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Ces joyaux que l'on vous cache
La Vie Financière N°3244 / Vendredi 10 Aout 2007 / Catégorie : Dossier

Les filiales étrangères des sociétés du CAC 40 recèlent souvent de véritables trésors de croissance. Elles bénéficient du transfert de savoir-faire de leur maison mère, de méthodes de management éprouvées et d'une comptabilité relativement transparente. Une idée d'investissement à creuser.
 

Difficile de se faire tout petit lorsqu'on est en Bourse... Pourtant, les grands groupes français sont souvent avares d'informations sur leurs filiales cotées à l'étranger. Comme s'ils préféraient garder ces beautés cachées à l'abri des appétits. Toutefois, en se livrant à une recherche minutieuse, toutes les informations relatives à l'évaluation du potentiel de ces filiales cotées - ces dernières ont souvent tendance à bien mieux se valoriser que leur maison mère - sont disponibles. On les trouve sur les marchés émergents ou convergents d'Asie, d'Amérique latine, d'Europe centrale ou sur le pourtour méditerranéen, des zones connues pour leur croissance supérieure à celle de la France.

Ce concept a séduit le fonds Globetrotter C, de HMG Finance, qui en a fait sa spécialité. Il a été l'un des premiers à déceler les opportunités d'investissement dans la filiale coréenne de Nexans ou dans Société d'oxygène et acétylène d'Extrême-Orient, la fille d'Air liquide. Les deux titres se sont envolés à l'occasion du rachat des minoritaires par ces groupes.

Aujourd'hui, les filiales cotées se paient plus cher, et on ne peut plus se contenter de jouer les OPA de la mère sur la fille. En suivant la piste des grands groupes bancaires à l'international, nous avons pourtant détecté quelques bonnes affaires en Grèce, en Turquie et en Egypte. D'autres secteurs comme la construction ou les biens de consommation recèlent eux aussi des pépites. Sur la trace des sociétés du CAC 40, nous avons identifié plusieurs opportunités d'achat de filiales sur les places européennes plus faciles d'accès. Le fonds Globetrotter C, dont on peut acheter des parts pour jouer ce thème, propose de son côté trois idées d'investissement pour les actionnaires plus hardis, au Brésil, en Indonésie et au Japon.

Il n'est certes pas facile d'acheter des actions à l'international, mais ce dossier livre plusieurs pistes pour y parvenir


DISTRIBUTION/Luxe Pépites asiatiques

Si la majorité des acteurs de la consommation ont fait le choix d'une implantation directe à l'international via le rachat d'entreprises ou l'ouverture de boutiques, le groupe Casino, lui, s'est développé au travers de prises de participation dans des entreprises cotées, notamment en Amérique latine et en Asie. Il est ainsi actionnaire du numéro un colombien Exito, dont il a récemment pris le contrôle, du numéro deux brésilien CBD et du thaïlandais Big C. Certes, la marge d'exploitation de ces distributeurs est encore inférieure à celle réalisée en France par Casino, mais le rattrapage est rapide. L'an dernier, leur rentabilité a progressé de 0,4 point, à 3,9 % (4,8 % en France), et leur chiffre d'affaires, de 47 %. Mais ces titres sont déjà bien valorisés : Exito capitalise ainsi 26 fois le bénéfice attendu pour 2007. Cette stratégie compte cependant un échec notable : Laurus, coté à Amsterdam. Le groupe stéphanois détient 45 % du capital de ce distributeur qui, confronté à une guerre des prix, a vu ses comptes plonger dans le rouge trois années durant. Le redressement, long - une nouvelle année de pertes est prévue -, rend peu crédibles les rumeurs d'une OPA et rend le titre cher.

Dans le secteur du luxe, LVMH a acquis l'an dernier une participation minoritaire de 7 % dans le capital du chinois Xinyu Hengdeli, coté à Hongkong. Le suisse Swatch détient également 7 % du capital de cette société, non sans raison : Xinyu Hengdeli possède une centaine de boutiques d'horlogerie et est spécialisé dans l'importation de montres de luxe en Chine, un marché où se multiplient les millionnaires. Sa croissance est fulgurante, avec une hausse de 72 % des ventes (300 millions de dollars) et de 62 % du bénéfice net (à 27,4 millions) en 2006. Au premier trimestre 2007, ses facturations ont encore doublé. Une belle valeur, dont le cours a triplé en un an. Elle se paie près de 40 fois le bénéfice attendu pour 2007 A. C.


