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Chez « Brico »... y a pas tout ce qu'il faut !
La Vie Financière N°3242 / Vendredi 27 Juillet 2007 / Catégorie : Editorial

En décidant d'être chiche avec les actionnaires minoritaires, la famille Bourrelier, propriétaire de Bricorama, vient de subir un échec cuisant en Bourse. Si elle souhaite retirer le titre de la cote, elle va devoir reformuler une offre.
 

Lorsqu'on bricole une porte de sortie, il faut s'attendre - un jour ou l'autre - à la prendre en pleine figure. C'est encore plus vrai en Bourse. La famille Bourrelier, qui détient 87,5 % du capital et 91,7 % des droits de vote du groupe Bricorama, vient d'en faire l'amère expérience. Afin de franchir le seuil des 95 % dans le distributeur d'articles de bricolage, nécessaire pour pouvoir exproprier ensuite le dernier carré d'actionnaires, Jean-Claude Bourrelier, président et fondateur de l'enseigne, avait lancé benoîtement une OPA simplifiée au prix de 52 euros (dividende attaché), via l'un de ses holdings personnels, Maison du Treizième.

Livre des records

Mais cette offre, qui s'est achevée le 20 juillet, n'a pas été - c'est le moins que l'on puisse dire - du goût des investisseurs. Pas un titre, parmi ceux qui sont encore entre les mains du public, n'a été remis à l'OPA de Maison du Treizième (un nom à porter la scoumoune). Authentique exploit digne de figurer dans le livre des records. Pis, la société de gestion JG Capital Management (JG pour Jean Gatty) en a profité pour ramasser discrètement du papier - juste au-dessus du prix proposé -, lui permettant de détenir 7 % du capital et 4,7 % des droits de vote. Autant dire que cette structure dispose de sérieux atouts pour monnayer son bloc. Pour le plus grand profit, d'ailleurs, de tous les minoritaires, égalité de traitement oblige.

Voilà ce que c'est que d'être chiche avec les actionnaires qui vous ont fait confiance et ne sont pas payés de retour. Car l'offre présentait tous les symptômes d'une OPA au rabais. Certes, le prix proposé offrait un bonus de 13,4 % sur le dernier cours (avant l'annonce) et se situait au-dessus de l'objectif de cours d'un panel d'analystes. Il n'empêche, les primes supérieures à 30 % sont monnaie courante et les objectifs de cours constituent seulement une indication (un objectif proche du cours en vigueur en 2000 - 90 euros - aurait-il été pris en compte ?). En revanche, l'utilisation de la méthode dite des comparables a été pour le moins singulière. Car, chez « Brico », on n'aime pas le pluriel. « Mr. Bricolage nous paraît être le meilleur comparable pour Bricorama (taille, surface moyenne des magasins, couverture géographique) », lit-on dans la note d'information. Circulez, y'a rien d'autre à voir ! Exit donc Praktiker, Kingfisher et Hornbach. Et pas question de se comparer aux acquisitions récentes dans le secteur, jugées par trop différentes, comme Castorama-Kingfisher, Bricodeal-Gerval et Max Bahr - Praktiker. Mais les investisseurs ne l'ont pas entendu de cette oreille et n'ont retenu qu'un ratio : le PER, ou rapport cours sur bénéfice - à peine 12 fois son résultat net estimé -, suffisant pour se rendre compte que l'OPA n'était pas généreuse.

La balle est maintenant dans le camp de Jean-Claude Bourrelier, qui va devoir se tourner vers Jean Gatty pour lui demander à quel prix il serait vendeur de sa participation, avant de lancer - enfin - une OPR salvatrice assortie d'un retrait obligatoire. Vous avez dit bricolage ?


Gérard Blandin
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
+14.22%
REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
+8.56%
ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
+5.68%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
+5.23%
FONC.DES REGIONS 52.81€
-8.44%
PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
-6.46%
CGG VERITAS 12.07€
-6.43%
TECHNIP 25.09€
-6.06%