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| Claude Cocozza, président-directeur général |
| La Vie Financière N°3166 / Vendredi 10 Février 2006 / Catégorie : Bourse |
Le fabricant de composants et d'équipements industriels devrait améliorer sa rentabilité grâce à de nouveaux produits et à son développement en Asie, et ce, malgré la hausse des prix des matières premières. |
Carbone Lorraine |
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L'activité de Carbone Lorraine étant intimement liée à l'économie générale, sentez-vous la reprise en Europe, où vous réalisez plus de 40 % de vos ventes ? C. C. Nos ventes sont clairement tirées par l'Amérique du Nord et l'Asie. Cela fait maintenant un an que les dépenses d'investis- sement industriel sont fortes outre-Atlantique et elles ne montrent aujourd'hui aucun signe d'essoufflement. En Europe, en revanche, nous ne sentons pas encore de frémissement, malgré le discours optimiste ambiant. L'envolée du prix des matières premières (cuivre, pétrole) risque-t-elle de contredire vos prévisions de résultats pour 2005 ? La bonne performance de notre chiffre d'affaires en 2005 (+ 3,7 % hors activité aimants, à 583 millions d'euros) contribuera à la hausse sensible de notre résultat en 2005. Certes, le coût élevé des matières premières devrait avoir amputé notre marge d'exploitation de 1 point sur l'ensemble de l'année, mais nous en limitons l'impact grâce à l'amélioration continue de notre productivité. Carbone Lorraine sera-t-il capable d'atteindre son objectif initial, à savoir une marge d'exploitation comprise entre 9 et 14 %, selon le cycle de l'économie ? En rythme de croisière, Carbone Lorraine devrait enregistrer une croissance de 4 à 5 % de ses ventes par an, grâce aux actions en cours pour dynamiser la croissance interne et à des acquisitions. L'incidence sur notre rentabilité sera amplifiée par les retombées très positives de notre plan d'économies, mené depuis trois ans. Une marge d'exploitation comprise entre 9 et 14 %, selon la conjoncture, est effectivement un objectif réaliste. Les restructurations étant désormais achevées, auriez-vous l'intention de lancer des opérations de croissance externe ? L'année 2006 pourrait en effet sonner le retour des acquisitions pour Carbone Lorraine. Dans les systèmes et matériaux avancés [Ndlr : graphites destinés à l'industrie des semi-conducteurs, équipements anticorrosion pour la chimie, la pharmacie, systèmes de freinage pour le TGV ou l'Airbus...], de petites sociétés d'une vingtaine de millions d'euros de chiffre d'affaires pourraient être intéressantes. Nous n'excluons pas de procéder à des opérations plus importantes afin d'accroître notre expansion géographique ou de nous positionner sur des métiers connexes, mais il n'y a rien en cours de négociation. Avec un taux d'endettement de 59 % à la fin juin et grâce à notre capacité d'autofinancement (de 30 à 40 millions d'euros après investissements), nous avons les moyens financiers de notre croissance externe. La forte rentabilité de votre activité systèmes et matériaux avancés, qui représente un tiers de votre chiffre d'affaires, est-elle tenable dans la durée ? Tout à fait, et nous pourrions même encore l'améliorer. Mais nous préférons accroître sa taille en maintenant la rentabilité à ce niveau élevé. La progression enregistrée en 2005 (+ 8 %) devrait pouvoir être maintenue dans les prochains exercices, grâce à la vitalité de nos débouchés (électronique, chimie...), au potentiel de croissance que représente l'Asie et aux matériaux prometteurs que nous développons. Dernièrement, nous avons ainsi lancé CL Clad, un acier plaqué de tantale, qui pourrait en cinq à dix ans générer un chiffre d'affaires de 20 à 60 millions d'euros, à comparer aux 100 millions qu'a réalisés en 2005 notre activité d'équipements anticorrosion. Dans les applications électriques, en revanche, votre dépendance au secteur automobile bloque l'amélioration des marges... Cette branche réalise 45 % de son activité avec l'industrie automobile. Et seulement 15 % en Amérique du Nord, où nous dépendons d'équipementiers qui approvisionnent principalement les trois géants américains, en ce moment dans une mauvaise passe. Pour y remédier, nous nous faisons référencer chez les fournisseurs des constructeurs japonais ou coréens, qui, eux, gagnent des parts de marché. Mais cela prendra du temps. Par ailleurs, 55 % des ventes de l'activité applications électriques sont destinés à d'autres industries très variées - en fait, toutes celles qui utilisent des moteurs électriques ! Et notre croissance actuelle en Amérique du Nord est très forte. N'avez-vous pas songé à céder cette activité ? Contrairement à notre branche aimants, dont la cession sera bientôt effective, il existe de grandes synergies entre nos balais destinés à l'automobile et ceux destinés aux autres industries. Notre branche applications électriques n'a donc pas vocation à être cédée, même si, grâce à la croissance du reste du groupe, nous allons réduire notre exposition au marché de l'automobile, difficile et mal perçu par la communauté financière. Avec un flottant de 100 %, Carbone Lorraine fait régulièrement l'objet de rumeurs d'opérations de rachat par des financiers... C'est la loi du genre, il faut l'accepter. Mais il peut y avoir contradiction entre les objectifs de rentabilité élevée à court terme des financiers et nos objectifs de croissance rentable dans la durée pour Carbone Lorraine En ordre de marche Fin des restructurations, cession de la branche aimants, peu rentable... Le mouvement de réorganisation, mené depuis trois ans, s'est achevé en 2005. Désormais, Carbone Lorraine peut se consacrer à son développement. En vue : des acquisitions pour renforcer le poids de sa très rentable activité systèmes et matériaux avancés (freins en carbone, équipements anticorrosion...) et poursuivre son expansion en Asie, principal gisement de croissance pour les années à venir. Du coup, les objectifs d'un chiffre d'affaires en hausse de 4 à 5 % par an et d'une marge d'exploitation comprise entre 9 et 14 % sont à portée de main. Et le groupe pourra compter sur le redémarrage des investissements industriels en Europe Carbone Lorraine en chiffres Marge en hausse 9 % C'est la marge opérationnelle minimale que devrait désormais dégager Carbone Lorraine. Elle pourrait monter à 14 % en période de bonne conjoncture économique. Asie en force 140 MEuro(s) C'est le chiffre d'affaires que compte réaliser le groupe en Asie en cinq ans. Il doublerait ainsi la part de son activité dans la région. Automobile en baisse 13 % C'est la part du chiffre d'affaires réalisée avec l'industrie automobile. L'objectif est de réduire cette exposition, devant la mauvaise santé des constructeurs américains. Capital éclaté 100 % Depuis la sortie de BNP Paribas, Carbone Lorraine ne dispose plus d'actionnaire de référence, 100 % de son capital étant dispersés dans le public. |
Propos recueillis par Frédéric Cazenave
et Christophe Descamps |
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