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| La Vie Financière N°3187 / Vendredi 07 Juillet 2006 / Catégorie : Bourse |
EURONEXT |
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Entre Deutsche Börse et le New York Stock Exchange (Nyse), le coeur d'Euronext ne balance plus, depuis un certain temps déjà. Au point que la proposition remaniée de la Bourse de Francfort présentée à la presse la semaine dernière a été accueillie avec un dédain constant par sa concurrente paneuropéenne, réunissant les places d'Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne et Paris. Le patron de la Deutsche Börse, Reto Francioni, a beau clamer qu'Euronext « demeure la priorité numéro un » et que, à ce titre, il est prêt à certaines concessions, celles-ci sont jugées insignifiantes par Euronext. Il demande donc à ce que cette offre soit soumise au vote des actionnaires de la Bouse paneuropéenne au même titre que celle du Nyse. A l'heure actuelle, le prix ne sera pas le critère déterminant : les deux offres convergent vers une valeur d'équilibre de 73 euros. La Deutsche Börse a déjà indiqué la semaine dernière avoir été au bout de ses moyens financiers et ne pas envisager de relever son offre. L'exemple d'Arcelor montre toutefois qu'il ne faut jamais dire jamais. En revanche, la Bourse allemande attire l'attention sur la qualité du papier que recevront les actionnaires d'Euronext : « Le prix est une chose et la valeur en est une autre. » En effet, la capitalisation du Nyse représente actuellement 48 fois ses bénéfices estimés pour 2006 et 31 fois pour 2007. En revanche, ces ratios sont de respectivement 19 et 18 pour Deutsche Börse. En clair, la démonstration tendrait à prouver que les actions de la Bourse allemande ont un potentiel de valorisation bien plus important que celles du Nyse. Ce raisonnement est valable dans l'absolu, mais pas dans ce cas précis. En effet, le marché accepte aujourd'hui de payer le Nyse aussi cher car il prend le pari que la société peut substantiellement améliorer sa rentabilité en modernisant ses systèmes. Un pari plus que gagnant si le Nyse s'allie à Euronext, dont la réputation technologique n'est plus à faire. Par ailleurs, la simple comparaison des PER exclut les synergies de recettes qui peuvent intervenir. En effet, en se rapprochant du Nyse, Euronext sera plus à même d'attirer les grandes entreprises russes, chinoises ou indiennes qui préfèrent pour le moment se faire coter à Londres plutôt que de se plier à la trop contraignante loi Sarbanes-Oxley aux Etats-Unis. Quant à Deutsche Börse, sa rentabilité élevée est en partie due aux activités post-marché (réglement-livraison, compensation) intégrées dans son périmètre mais qui sont dans la ligne de mire du régulateur européen (lire encadré). Deutsche Börse n'est pas pour autant hors course et il lui reste deux sessions de rattrapage. La première concerne les conclusions de la mission d'évaluation des deux offres, que Paris Europlace a confiée à Henri Lachmann. Le président du conseil de surveillance de Schneider Electric, qui doit rendre son rapport avant la fin du mois, a estimé cette semaine que le jeu restait ouvert. La seconde concerne l'examen réglementaire du projet Nyse-Euronext. Le comité des régulateurs d'Euronext, réunissant les gendarmes de la Bourse français, belge, néerlandais, portugais et anglais, devrait se prononcer d'ici au début de l'année 2007, ce qui contrarie le calendrier établi par le patron du Nyse. Mais un retard n'est pas pour autant un échec Le silo va-t-il prendre l'eau ? Les Bourses qui ont gardé un modèle en « silo », intégrant toutes les activités post-marché (compensation, règlement-livraison), sont parmi celles qui affichent les rentabilités les plus élevées. C'est le cas de Deutsche Börse et de BME (Bolsas y Mercados Españoles). Mais cette situation est regardée de très près par les autorités européennes et le commissaire au marché intérieur, Charly McCreevy, l'a répété encore cette semaine à Paris : « Les coûts post-marché sont très significatifs » pour les utilisateurs et il entend y mettre bon ordre. Il reste favorable à « une solution qui vienne du secteur », faute de quoi il aura recours à une directive européenne plus contraignante. Deutsche Börse s'était déclarée récemment ouverte à une solution européenne pour les activités post-marché T. Z. Conseil : Conserver les titres Euronext dans l'attente du lancement de l'offre |
T. Z. |
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