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| La Vie Financière N°3235 / Vendredi 08 Juin 2007 / Catégorie : Spécial retraite 2007 |
Pas de solution miracle : il est parfois nécessaire de travailler plus longtemps pour améliorer sa pension.Revue de détail des différentes catégories professionnelles. |
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Rendez-vous en 2008 La réforme Fillon appartient déjà à l'histoire. En dépit des nouvelles règles qu'elle a instaurées, les systèmes collectifs de retraites restent encore largement déficitaires. Pour pérenniser leur financement, les pouvoirs publics seront donc encore contraints de prendre rapidement de nouvelles dispositions visant à rétablir leur équilibre financier. Sans doute dès 2008, date du prochain rendez-vous entre l'Etat et les partenaires sociaux sur ce thème. Il se pourrait même qu'à cette occasion le principe de la retraite à 60 ans soit remis en cause. Il paraît ainsi plus que probable qu'il deviendra à l'avenir de plus en plus difficile d'obtenir un niveau de retraite confortable. Pour permettre à tous de l'améliorer en dépit du durcissement de la réglementation, la loi Fillon avait d'ailleurs introduit un certain nombre de dispositifs qu'il convient de ne pas négliger. Travailler plus longtemps Pour améliorer sa pension Travailler plus longtemps que ce qui est nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein permet d'améliorer sa pension. La loi prévoit en effet un système de surcote pour les personnes qui continuent à exercer leur activité au-delà de 60 ans et des 160 trimestres requis pour obtenir le taux plein. Pour rendre cette mesure plus incitative qu'elle ne l'était jusqu'à présent, les pouvoirs publics ont décidé de la rendre progressive à partir du 1er janvier de cette année. Maintenue à 3 % durant la première année cotisée (soit 0,75 % par trimestre), elle passe désormais à 4 % (soit 1 % par trimestre) à partir de la deuxième « année d'ajournement cotisée », puis à 5 % (soit 1,25 % par trimestre) par année cotisée accomplie après 65 ans. Exemple : une personne née en mars 1942 qui a cotisé cent soixante-dix trimestres souhaite partir à la retraite en octobre 2007. Ses dix trimestres de surcote seront décomptés ainsi : Les quatre premiers trimestres : 3 % de surcote Les quatre suivants étant réalisésavant 65 ans : 4 % Les deux derniers étant réalisés après 65 ans : 2,5 % Soit une majoration de : 9,5 % Si cette surcote n'est pas très significative pour les personnes dont les revenus d'activité sont très importants et qui bénéficient d'une retraite surcomplémentaire, elle est en revanche très appréciable pour une grande majorité de la population dont la retraite de base constitue l'essentiel des revenus. Rachat de trimestres Une équation à plusieurs inconnues Les hauts revenus disposent quant à eux d'un autre outil. Le rachat de trimestres de cotisation ou versement pour la retraite (VPLR), selon le langage administratif, est autorisé entre 20 et 60 ans pour compléter des années partiellement cotisées ou pour compenser le temps passé à faire des études supérieures. Dans un cas comme dans l'autre, le rachat est limité à douze trimestres. Son coût est impressionnant. Ainsi en 2007 une personne de 59 ans devra débourser entre 2 961 euros et 5 850 euros par trimestre racheté selon le niveau de ses revenus et l'option choisie (voir barème). Il existe en effet deux options possibles : racheter pour « le taux » ou racheter pour « le taux et la durée ». La première solution permet de comptabiliser de nouveaux trimestres qui ne compteront que pour la détermination du taux de liquidation, ce qui a mécaniquement pour effet de diminuer l'âge à partir duquel l'assuré peut prétendre percevoir une retraite à taux plein. A noter toutefois que le rachat de retraite ne permet pas - exception faite des carrières commencées très jeune - de partir avant l'âge légal de la retraite en principe fixé à 60 ans. Cette option est d'autant plus