PPR - Puma en Allemagne


En lançant en mars une OPA sur l'équipementier sportif Puma, PPR avait clairement annoncé son intention de ne pas relever son prix de 330 euros par action et de laisser la société cotée. PPR détient aujourd'hui 62,1 % du capital et le titre, après avoir flambé à 351 euros, est retombé à 290 euros. Il se paie moins cher que ses concurrents Nike et Adidas. Avec le ralentissement du marché américain et un dollar faible, 2007 s'annonce moins dynamique que les années précédentes mais, au-delà, à la faveur d'événements sportifs mondiaux, la croissance devrait reprendre. Le groupe ayant déjà montré sa capacité à gérer ses coûts, les marges devraient en profiter. Pour mémoire, l'an dernier, la marge d'exploitation dépassait 15 %. Elle a franchi par le passé la barre des 20 %. En outre, un rachat des minoritaires par PPR ne peut être exclu A. C.


BANQUE - Le filon méditerranéen

Pour capter la croissance des pays de l'Europe de l'Est et se préparer au décollage de la zone méditerranéenne, les banques françaises ont racheté des établissements locaux à tour de bras, avec des résultats encourageants. En République tchèque, où la Société générale a acquis, en 2001, 61 % de la Komercni Banca à l'occasion de sa privatisation, les actionnaires ont multiplié leur mise par 2,5 (dividendes inclus). A 14,5 fois ses estimations de résultats 2007, l'action est chère, mais solide sur un marché où la croissance des bénéfices est attendue vers 10 %. Il est aussi trop tard pour s'intéresser à la BRD, deuxième banque roumaine cotée à Bucarest, dont la Générale (58 %) a pris le contrôle en 1999. Le titre a déjà été multiplié par plus de 17 depuis sa cotation en 2001, et se paie 27 fois les bénéfices, en hausse de près de 50 %. Les filiales égyptienne et turque suivront-elles le même chemin ? En Egypte, le cours de la très rentable NSGB, elle aussi filiale de la Société générale (78 %), a été multiplié par 4 en trois ans et vaut 14 fois les bénéfices 2007, ce qui reste raisonnable pour un taux de croissance de 30 %. En Turquie, BNP Paribas a, en 2005, racheté 50 % du holding qui possède 84 % de la Türk Ekonomi Bankasi (TEB), dixième banque d'un pays qui compte 67 millions d'habitants. Là encore, le cours de la TEB a été multiplié par 4, mais les espoirs de revalorisation sont fondés. L'action vaut moins de 11 fois les bénéfices estimés de 2008, pour un taux de croissance estimé à 20 %.

Dommage ! Il est, en revanche, quasiment impossible de se procurer des actions de la Bank of Nanjing, cotée à Shanghai depuis juin, ou celles de Geojit et Srei, cotées à Bombay, trois sociétés dans lesquelles BNP Paribas a pris une participation. Néanmoins, on pourra s'intéresser à la filiale du Crédit agricole cotée en Grèce, Emporiki Bank (lire encadré à gauche) M.-J. P.


Crédit agricole SA - Emporiki Bank en Grèce


Il y a un an, le Crédit agricole reprenait 72 % de la quatrième banque grecque, Emporiki. En juin, les comptes ont été passés à la paille de fer, d'où une chute de 33 % des résultats semestriels (à 61 millions d'euros). Mais l'économie de la Grèce se porte mieux, ce qui profite à Emporiki, qui pourrait également racheter l'un de ses concurrents. Sur place, les équipes de management ont été renouvelées et les revenus sont déjà repartis à la hausse (+ 9 %). Dès 2008, le Crédit agricole compte s'attaquer à l'amélioration de la productivité en y appliquant les méthodes des caisses régionales. De plus, la filiale grecque doit devenir la « plaque tournante » de son expansion dans les pays d'Europe du Sud-Est, dont la Roumanie et la Turquie. Après l'OPA à 25 euros de 2006, l'action Emporiki, cotée à Athènes, est revenue à un prix d'achat, soit 11 fois les bénéfices de 2008 attendus en hausse de 20 % par rapport à ceux de 2007 M.-J. P.


Pratique


http://fr.advfn.com/

Ce site vous permet de trouver gratuitement et facilement, à partir du nom et de la place de cotation de la valeur, le cours des actions étrangères sur les principales places mondiales.

www.dexia.be/fr/

Le service de Bourse en ligne (Dexia Direct Net) de la banque belge permet d'effectuer des transactions sur les vingt-cinq places boursières de la zone euro ainsi qu'au Japon, au Canada, en Norvège, en Suède... Pour les autres marchés, il est nécessaire de se rendre dans une agence en Belgique.

www.internaxx.lu

Le courtier en ligne luxembourgeois permet de négocier des titres cotés à Hongkong, en Australie, au Canada, à Singapour...


