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| Chasse au petit éditeur prometteur |
| La Vie Financière N°3199 / Vendredi 29 Septembre 2006 / Catégorie : Bourse |
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Pour amortir leurs frais de recherche-développement et faire progresser leur rentabilité, les petits éditeurs de logiciels doivent grandir. Le potentiel boursier est à la hauteur des risques encourus. Paysage bigarré que celui des petits éditeurs de logiciels - une bonne vingtaine de sociétés en Bourse dont le chiffre d'affaires n'excède pas 30 millions d'euros. Comme le souligne Jamal Labed, administrateur de l'Association française des éditeurs de logiciels (Afdel), « le secteur, qui compte 2 500 acteurs, a du mal à produire des champions internationaux. Le marché français est trop étroit pour amortir les frais de recherche-développement ». Mais l'introduction en Bourse opère une première sélection : elle consacre certains succès et fournit des capitaux à ces éditeurs soucieux d'augmenter leur taille, afin de mieux couvrir leurs investissements en R & D et accroître, de la sorte, leur rentabilité dans une proportion plus élevée que le chiffre d'affaires. Investir au cas par cas est un impératif, car ces entreprises présentent des profils très différents. Nous en avons sélectionné trois (Harvest, Staff & Line et Coheris), plus un microéditeur, coté au marché libre (SBT). Harvest est franco-français, mais détient 80 % d'un marché qu'il a contribué à créer il y a plus de quinze ans : les logiciels de conseil en gestion de patrimoine. Ses positions sont si protégées par des spécificités locales et par ses relations avec les institutions financières que sa rentabilité à deux chiffres semble pérenne. D'ailleurs, la société verse un dividende significatif, procurant un rendement de l'ordre de 3 %. Presque une exception sur Alternext. La croissance de l'activité semestrielle a été satisfaisante (+ 25 %, à 4,6 millions d'euros), réalisée pour moitié en interne et pour l'autre grâce à une acquisition (Quantix Finances). Et la rentabilité nette s'est établie à 6,1 %, contre 5,2 % en 2005. La rentabilité annuelle d'Harvest devrait au moins atteindre celle de l'an dernier (11,5 %), compte tenu de la saisonnalité inhérente au métier d'éditeur, favorable au second semestre. A toutes ces qualités s'ajoute une trésorerie nette disponible de 5,7 millions d'euros fin juin. On comprend donc que la valeur ait bien résisté à la dernière tourmente qui a sévi sur les valeurs technologiques. Nous restons donc acheteurs du titre au cours actuel, même si l'objectif boursier précédemment fixé (16 euros) a déjà été atteint. Staff & Line, éditeur spécialisé dans les logiciels de gestion des parcs informatiques, une niche de marché arrivée à maturité, a pour objectif d'en devenir le leader européen indépendant - certains de ses concurrents, tel l'américain Peregrine, ayant été rachetés par Hewlett-Packard. Grâce à des moyens financiers accrus et à une crédibilité renforcée par son introduction sur Alternext en 2005, l'éditeur a acquis une société qui, implantée en Espagne, au Portugal et en Italie, doit lui permettre de vendre ses propres logiciels. Staff & Line a récidivé en faisant son marché en Grande-Bretagne. L'Allemagne pourrait être le prochain pays sur la liste. Cette politique d'expansion européenne pourrait susciter l'intérêt un grand éditeur, américain notamment, pour qui les spécificités locales européennes constituent un frein. Dans l'immédiat, le développement à marche rapide augmente l'incertitude quant au niveau de la rentabilité. Mais le million d'euros annuel que l'éditeur affecte à la recherche-développement sera d'autant mieux valorisé en matière de marge, donc en Bourse, que le chiffre d'affaires progressera. Cette année, ce dernier devrait s'établir à plus de 10 millions d'euros, en hausse de 60 %. Sa trésorerie nette disponible, de 4 millions d'euros, offre marge d'expansion et sécurité. Acheter ou renforcer autour de 12 euros, en tirant parti des nombreux replis. Coheris, spécialisé dans les logiciels de gestion des relations entre les entreprises et leurs clients, a fait évoluer son business model d'une société de services informatiques vers celui d'éditeur de logiciels, métier plus rentable. Les chiffres semestriels en témoignent, avec une part du chiffre d'affaires logiciels portée à 70 % du total. Et le résultat opérationnel a progressé de 87 % (1,2 million), soit bien plus rapidement que les ventes (+ 39 %, à 16 millions d'euros). Cette évolution a été menée grâce à des acquisitions d'éditeurs complémentaires (Harry et FDV) et à la cession de deux agences de services informatiques. Enfin, depuis que le groupe industriel indien, BC Jindal, est devenu son actionnaire de référence (21 %) au prix de 6,70 euros par action, l'horizon trop franco-français de Coheris s'élargit. Nous restons à l'achat, de préférence sur repli au-dessous de 7 euros compte tenu de notre objectif situé à 8 euros. Le microéditeur SBT, cofondé et dirigé par l'ex-homme politique Michel Noir, pourrait être notre coup de coeur si la liquidité ne faisait pas défaut à son titre. Le chiffre d'affaires 2005 du groupe coté au marché libre et spécialisé dans les logiciels d'entraînement cognitif a atteint 1,6 million d'euros, pour 0,5 million de résultat net. SBT prévoit cette année près de 3 millions cette année pour 1 million de bénéfices... La taille et la vitesse de développement de cette niche restent la grande inconnue. Aussi nous ne sommes acheteurs qu'à titre spéculatif |
Edouard Ballot |
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