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Champagne. Achetez à contre-courant
La Vie Financière N°2897 / Samedi 16 Décembre 2000 / Catégorie :

Le passage à l'an 2000 avait entraîné une augmentation des stocks chez les distributeurs l'an dernier, qui pèse sur les ventes des producteurs cette année. Conséquence : les titres des maisons de champagne sont à leurs plus bas niveaux annuels.
 
VALEURS FRANÇAISES
 
Dommage que l'on ne fête pas un nouveau millénaire tous les ans ! Après l'euphorie liée au passage à l'an 2000, les titres des maisons de champagne - à l'exception, ici, des groupes diversifiés dans d'autres métiers comme LVMH, Rémy Cointreau ou le holding Taittinger - accusent le coup avec des baisses comprises entre 19 et 50 % depuis le début de l'année.  Selon les derniers chiffres du Comité interprofessionnel du vin de champagne, les expéditions de bouteilles (France et étranger) ont baissé de 29,22 % de janvier à septembre 2000 et de 16,29 % sur douze mois (septembre 1999-octobre 2000) par rapport à la même période de l'année précédente. Selon les dernières estimations de la profession, la baisse en volume de ces expéditions devrait être comprise entre 20 et 25 % cette année. Un mouvement qui témoigne non pas d'un recul de la consommation mais des conséquences du surstockage lié au millénaire. Les caves des distributeurs et des clients sont pleines. Le nombre de bouteilles stockées actuellement est évalué autour de 35-45 millions en France et à l'étranger. De fait, les ventes, qui, l'an dernier, ont porté sur 330 millions de cols, devraient cette année se situer entre 240 et 250 millions, pour un niveau de consommation équivalent à celui de 1999, entre 285 et 290 millions de bouteilles.  Une année de vaches maigres  Après une année 1999 qualifiée d'« atypique » par la profession, l'exercice en cours apparaît donc morose. Les différentes maisons de champagne n'ont d'ailleurs jamais caché la situation. Reste que l'impact ne sera pas le même pour tous, compte tenu de leurs capacités à supporter une année de vaches maigres. Les sociétés du secteur ont en effet des besoins de financement importants, puisqu'elles paient leurs récoltes immédiatement alors que le produit fini n'est vendu que deux à quatre ans plus tard. Certaines supportent parfois des niveaux d'endettement élevés (210 % pour Boizel en 2000, selon HSBC CCF Securities).  Pour le moment, rares sont les groupes qui se prêtent au jeu des estimations de résultats chiffrés pour l'ensemble de l'exercice, sachant que l'essentiel de l'activité se fait au cours de la dernière moitié de l'année.    Chiffre d'affaires 2001 (e) 169 MM Capitalisation (au 12.12) 152,3 MM BNPA 2000/2001 (e) 2,90/2,70 M PER 2000/2001 (e) 8,8/9,5 Laurent-Perrier a enregistré un recul de 46,1 % de son résultat net semestriel, à 4,7 millions d'euros. Pour l'heure, le groupe table pour l'année fiscale en cours sur un chiffre d'affaires en repli de l'ordre de 8 à 10 % par rapport à 1999-2000 (clos au 31 mars). Laurent-Perrier prévoit un retour à la normale des expéditions dès janvier 2001. Le titre affiche une baisse annuelle de plus de 35 % et se situe donc dans la moyenne du secteur. Pourtant, Laurent-Perrier « dispose d'une marque prestigieuse et sa structure financière est plus solide que celle de ses concurrents », souligne l'analyste de HSBC CCF Securities, qui conseille de renforcer la valeur avec un objectif 29,50 euros. La société de Bourse ING Barings, qui a revu à la baisse ses anticipations de bénéfice net pour l'exercice en cours, réitère sa recommandation d'achat sur le titre. L'analyste fixe un objectif de cours de 43 euros contre 50 euros précédemment.    