Construction - Les trésors du Sud

Les années 2000 ont été riches en regroupements dans l'industrie mondiale du ciment. Lafarge et sa filiale britannique Blue Circle ont été particulièrement actifs. Leur préférence s'est d'abord portée sur les marchés méditerranéens, où Lafarge s'est ainsi emparé de 10 % du portugais Cimpor et Blue Circle, de 52 % du cimentier grec Heracles. En rachetant Blue Circle en 2001, Lafarge a mis la main sur cette filiale grecque dans laquelle il s'est renforcé (26 % supplémentaires) en avril. L'opération, réalisée sur la base de 17,40 euros par action, a fait flamber le titre à la Bourse d'Athènes. Ce dernier culminait encore à 19,90 euros mi-juin. Avec la correction du marché, le titre a perdu plus de 2 euros et sa valorisation redevient attrayante, à 13,5 fois les bénéfices estimés pour 2007. Mais Lafarge a d'ores et déjà prévenu qu'il ne rachèterait pas les minoritaires grecs, ce qui limite l'intérêt du titre. La filiale malaisienne de Lafarge (62,2 % du capital détenu) est, quant à elle, portée par de très bons résultats (+ 14 % en 2006) car la société profite de l'essor de la construction en Asie et de la hausse des prix du ciment.

Saint-Gobain est également présent dans les pays émergents. En 2005, il est ainsi monté dans le capital de la société coréenne Hankuk Glass Industries, dont il contrôle 80 %. La transaction, qui s'inscrit dans la continuité d'un partenariat industriel dans le vitrage, permet à Saint-Gobain d'accentuer sa présence sur le continent asiatique. Mais Hankuk Glass essuie des pertes pour la seconde année. L'action, bien qu'elle cote au-dessous de sa valeur d'actif, reste chère. Le marché a, en effet, déjà joué l'OPA attendue de sa maison mère française N. R.


Lafarge - Cimpor au Portugal


C'est un peu l'Arlésienne. Pas une année sans que les investisseurs spéculent sur un rachat par Lafarge de Cimpor. Les rumeurs sont reparties début août, lorsque le français a annoncé avoir porté sa participation de 12,6 à 17 % dans le capital du cimentier portugais. Lafarge s'est immiscé dans Cimpor en 2000, à l'occasion d'une OPA manquée du suisse Holcim. Depuis, les deux sociétés ont noué un partenariat technique et stratégique. Bien implanté en Egypte et au Brésil, le portugais est en outre très rentable. Il a réalisé l'an dernier un bénéfice net de 305,6 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 1,6 milliard. Une performance qui se paie en Bourse, puisque le titre est valorisé plus de 15 fois son bénéfice net estimé pour 2007, soit mieux que l'action de sa maison mère (13 fois). Mais, compte tenu du positionnement géographique du portugais et de la spéculation sur son capital, l'action pourrait encore grimper N. R.


Maroc Télécom, bras armé de Vivendi


Maroc Télécom n'est pas seulement la filiale étrangère d'une société française (Vivendi détient 51 % du capital aux côtés de l'Etat marocain, 30 %), c'est aussi une société cotée à Paris depuis 2004. L'opérateur historique du royaume chérifien est présent à la fois dans la téléphonie fixe et mobile et sur Internet. Le Maroc, l'un des marchés les plus porteurs en Afrique, reste moins ouvert à la concurrence que les marchés européens, d'où des performances financières soutenues pour Maroc Télécom, comme le montrent les résultats du premier semestre 2007 : un bénéfice net en hausse de 28,4 %, à 343 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires en progression de 19,5 %. Perçue comme le principal atout actuel de la société, sa forte exposition au Maroc pourrait se transformer en faiblesse quand ce marché deviendra plus mature et plus concurrentiel. Une échéance à laquelle Maroc Télécom a commencé à se préparer en prenant pied en Mauritanie, au Burkina Faso et au Gabon. Ces marchés ne sont pas encore très développés et leur contribution aux résultats sera, pour quelques années encore, assez limitée. Mais c'est là que réside le potentiel de croissance à moyen terme. Le groupe ne devrait pas en rester là sur le continent noir, d'autant qu'il est soutenu dans cette stratégie par son principal actionnaire, Vivendi, qui, ne pouvant envisager son expansion internationale dans les télécoms à travers SFR compte tenu d'un pacte d'actionnaires limitatif, s'est rabattu naturellement sur Maroc Télécom T. Z.


