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Ces messieurs de chez Lazard
La Vie Financière N°2893 / Samedi 18 Novembre 2000 / Catégorie :

Même la très feutrée banque d'affaires a dû tenir compte des besoins de transparence des actionnaires et du marché.
 
Lazard, la Banque Lazard : depuis des décennies, elle est le symbole du capitalisme le plus chic, le plus influent, mais aussi le plus secret, le plus opaque. Conseillers des plus grands groupes, faisant et défaisant les montages financiers les plus complexes, les « messieurs de chez Lazard » ont toujours eu en sainte horreur de voir les autres mettre le nez dans leurs affaires et avaient jusqu'ici réussi à rester entre soi. Du moins jusqu'à ce que des mal élevés, Vincent Bolloré et les managers de la banque UBS-Warburg, s'invitent dans les chaînons de la cascade de holdings qui constituent la grande maison. Certes, les intrus n'ont pas pris le pouvoir, mais ils ont atteint un premier et important résultat : abandonnant leur traditionnel benign neglect, les dirigeants de Lazard viennent d'annoncer une simplification de cet organigramme capitalistique. En soi, l'opération annoncée lundi dernier (la compression des deux holdings intermédiaires, Eurafrance et Azeo) reste limitée, mais ce qui compte c'est le signal : Lazard a commencé à prendre en compte les revendications des actionnaires minoritaires qui plaident pour plus de simplicité et de transparence. C'est une victoire du capitalisme de marché sur le capitalisme de connivence. Et les actionnaires, grands et petits, en retiendront ce formidable message : la toute-puissante Maison Lazard elle-même ne peut ignorer la pression de minoritaires préoccupés par le manque à gagner généré par la décote de holdings et leur manque de liquidité. Car le cas Lazard n'est pas isolé, mais représente l'expression emblématique d'un mouvement de fond du marché, qui réclame des contrôles clairs, des situations pures, des prix corrects. Des exigences qui s'adressent à Michel David-Weill mais aussi au baron Seillière (CGIP), à Jean-Charles Naouri (Euris) ou à Vincent Bolloré, qui reproche aux autres ce qu'il pratique chez lui. Les années 80 se sont prêtées à ces montages financiers qui ont permis à des opérateurs sans capitaux de constituer et de diriger des groupes importants avec une mise modeste. Mais aujourd'hui, les actionnaires minoritaires qui ont joué le jeu des holdings demandent leur juste part de l'enrichissement qu'ils ont permis. Une juste part que seul le marché peut leur donner en supprimant les décotes et en valorisant correctement les actions de groupes enfin transparents, ouverts, liquides, aux gisements de profit bien identifiés et bien répartis.  Autre signal, négatif cette fois, celui donné par le collectif budgétaire 2000 : il marque le coup d'arrêt de la politique de réduction des déficits menée avec suivi et efficacité depuis 1996. Alors que le déficit diminuait chaque année d'au moins une vingtaine de milliards, le collectif 2000 entérine une aggravation de 3 milliards. Certes, le dérapage n'est pas énorme, mais il marque un dangereux renversement de tendance, alors même que la croissance aurait dû permettre la poursuite de la réduction des déficits sans trop d'efforts. Qu'en sera-t-il des comptes de l'Etat si demain survient un fléchissement de la croissance ? Certes, les raisons ne manquent pas, qui ont eu si vite épuisé la fameuse cagnotte : la tempête de Noël, la crise pétrolière, les hôpitaux, le financement des 35 heures, les cadeaux fiscaux... mais précisément personne ne semble avoir songé à mettre en face de ces dépenses (ou au moins de certaines d'entre elles liées à des choix politiques, comme les 35 heures) des efforts d'économies. Tout se passe comme si le gouvernement ne connaissait plus que deux manettes budgétaires, les dépenses et les réductions d'impôts, et avait perdu celle des économies. Or l'histoire et le bon sens montrent suffisamment qu'aucune baisse de la fiscalité n'est durable et crédible sans une politique de réforme des dépenses de l'Etat. Un champ d'action totalement abandonné, au moins jusqu'à l'élection présidentielle de 2002


Georges Valance
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
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REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
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ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
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APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
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FONC.DES REGIONS 52.81€
-8.44%
PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
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CGG VERITAS 12.07€
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TECHNIP 25.09€
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