Chiffre d'affaires 2000 (e) 140 MM Capitalisation (au 12.12) 106,5 MM BNPA 2000/2001 (e) 2,80/3,40 M PER 2000/2001 (e) 10,7/8,85 Vranken Monopole, qui contrôle les maisons Vranken, Charles Lafitte et Heidsieck & Co Monopole, a vu son chiffre d'affaires sur les neuf premiers mois chuter de 25,7 %, à 61,5 millions d'euros, éloignant ainsi l'objectif d'un volume d'affaires annuel supérieur à 150 millions d'euros, ainsi que cela avait été annoncé en juillet. « Si nous restons confiants dans le développement de nos ventes, les chiffres nous conduiront à réviser nos objectifs de l'année 2000 tant en termes d'activité qu'en termes de résultats », a souligné la société lors de la publication des chiffres sur neuf mois, sans pour autant préciser ses nouveaux objectifs. Contrairement à certains de ses concurrents, Vranken n'a pas baissé ses prix, afin de maintenir l'image de ses marques, quitte à perdre du volume. « Un choix stratégique positif pour l'avenir », selon ING Barings, qui anticipe désormais un bénéfice net de 9,3 millions d'euros en 2000 et fixe un objectif de cours à 48 euros.    Chiffre d'affaires 2000 (e) 72,5 MM Capitalisation (au 12.12) 50,4 MM BNPA 2000/2001 (e) 8,20/6,50 M PER 2000/2001 (e) 5,4/6,8 Le groupe Boizel Chanoine Champagne a, quant à lui, enregistré au premier semestre une perte nette de 0,46 million d'euros, contre un déficit de 26 000 euros au premier semestre 1999. Sur le troisième trimestre, le chiffre d'affaires consolidé a marqué une chute de 50,7 %, à 9,75 millions d'euros. « L'exercice devrait se solder par un recul d'un tiers du résultat, en progression cependant de 15 % par rapport à 1998, ce qui constituerait une excellente performance avant un retour à un marché plus équilibré en 2001 », expliquent les dirigeants. Le groupe pourrait donc dégager, pour l'exercice en cours, un résultat net de l'ordre de 5,8 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 72,5 millions. HSBC CCF Securities a, pour sa part, revu ses estimations de bénéfice par action à la baisse pour 2000, de 8,9 à 5,46 euros, et conseille d'alléger ses positions.    Chiffre d'affaires 2000 (e) 30 MM Capitalisation (au 12.12) 14,6 MM BNPA 2000/2001 (e) 1,10/2,30 M PER 2000/2001 (e) 27,2/13 Charles de Cazanove (deuxième marque de champagne en hypermarchés), dont le chiffre d'affaires sur neuf mois a reculé de 25,2 %, à 108,3 millions d'euros, prévoit lui aussi une baisse de son activité en 2000. Des objectifs qui ne vont pas faciliter le transfert du titre du marché libre vers le second marché, pourtant évoqué lors de l'entrée en Bourse. Une situation qui n'est guère favorable à l'évolution du titre. Tout comme pour Pol Roger, sachant néanmoins que cette maison, vieille de cent cinquante ans, ne compte pas sur la Bourse pour assurer sa notoriété   Chiffre d'affaires 2000 (e) 21 MM Capitalisation (au 12.12) 36,4 MM BNPA 2000/2001 (e) 45/51 M PER 2000/2001 (e) 13,1/11,6   Laurent-Perrier : acheter avec un objectif de cours de 43 euros sur le long terme Vranken Monopole : acheter avec un objectif de cours de 48 euros  Boizel Chanoine Champagne : se positionner pour le long terme  Charles de Cazanove : rester à l'écart tant que le titre n'a pas été transféré sur le second marché  Pol Roger : rester à l'écart      


Perrine Delfortrie
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
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REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
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ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
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BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
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APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
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FONC.DES REGIONS 52.81€
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PPR 47.95€
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SCHLUMBERGER 33.76€
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CGG VERITAS 12.07€
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TECHNIP 25.09€
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