intéressante que ses effets sont, en tout cas jusqu'en 2008, étendus aux régimes complémentaires grâce à un accord dit AGFF. Après cette date, cet avantage n'est plus garanti. Il faudra attendre les résultats des négociations à venir. La deuxième solution, « pour le taux et la durée » permet non seulement de comptabiliser, comme dans l'option précédente, des trimestres supplémentaires pour le calcul du taux de liquidation, mais aussi d'améliorer le montant de la pension. En dépit de ce dispositif AGFF, anticiper son départ à la retraite peut avoir un effet négatif pour les cadres. Car, pour eux, c'est aussi se priver de cotisations aux régimes complémentaires en points, avec toutes les conséquences qui en résultent pour leur pension. Et pas question de compenser cette perte en rachetant des points. D'une part parce que ce n'est possible que pour compenser des années d'étude non cotisées. Mais d'autre part, surtout, les possibilités sont à cet égard insignifiantes : 70 points seulement par année d'étude et par régime sont alloués. Cumul emploi-retraite Une solution à envisager La retraite progressive constitue une autre solution pour améliorer son sort. Ce système consiste, en effet, à rester salarié à temps partiel et à compenser la perte de revenu par la perception d'une pension de retraite, elle aussi partielle. L'intérêt de la formule réside dans le fait que le bénéficiaire continue de cotiser à ses régimes de retraite sur la base d'un salaire à plein temps, augmentant ainsi ses droits à pension. Attention, cependant, ce système ne peut être mis en place qu'avec l'accord de l'employeur et est donc réservé aux seuls salariés des entreprises pour lesquelles la gestion sociale revêt une vraie signification. Pour les autres, le cumul emploi-retraite peut être la solution. Mais là encore, des précautions s'imposent. Car si rien n'interdit à un retraité de reprendre du service, la loi prévoit des conditions restrictives lorsque pension de retraite et rémunération relèvent du même statut. Ainsi, si un salarié reprend une activité de salarié, le total de ses pensions et de ses salaires ne peut dépasser le montant de son ancienne rémunération. De la même manière, un indépendant qui reprendrait une activité d'indépendant ne pourrait pas percevoir, globalement, plus du plafond de la Sécurité sociale. En revanche, si la nouvelle activité ne relève pas du même statut que l'ancienne, aucune limite de rémunération n'est prévue. Ainsi, une personne qui aurait liquidé sa pension de retraite de salarié pourrait, par exemple, percevoir sans restriction une rémunération liée à une activité de consultant ou de gérant majoritaire de SARL. De même, une retraite de commerçant peut se cumuler avec un salaire Il faut garantir le niveau des retraites Les objectifs de la loi Fillon ont-ils été atteints ? Oui. Mais précisons que la loi Fillon prévoyait clairement de ne couvrir qu'une partie des besoins de financement du régime. Le déséquilibre financier de l'assurance vieillesse est estimé à 4 milliards d'euros pour 2007 et il sera d'environ 5 milliards d'euros par an à l'horizon 2020. Pour couvrir en partie ce déficit, la réforme Fillon avait pour ambition d'augmenter la durée d'activité des seniors. Des mesures concrètes telles que la surcote, la préretraite progressive ou le cumul emploi/retraite ont été mises en oeuvre en ce sens, mais il faut admettre qu'elles ont encore un impact limité. Pourquoi ? Les assurés sont manifestement très inquiets à l'égard de la retraite. Ils craignent que, à l'avenir, les conditions de leur départ ne se durcissent et préfèrent liquider leur retraite sans attendre, dès qu'ils le peuvent. Leurs craintes sont-elles justifiées ? Compte tenu de l'augmentation de l'espérance de vie, il est clair qu'un effort supplémentaire est nécessaire pour financer nos retraites, avec d'éventuelles mesures plus contraignantes. Mais le gouvernement a pris conscience de l'inquiétude des seniors et tente de les rassurer. Ainsi, les