Notre conseil

Cette belle valeur offre un fort rendement. Elle a progressé de 70 % depuis 2004. A 17,8 fois ses bénéfices estimés pour 2007, la société est bien valorisée pour son secteur, mais on guettera un repli pour se renforcer


Trois valeurs à l'achat du fonds Globetrotter C, de HMG Finance


Ce fonds, lancé en octobre 2005, a pour objectif de profiter de la forte croissance mondiale là où elle se trouve en investissant principalement dans les filiales ou participations étrangères cotées hors de leur marché domestique de grands groupes européens. S'y ajoutent les sociétés cotées en Europe dont l'essentiel de l'activité est réalisé hors de leurs frontières. Globetrotter C a réalisé une performance de 31 % en un an et de 39 % depuis sa cotation. Aujourd'hui, François Garnier, cogérant avec Marc Girault, estime que les filiales cotées des grands groupes offrent encore de nombreuses opportunités d'achat.


Ichikoh Industries (Japon). Valeo détient 30 % du leader mondial des phares de voitures, coté à Tokyo (code 7244). Cette firme nippone a récemment lancé un avertissement sur ses résultats, justifié par un décalage dans son carnet de commandes, et l'exercice 2007 devrait être dans le rouge en raison des investis-sements réalisés. Ce fabricant devrait profiter de l'essor de Toyota, actionnaire à hauteur de 6 %, et du rebond de Nissan, qui doit lancer de nouveaux modèles. Ichikoh, capitalisé à 28,5 milliards de yens (175 millions d'euros), vaut 297 yens par action (1,83 euro), soit environ 20 fois ses bénéfices de 2006, ce qui n'est pas élevé localement si l'on prend en compte le potentiel de rebond des bénéfices à moyen terme.

Gajah Tunggal (Indonésie). Michelin possède 10 % de ce fabricant de pneus coté à Djakarta (code GJTL), mal valorisé (15 fois les bénéfices de 2006) car le taux de marge est encore faible (2 %) et les bénéfices exceptionnels de 2005 n'ont pas été renouvelés en 2006. Le fonds Globetrotter C a profité d'une mauvaise passe du marché indonésien en 2005 pour investir dans cette société dont les performances devraient s'améliorer. On peut parier sur une hausse du titre (le cours s'établit à 540 roupies indonésiennes, soit 0,04 euro), d'autant que Michelin, qui a commandé à ce sous-traitant 50 millions de pneus entre 2005 et 2009, est susceptible de se renforcer dans le capital.

Companhia de Saneamento do Paraná (Brésil). Veolia Environnement possède 39,7 % de cette société via Domino Holding (coentreprise avec le groupe de BTP Andrade Gutierrez), aux côtés de l'Etat du Paraná (60 %). La société de traitement et de distribution d'eau, cotée à São Paulo (code Sapra), a fait l'objet de plusieurs procès et perdu de multiples contrats entre 2003 et 2005. Elle semble aujourd'hui sortie de l'ornière et ses affaires repartent sur des bases assainies et rentables. On peut profiter du cours qui reste bas. Le titre (3,03 reals, soit 0,38 euro) de la société, qui vaut 476 millions d'euros (soit 1,3 milliard de reals), se paie un peu plus de 7 fois les bénéfices de 2006 et environ 9 fois ceux qui sont estimés en 2007. Le redressement des profits est attendu en 2008 M.-J. P.



Marie-Jeanne Pasquette
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RODRIGUEZ GROUP RODRIGUEZ GROUP : 1.54€  (+14.22%) 1.76€
+14.22%
REXEL REXEL : 5.27€  (+8.56%) 5.71€
+8.56%
ORCO PROPERTY GRP ORCO PROPERTY GRP : 7.70€  (+6.80%) 8.17€
+6.80%
BENETEAU BENETEAU : 6.89€  (+5.68%) 7.35€
+5.68%
APRIL GROUP APRIL GROUP : 17.97€  (+5.23%) 19€
+5.23%
FONC.DES REGIONS 52.81€
-8.44%
PPR 47.95€
-7.10%
SCHLUMBERGER 33.76€
-6.46%
CGG VERITAS 12.07€
-6.43%
TECHNIP 25.09€
-6.06%