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| Changement de décor |
| La Vie Financière N°2891 / Samedi 04 Novembre 2000 / Catégorie : |
L'indécision persiste sur les valeurs technologiques, ce qui profite, enfin, aux sociétés cycliques et traditionnelles. Un réveil qui peut être durable. |
LA TENDANCE |
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Les marchés financiers ont donné le sentiment ces derniers jours de se préparer à une nouvelle orientation au bénéfice des valeurs de l'ancienne économie. Tendance durable ou feu de paille ? Il est bien difficile de le dire. Toujours est-il que le Dow Jones a monté, que le Nasdaq s'est replié et que cette évolution divergente des grandes valeurs industrielles d'un côté et des sociétés technologiques de l'autre s'est retrouvée sur toutes les places européennes. L'impression qu'une tendance différente puisse se dessiner en faveur des valeurs traditionnelles et défensives se nourrit d'abord des dernières statistiques de la croissance aux Etats-Unis, soit + 2,7 % en rythme annuel au troisième trimestre, au lieu de + 5,6 % durant la période d'avril à juin. Certes, l'atterrissage de l'économie américaine est espéré depuis longtemps ; il est peut-être moins important que les chiffres semblent le montrer et rien ne permet de dire qu'il ne sera pas de courte durée. Mais s'il devait se confirmer, notamment dans les prochains chiffres de l'emploi, que cet atterrissage est moins progressif qu'attendu, cela marquerait une rupture dans l'esprit des gérants. Avec des conséquences pour la Bourse de New York qui ne peut pas avoir le même comportement quand l'économie croît de près de 6 % par an ou à l'inverse de moins de 3 %. Cela étant, l'impact d'un ralentissement de la croissance ne serait pas forcément celui que l'on craint. Wall Street s'y est en effet préparée de longue date puisque l'indice Dow Jones n'a rien fait depuis un an et demi, alors que le Nasdaq, qui valorise la nouvelle économie dans une optique à très long terme, a gagné 25 %. Longtemps focalisé sur les seules valeurs les plus dynamiques (les technos), le marché pourrait enfin regarder ailleurs au moment où le ralentissement se produit. La Bourse, on le sait bien, ne vit que d'anticipations... Sans aller trop vite en besogne, on peut ainsi imaginer un nouveau scénario boursier, en rapport avec un développement plus modéré de l'activité américaine. Dans ce cas, le dollar pourrait amorcer une baisse, comme cela s'est d'ailleurs souvent produit au lendemain d'une élection présidentielle aux Etats-Unis. Que feraient alors les gestionnaires internationaux ? Tout en revenant à Wall Street vers les grandes sociétés exportatrices - les blue chips du Dow Jones notamment -, ils se protégeraient probablement contre un recul du billet vert en investissant davantage en Europe. Les flux de capitaux vers les Etats-Unis se ralentiraient également, au bénéfice en fin de compte des actions européennes. Avec l'appui éventuel de la Banque centrale européenne qui, à partir d'un euro plus fort, redouterait moins le dérapage de l'inflation et pourrait mettre la pédale douce sur sa politique de hausse des taux courts. Parmi les valeurs préférées des gérants, ce sont alors les titres défensifs qui tireraient le mieux leur épingle du jeu, car pourquoi surpayer les technologiques alors que les valeurs traditionnelles sont tout à fait à même de tirer profit d'une croissance équilibrée tout en affichant des cours de Bourse très abordables et une meilleure visibilité. Ce scénario est peut-être un peu trop favorable aux valeurs européennes mais, de toutes façons, quel est le risque, en France par exemple, d'acheter aujourd'hui des titres Michelin, Renault, Air liquide et autres BNP-Paribas ? Indice CAC 40 L'indice phare du marché français a gagné 2 % d'un mercredi à l'autre. Une progression qui s'ajoute aux 5,7 % engrangés la semaine précédente. Variations quotidiennes Les hausses l'emportent une fois de plus dans un marché de Paris moins actif cette semaine en raison des congés de la Toussaint. Prime de risque Légère baisse de la prime de risque (écart de rendement entre les actions et les obligations) en raison de l'avancée des actions françaises. |
Nasser Ouzegdouh |
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