assurés qui réunissent aujourd'hui les conditions nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein peuvent différer leur départ en ayant la garantie de partir demain dans des conditions identiques. Mais les autres, en particulierles jeunes générations,ont-ils raison d'être inquiets ? Dès lors que le régime est en déficit, les choix sont très limités : soit nous créons de la dette, ce qui présente le défaut de peser sur les générations futures, soit nous demandons aux assurés de faire de nouveaux efforts, afin de financer une retraite beaucoup plus longue aujourd'hui qu'hier. Dans quel sens les règles vont-elles évoluer ? C'est là tout l'enjeu du Rendez-vous de 2008 sur la retraite. Je considère pour ma part qu'il n'est plus possible d'abaisser à nouveau le montant des pensions - les salariés du privé ont déjà beaucoup concédé dans ce domaine. Il reste à convaincre les employeurs de l'impérative nécessité d'augmenter le montant des cotisations, de façon à consolider un système collectif solidaire, largement plus protecteur pour tous que n'importe quel fonds d'épargne retraite par capitalisation. Puis il faudra sans doute faire des efforts de pédagogie, afin d'expliquer qu'il faudra, à l'avenir, travailler un peu plus longtemps, afin de permettre de vivre une retraite nettement plus longue compte tenu de l'augmentation de l'espérance de vie. Mais je crois qu'on ne peut demander des efforts supplémentaires aux assurés qu'à deux conditions : d'abord, il faut leur garantir le niveau de leur retraite ou, pour le moins, un niveau minimal en pourcentage du salaire ; c'est la seule façon de gagner la confiance des plus jeunes et de mieux répartir les efforts entre les générations. Ensuite, il faut assurer une répartition équivalente des efforts entre tous les Français, en ayant bien à l'esprit que les salariés du privé ont déjà beaucoup oeuvré en ce sens Propos recueillis par Frank Audonnet Savoir mesurer l'effet du rachat sur le montant de la pension « Avant de racheter des trimestres, il est nécessaire de faire le point sur sa vie professionnelle. Il est important de vérifier que toutes les périodes d'activité, aussi courtes soient-elles, ont bien été prises en compte par la Cnav et qu'elles apparaissent sur le relevé de carrière. Il serait bien sûr absurde de racheter des trimestres déjà acquis de plein droit. Ensuite il convient de mesurer le véritable effet du rachat sur le montant de la pension. Et ce n'est pas le plus facile, car les simulations que fait la Cnav dans le cadre des versements pour la retraite (VPLR) ne concernent que la pension de base, à l'exclusion des régimes complémentaires. Elles ne tiennent pas compte davantage du niveau d'imposition de l'assuré et donc du gain fiscal qu'il réalise en rachetant des trimestres et qui peut être important pour certains. Par ailleurs, un VPLR ne doit être envisagé que lorsque toutes les incertitudes ont été levées. Un passage de quelques années à l'étranger ou un départ à la retraite retardé par rapport à la date prévue peuvent par exemple modifier l'intérêt qu'il peut y avoir à racheter des trimestres. Tout comme l'évolution du système de retraite lui-même. Il suffirait par exemple que l'accord AGFF ne soit pas reconduit l'an prochain pour que l'impact du rachat sur les régimes complémentaires s'en trouve modifié à l'avenir. C'est pour toutes ces raisons qu'il convient de ne pas racheter trop jeune. Plus on tarde à le faire et moins on s'expose à ces incertitudes. En revanche, plus on tarde et plus l'opération revient cher. Nous conseillons donc à nos clients de s'y intéresser assez tôt afin de déterminer ce qu'il leur en coûterait, puis de provisionner cette somme sur un contrat d'assurance vie. Ainsi, grâce à sa revalorisation annuelle qui couvre l'augmentation annuelle du coût du rachat, ils peuvent au moment opportun décider ou non de racheter leurs trimestres manquants. » |
Frank Audonnet |
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