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| Chômage : les remèdes du rapport Camdessus |
| La Vie Financière N°3098 / Vendredi 22 Octobre 2004 / Catégorie : Editorial |
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Sur le thème du déclin de l'économie française, il manquait un document de référence ; l'oubli est réparé avec le rapport remis cette semaine à Nicolas Sarkozy par Michel Camdessus, ex-gouverneur de la Banque de France et ex-directeur général du FMI. Intitulé « Le sursaut - Vers une nouvelle croissance pour la France » (*), ce rapport observe un pays possédant « des atouts remarquables en main », mais « subrepticement engagé dans un processus de décrochage ». Un constat sévère que le ministre des Finances ne reniera pas. Lui qui avait donné mission, en mai, à Michel Camdessus, de « contribuer à éclairer, pour les Français et leur représentation nationale, les choix économiques et budgétaires à venir » retrouve ici un bon résumé des analyses dont il est convaincu depuis longtemps. Ce rapport nous dit d'abord que la croissance de la France est moins rapide que celle de nombreux pays concurrents et que cette situation n'ira pas en s'améliorant. Du seul fait du vieillissement de la population, l'augmentation moyenne du PIB tombera, de son niveau de 2,25 % par an environ, à 1,5-1,75 % à terme. Alors que d'autres zones du monde connaissent un dynamisme impressionnant, nous sommes condamnés pour notre part, si nous ne faisons rien, à perdre notre compétitivité et donc à subir une progression continue du chômage. La situation est d'autant plus alarmante que la dette publique fragilise l'Etat providence et ne lui permet plus d'intervenir pour soutenir l'activité. Le ratio endettement sur PIB de la France est passé de 20,7 %, en 1980, à 64 % aujourd'hui, et les seuls intérêts de cette dette absorbent un peu plus de 14 % de toutes les rentrées budgétaires. La marge de manoeuvre est donc étroite pour aider l'emploi. Les artifices utilisés depuis des années pour dégonfler les chiffres du chômage (emplois-jeunes, préretraites, emplois publics improductifs, etc.) ne pourront pas resservir éternellement. Quant à la concurrence des pays émergents, elle ne nous laissera aucun répit ; bien au contraire, elle ira en s'élargissant à des domaines d'activité que nous pensons aujourd'hui protégés. Une fois que l'on admet ces dures réalités, que faire ? « Accélérer notre mutation », nous répond Michel Camdessus. Ce qui signifie d'abord et surtout travailler plus à un coût maîtrisé : revenir sur les 35 heures, mieux contrôler les chômeurs, démanteler le dispositif des retraites anticipées, alléger les charges sur les licenciements des plus de 50 ans, autoriser le cumul emploi/retraite, freiner la hausse du Smic, etc. Autrement dit, dans l'esprit de ce haut fonctionnaire, tout ce qui favorise la flexibilité du travail est bon pour l'emploi. Cette vision très libérale de l'économie, telle qu'elle est mise en pratique aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, n'est pas très originale, mais c'est un fait : elle fonctionne ! Grâce aux emplois dans le commerce, la restauration, les services, le taux de chômage est inférieur à 5,5 % aux Etats-Unis et à 5 % en Grande Bretagne, alors qu'il dépasse 10 % en Allemagne et s'en approche en France. Le rapport Camdessus nous dit autrement tout ce que nous savions déjà, notamment que l'emploi se développe d'autant plus qu'il n'est pas cher. Reste à savoir qui saura faire passer ce message aux électeurs... (*) La Documentation française (collection Rapports officiels). |
NASSER OUZEGDOUH Directeur de la rédaction |
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