots |
| La Vie Financière N°3159 / Vendredi 23 Décembre 2005 / Catégorie : Dossier |
Les particuliers désirant parier sur la hausse
de l'or ou diversifier
leur patrimoine peuvent acheter pièces ou lingots. Il suffit pour cela de s'adresser à sa banque. |
L'or monte,
profitez-en ! |
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Malgré un net rebond du prix de l'or depuis 2001, les transactions sur les pièces et lingots n'ont pas augmenté en France. Il ne s'en traite toujours que de 50 à 70 kilos par jour. « Les particuliers, qui en posséderaient encore entre 3 000 et 5 000 tonnes dans leur bas de laine, ont été profondément échaudés par la baisse continue du cours du métal précieux durant deux décennies », souligne Guy Cottin, directeur de CPR Or, principal intervenant sur le marché de l'or physique dans l'Hexagone. La fiscalité est en outre très pénalisante. Toute vente donne lieu à une taxation de 8 % (CRDS de 0,5 % comprise) sur le montant de la transaction, qu'elle se traduise par une plus- ou une moins-value. Du coup, une partie importante des ventes de lingots ou de pièces se traitent de la main à la main, pour éviter cet impôt. « On estime que la moitié des opérations, environ, se traitent en dehors des circuits officiels ou hors du territoire », souligne un professionnel. Cette situation, unique en Europe, est toutefois en passe d'évoluer. Le gouvernement est en train de modifier les règles du jeu, afin d'aligner la fiscalité de l'or sur celle des objets d'art (lire encadré ci-contre). Dans ce contexte, le métal jaune redeviendrait un support de placement comme les autres pour les particuliers. Cinquante lingots échangés par jour, en moyenne, en France Les investisseurs désireux de diversifier leur patrimoine ou de parier sur la poursuite de la hausse du cours du métal précieux ont, bien sûr, la possibilité d'acheter des lingots de 1 kilo. Il en existe deux sortes. Les lingots dits internationaux pèsent exactement 1 kilo et leur titre, c'est-à-dire leur contenance en or fin, est soit de 995 millièmes, soit de 999,9 millièmes. De forme un peu différente, les lingots fondus en France peuvent, eux, peser un peu plus de 1 kilo et leur titre varie entre 995 et 999,9 millièmes. Ils sont accompagnés d'un bulletin d'essai qui précise ces données. Autre possibilité : l'achat de napoléons. Il s'agit des pièces françaises de 20 francs frappées entre 1802 et 1914 et pesant 6,4516 grammes. Il en existe seize sortes différentes selon l'époque de leur émission. Les deux plus courantes sont les « Marianne/Coq » et les « Napoléon III ». Les autres, plus rares, bénéficient d'une prime variable selon la pièce et le moment. Les investisseurs peuvent également faire l'acquisition de toute une variété de pièces étrangères. Mais seules les transactions sur les monnaies frappées depuis 1800 qui ont constitué un moyen légal de paiement dans leur pays d'origine à un moment donné ne sont pas soumises au paiement de la TVA. « Le souverain anglais, les pièces de 50 pesos mexicains et de 20 francs suisses font l'objet d'échanges nourris. Pour les autres, les transactions sont beaucoup plus marginales », indique Guy Cottin. Pour acheter de l'or, il suffit de s'adresser à sa banque. Elle commande alors les lingots ou pièces demandés pour le compte de son client. Depuis août 2004, l'or n'est plus coté officiellement à la Bourse de Paris. C'est CPR Or qui a désormais la tâche d'établir une fois par jour (à 13 heures) les cours du lingot et des différentes pièces en fonction des ordres d'achat et de vente reçus. Selon l'état du marché, le cours du lingot pourra ainsi être égal, un peu inférieur ou légèrement supérieur à sa valeur calculée sur la base du cours international de l'or à Londres, converti en euros. Ainsi, tous les ordres transmis par les banques ou autres intermédiaires avant midi peuvent être exécutés le jour même au prix fixé par CPR Or. Pour réaliser des achats d'or physique, les banques prennent une commission comprise entre 2 et 3 % du montant de la transaction. Même chose lors de la vente. La livraison des lingots ou pièces intervient quelques jours après le passage de l'ordre. La plupart des établissements financiers proposent à leurs clients d'en assurer la conservation. En fait, ils se chargent à la fois du stockage, du gardiennage et de l'assurance moyennant une commission égale à environ 1 % par an. L'achat officiel d'or-métal peut rester anonyme à condition de respecter certaines règles. Depuis une loi de juillet 2000, les particuliers n'ont pas le droit de réaliser des transactions en espèces pour plus de 3 000 euros, que cet acte concerne l'or ou un autre produit. Pour les professionnels, la limite est fixée à 750 euros. Les établissements financiers ont, quant à eux, l'obligation de fournir l'identité des personnes qui achètent de l'or pour un montant supérieur à 15 000 euros Une fiscalité bientôt favorable Sous réserve du vote définitif du projet de loi de finances rectificative pour 2005 par le Parlement, ne seront plus taxées au taux de 16 %, à partir du 1er janvier 2006, que les éventuelles plus-values réalisées auxquelles s'ajouteront 11 % de contributions sociales. Un abattement de 10 % par année de détention s'appliquera à partir de la troisième année, les plus-values bénéficiant ainsi d'une exonération au-delà de douze ans. Il faudra toutefois être en mesure de justifier le prix et la date d'achat de l'objet de la transaction. Dans le cas contraire, la taxe de 8 % restera due. Les précautions à prendre Vérifiez que les lingots que vous achetez comportent le poinçon officiel du fondeur. Ils doivent également être accompagnés d'un bulletin d'essai précisant le poids brut et le titre, c'est-à-dire la part d'or fin. Pour les pièces, un degré normal d'usure est accepté, mais elles ne doivent laisser apparaître ni coup ni éraflure prononcés. Les pièces abîmées ne peuvent bénéficier d'une prime et sont reprises pour leur poids d'or. Il est possible de demander que les pièces soient conditionnées dans des poches inviolables. Vous bénéficiez alors d'une garantie de reprise en cas de revente. Le napoléon
est facilement monnayable Les particuliers ont-ils intérêt à acheter plutôt des lingots ou des napoléons ? Le prix des lingots et pièces évolue en fonction du cours de l'once d'or. Mais le cours des pièces dépend aussi de ce qu'on appelle la prime, qui correspond à la différence entre son prix de vente et sa valeur en poids d'or. Celle-ci dépend en fait du rapport entre l'offre et la demande pour telle ou telle pièce. Dans le cas où la première excède largement la seconde, la prime est nulle. C'est le cas actuellement pour le napoléon. Mais il est tout à fait possible qu'un jour sa prime redevienne positive, pour peu que le métal jaune retrouve de l'attrait auprès des investisseurs. A la fin des années 1970 et au début des années 1980, le napoléon bénéficiait ainsi d'une surcote importante, qui a pu monter jusqu'à 80 %. En achetant des napoléons, le particulier peut ainsi jouer sur l'évolution du cours de l'or tout en ayant la possibilité de profiter d'un gain supplémentaire en cas de retour d'une prime. Cette pièce présente en outre l'avantage d'être facilement monnayable, car elle est peu chère et constitue l'essentiel des échanges en France. CPR Or en négocie ainsi entre 5 000 et 8 000 par jour Propos recueillis par R. Ph. |
Rodolphe Philippon |
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